Pokémon AAML

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 [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux

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Lolo57
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Film Pokémon préféré : Je les aime bien tous pour être honnête, mais je dirais les trois premiers films
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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Dim 20 Avr - 22:45

Merci pour ton commentaire, Mélanie !! Very Happy
Allez, voici le prochain chapitre, qui est assez long. Je crois même que c'est le deuxième plus long de la fiction... x)
Comme le chapitre ne veut pas passer, je le coupe et vous mets la deuxième partie en double post...)

Chapitre 11 : « Ton masque a de plus en plus de fissures. Il est prêt à tomber d'un instant à l'autre. Alors pourquoi t'obstines-tu à le garder ? » Lolo57

«  Aurore… Réveille-toi… Aurore… »

Sentant qu’on la secouait gentiment, la coordinatrice émit un semblant de réponse et ouvrit les paupières. Sa vision était floue, mais elle pouvait distinguer un bras tendu qui se refermait sans aucun doute sur son épaule, un sourire chaleureux ainsi qu’une boucle rose, certainement des cheveux… Ah, c’était l’infirmière Joëlle… Aurore referma lourdement ses yeux, comme si un poids s’était accroché à ses paupières… Elle les re-ouvrit et vit la silhouette blanche de l’auxiliaire de soin accroupit près du corps de Paul. Elle réprima ensuite un bref soupir et clos une deuxième fois ses yeux. Elle avait l’impression qu’un troupeau de rhinocéros lui était passé dessus tellement ses membres étaient endoloris… En fait, ils ne répondaient pas à ses ordres, même si elle les suppliait mentalement.

La coordinatrice dévoila ses deux orbes bleus à la lumière du jour et remarqua alors que Paul n’était plus contre le mur. Elle se redressa et posa automatique ses pieds au sol sans pour autant être debout. Où est-ce qu’il était passé, encore… ? Elle soupira longuement en se frottant les yeux, bailla à s’en décrocher la mâchoire et se leva enfin pour s’étirer les muscles. Elle se retourna pour fouiller dans son sac et en sortit son téléphone portable. L’écran affichait 10h30.  Il n’était pas trop tard, cela allait. Aurore rangea son appareil en prenant soin de refermer la fermeture éclair, agrippa mollement son sac pour le caler sur son dos, et partit en direction du hall, le pas lourd.

Une fois arrivée, elle se posta devant le comptoir et salua poliment l’infirmière Joëlle afin d’attirer son attention. Elle ouvrit la bouche pour la questionner afin de se renseigner sur l’endroit où Paul se trouvait, mais la femme aux cheveux roses lui coupa l’herbe sous le pied.

«  Si tu cherches ton ami, il est à la cafétéria en train de prendre son petit déjeuner. » Informa-t-elle

Aurore la regard d’un air éreinté. Pourquoi, visiblement, cela ne l’étonnais pas ? Elle hocha la tête en guise de remerciement et se dirigea en direction de la cafétéria. Il aurait pu l’attendre, au moins. C’était quoi ces manières, franchement ? Elle comptait bien le lui faire savoir… !

Elle se posta dans la file d’attente et soupira en entendant son ventre gargouiller. C’est vrai qu’elle n’avait pas vraiment mangé quelque chose depuis hier soir, si ce n’est qu’un maigre sandwich en pleine forêt et un café un peu plus tard avec Paul. Elle saisit un plateau, une serviette, fit glisser son plateau sur un rebord en bois et arriva auprès d’une dame qui lui demandait ce qu’elle prenait. Dans la vitrine, tout un tas de pâtisserie à faire saliver n’importe qui ainsi que, pour les plus simples, un lot de tartines avec des portions de confiture ou de pâte à tartiner au chocolat.

La coordinatrice commanda alors deux croissants au chocolat avec nappages à la vanille, ainsi qu’un cacao chaud. Elle saisit l’assiette dans laquelle reposait les pâtisseries, posa l’écuelle sur son plateau et fit de même quelque secondes plus tard avec sa boisson. Elle quitta le comptoir et balaya les tables du regard, à la recherche d’une tête et d’un gilet mauve. Ah, il était là-bas. Son cœur s’accéléra, repensant à ce qu’elle avait fait la nuit dernière. Elle pinça alors ses lèvres et tenta de refreiner ses battements soudains tout en gagnant la table où le jeune homme était.

« Tu aurais pu m’attendre, au moins. » Lâcha Aurore en posant son plateau

Les yeux fermés, Paul porta sa cuillère à sa bouche en guise de réponse. Dans un bref soupir, Aurore ôta son sac qu’elle posa à ses pieds et se mit assise. Cela allait, elle n’avait pas parlé bizarrement et Paul ne l’avait pas remarqué, trop concentré dans son bol… Elle distingua alors qu’une petite bouteille de jus d’orange et un bol de céréales trônait sur le plateau du dresseur. C’était tout ce qu’il prenait ? Il allait avoir faim d’ici peu, s’il ne mangeait que cela… La coordinatrice reporta son attention sur son petit déjeuné et commença par arracher la dose de sucre afin de la verser dans sa tasse. Elle releva la tête vers lui et grimaça un sourire en touillant son liquide brun.

«  Tu as bien dormi ? »
«  Oui, ça a été. »

Même s’il venait de la regarder dans les yeux lorsqu’il avait donné sa réponse et qu’elle avait senti ses joues picoter, elle n’était pas très convaincue. Elle était sûre qu’il mentait et qu’il avait, ne serait-ce qu’un petit mal de dos. Ce n’était pas possible de ne rien avoir, surtout après avoir passé une nuit dans cette position. Aurore mordit dans son premier croissant et en avala le morceau.

«  Pourquoi tu n’as pas pris de chambre, hier soir… ? »

Paul lui jeta un autre regard sans émotion et continua son bol de céréales comme s’il n’avait pas entendue sa question. Elle trempa fébrilement son pain dans le chocolat chaud et en mordit le bout imbibé de cacao. Mince, elle prenait trop ce truc au sérieux. Et puis, elle pourrait toujours niée. Après tout, elle avait remis le téléphone à la même place et prenant soin de quitter l’interface des messages. Il n’y avait aucune chance qu’il découvre qu’elle avait fouiné dans son portable.

Mais dans le fond, Aurore savait très bien pourquoi il n’avait pas pris de chambre et baissa la tête dans un sourire résigné. Si elle ne s’était pas endormie, une fois l’infirmière sortie de la salle de soin, elle était certaine que le dresseur aurait foncé dans la première chambre de libre. Elle déglutit discrètement et regarda ailleurs, comme s’il la scrutait d’un œil profond, alors qu’en réalité, il était concentré dans ses céréales et ne daignait même pas lever la tête lorsqu’elle lui parlait.

«  Tu aurais pu me réveiller, tu sais… »
«  Tu m’aurais crié dessus si je l’avais fait. »
«  Quoi ? Mais non ! » Rétorqua-t-elle après avoir bu une gorgée

Elle croisa à nouveau les deux orbes sombres du jeune homme et rougit légèrement en sachant qu’il venait de sous-entendre le contraire. Mince, elle avait vraiment l’impression que, s’il rencontrait encore ses deux orbes bleus, il saurait immédiatement ce qu’elle aurait fait. Elle faisait tout pour ne pas y penser, mais le contraire n’arrêtait pas de se produire : La scène de la veille lui revenait inlassablement en tête. Elle détourna le regard, les joues encore plus rouges, et grimaça un semblant de sourire.

«  Ouais, bon, j’avoue que j’aurais certainement réagi comme ça. » Admit Aurore avant de se reprendre et de fixer le bol de Paul, « Mais le point positif, c’est que tu aurais pu dormi dans un vrai lit plutôt que d’être assis par terre, comme tu étais… »
«  Je t’ai déjà dit que ça ne m’avait pas dérangé. » Rétorqua-t-il calmement

Il avait beau le répéter, elle ne le croyait vraiment pas. Si elle continuait sur ce sujet, ils allaient tourner en rond, et ce n’est pas ce qu’elle voulait. Elle pensa alors au Pokémon Feu du jeune homme et décida que prendre de ses nouvelles aurait dû être la première chose qu’elle aurait dû demander. Elle n’avait pas voulue ennuyer l’infirmière Joëlle tout à l’heure, voyant très bien qu’elle était occupé. La coordinatrice porta sa tasse à ses lèvres tandis que Paul faisait de même avec son verre de jus d’orange. Une fois reposé, elle leva ses yeux sur ce dernier.

«  Au fait, qu’en est-il de ton Typhlosion et de son petit ? »
«  Ils vont bien. L’accouchement a duré plus longtemps que prévu et le petit a eu quelques soucis mais rien de grave apparemment. L’infirmière m’a dit qu’on pourra allez les voir après le petit déjeuné. »
«  Ah… Tu vois, il ne fallait pas t’inquiéter comme tu l’as fait ! » S’exclama Aurore
«  Tu étais inquiète aussi. » Rappela Paul en portant une cuillère de céréales à ses lèvres

Elle avoua dans un rire gêné qu’effectivement elle s’était inquiétée, mais que ce n’était pas pour quelque chose de futile, avant de terminer son pain au chocolat. Même si Paul faisait mine de s’en ficher, il était quand même un fin observateur. Depuis qu’elle avait vu ses aptitudes en matchs en fait. Il analysait tout et créait des stratégies en usant même de la morphologie de ses monstres de combats. Pas vraiment comme Sacha, qui fonçait dans le tas d’abord et réfléchissait après… Elle était idiote de le comparé au dresseur du Bourg-Palette puisqu’ils étaient complétement différents. Mais inconsciemment, elle n’avait pas pu s’empêcher de le faire.

La coordinatrice trempa ses lèvres dans sa tasse tandis qu’elle observa du coin de l’œil le visage du Paul. Et dire qu’elle était la seule à savoir que derrière cet air impassible, se cachait un visage totalement différent de celui qu’il arborait… Un visage doux. Comme tout le monde, en fait. Qu’il arrivait parfaitement à camoufler, d’ailleurs… Il serait certainement plus mignon s’il se détendait et brisait enfin le masque qu’il avait…, pensa Aurore en sourit doucement. Quoi que, cela serait carrément bizarre de voir Paul sourire, rire et parler aisément. Ouais, après réflexion, il était mieux avec ses traits froids et son regard sombre… Il avait suffisamment changé depuis leurs premières retrouvailles et elle se satisfaisait de son comportement actuel. Paul parlait un peu plus qu’avant. Bon, d’accord ce n’était pas des longs discours mais c’était mieux que rien.

Aurore reporta son attention sur son deuxième croissant et en arracha lentement le bout pour le glisser entre ses dents, les yeux rivés sur la pâtisserie. La coordinatrice commençait à être calée : Elle n’aurait pas dû prendre deux croissants, en fin de compte. Cela faisait trop. Mais maintenant qu’il était sur son plateau, elle ne pouvait pas aller le redonner… A moins qu’elle le refile à Paul. Il avait presque finie son bol et sa bouteille de jus d’orange était réduit d’un peu plus que la moitié, il avait bien de la place pour une autre brioche… Et puis c’était un mec, il avait besoin d’énergie. Mais si elle lui demandait, il répondrait certainement qu’il n’est pas une poubelle de table et elle serait coincée. Tant pis ; Qui ne tente rien n’a rien. Elle releva la tête et appela le jeune homme afin d’avoir son attention. Elle baissa automatiquement les yeux lorsqu’il leva les siens tandis qu’elle agitait son croissant dans un petit geste.

«  Tu le veux ? »
«  Non, je n’ai plus faim. » Soupira Paul en portant la cuillère à ses lèvres
«  Et si on fait moitié-moitié ? » Proposa-t-elle

Elle le vit verser le reste de son jus de fruits dans son verre, reposer la bouteille sur son plateau, boire une gorgée et soupirer d’aise en reposant son gobelet. Un « Non » sortit de sa bouche, tandis qu’il reprit sa cuillère en fixant son bol des quelques céréales qui y dormaient.

«  S’il te plait ! » Insista Aurore
«  J’ai déjà dû mal à finir mes céréales, alors ce n’est pas pour encore récupérer ton croissant. »
«  Mais il est au chocolat, celui-là. » Argumenta piteusement la coordinatrice
« Je t’ai déjà dit non. »

Rah, mais il était vraiment têtu ! Il fallait qu’elle le force encore un petit peu, et elle était sûre qu’il lâcherait l’affaire, pensa Aurore en souriant intérieurement.  Elle croisa ses deux orbes sombres et serra discrètement les dents en tentant d’effacer la scène de la veille soir de son esprit. Elle cligna des yeux et soupira à son tour. La bataille d’arguments pouvait continuer...

«  Mais il te faut des forces pour la journée ! En plus, tu étais super crevé, hier soir ! »
«  Un bol de céréales et du jus d’orange me suffisent pour retrouver mon énergie. » Rétorqua calmement Paul
«  Allez, tu n’as pas besoin d’avoir faim pour avaler ça. »
«  Je ne vais pas me faire vomir pour te faire plaisir. C’est ton croissant. Démerdes-toi. »

Qu’il était coriace, pensa la coordinatrice en serrant les dents. Bon, visiblement, même sa proposition sur la moitié de la pâtisserie ne marchait pas. Mais elle s’avouait pas vaincue pour autant. Elle devait essayée autre chose. Poussant un long soupir, Aurore s’enfonça dans le fond de sa chaise en faisant bien attention à ne pas le regarder dans les yeux, préférant porter son attention sur d’autres dresseurs attablés à quelques mètres d’eux.

«  Tant pis, ça sera un croissant gâché. Quand je pense qu’il y a des gens qui meurent de faim… »
«  Et pourquoi tu ne le gardes pas pour plus tard, au lieu de me faire chier comme ça ? » Questionna Paul en relevant la tête vers elle, les sourcils froncés

Là, Aurore était coincée. En plus, Paul avait raison et elle ne trouva rien à lui répondre dans l’immédiat. En plus, elle ne pouvait pas éviter son regard qui semblait l’attirer et décida alors de croiser son regard sombre. Elle ne pourrait pas continuer ce petit jeu éternellement, et comme Paul est un bon observateur, il remarquerait directement que quelque chose clocherait. Elle fronça à son tour ses sourcils, comme pour se protéger de ses deux orbes noirs tandis qu’une profonde irritation l’envahissait à cause de la réplique du jeune homme.

«  Si je le garde pour plus tard, il va fondre. » Parvint-elle à articuler, « Et pas la peine de me parler sur ce ton ! »

Elle le vit fermer les paupières et porter son bol à ses lèvres pour y boire le lait qui reposait à l’intérieur. Il plaça le bol sur son plateau dans un soupir gras et plongea ses pupilles sombres dans celle de la coordinatrice. L’espace d’un instant, elle sursauta intérieurement en sentant les battements de son cœur s’accélérer alors que ses joues brûlèrent instantanément.

«  Et si tu le donnais à ton Pokémon ? » Proposa Paul d’une voix neutre

Aurore resta interdite un instant. Hé, mais ce n’était pas bête. C’était une idée géniale, même ! Pourquoi n’y avait-elle pas pensée plus tôt ? La coordinatrice se fit la réflexion qu’une fois de plus, le jeune homme se servait intelligemment de sa tête. En réalité, c’était quelqu’un d’extrêmement posé, qui ne se prenait pas la tête avec des problèmes futiles et qui s’adaptait aux situations qui lui tombaient dessus. Petit à petit, Aurore distinguait les qualités de Paul, même s’il n’y en avait pas beaucoup. Personne ne les voyait, s’arrêtant uniquement sur ses défauts pour lui pourrir sa personne. Avec du recul, lorsqu’elle entendait les remarques négatives que faisaient ses amis sur le jeune homme, elle se sentait mal à l’aise, contrariée. C’est vrai ; A croire que Paul était le vilain petit canard… Enfin, elle  pensait cela mais elle ne le défendait pas autant, ne voulant pas s’attirer les foudres de son entourage. Cependant, Aurore n’en pensait pas moins. Tout le monde avait des défauts. Même les gens avec qui elle passait du temps. Personne n’était parfait, et aujourd’hui encore, elle regrettait de ne pas avoir été aussi franche à propos des commentaires sur le désagréable dresseur.

«  Eh… ! »

La voix de Paul la fit sortir de ses pensées dans un bref sursaut, alors qu’elle tourna la tête vers ses deux orbes sombres. La joue du jeune homme s’étalait sur toute sa paume, visiblement alourdie par le poids de sa tête. Ce dernier scrutait la coordinatrice d’un air las tandis qu’il pianotait à l’aide de son index et de son majeur sur le bord de la table, signifiant clairement qu’il était impatient.

«  Alors, qu’est-ce que tu en fais, de ton croissant ? Tu le donne à ton Pokémon ? » Questionna Paul dans un soupir

Aurore parvint à sourire et hocha la tête avant d’emballer son pain au chocolat avec une serviette qui jonchait tranquillement sur son plateau. Elle ouvrit son sac à ses pieds et fourra sa pâtisserie à l’intérieur. Elle se redressa en jetant son sac sur son dos tandis que Paul faisait de même dans un faible « Ce n’est pas trop tôt… » que la coordinatrice fit mine de ne pas avoir entendue, ne voulant pas se disputer devant toute la cafétéria avec lui. Après avoir déposé leurs plateaux sur les chariots prévus à cet effet, les deux jeunes quittèrent la grande pièce en direction du hall.

«  Ah, vous allez voir votre Pokémon et son petit ? » Interpella l’infirmière Joëlle lorsqu’ils passèrent devant le comptoir

Aurore répondit positivement, sachant pertinemment que Paul avait enfoncé ses mains dans les poches et n’était visiblement pas disposé à lui donné une réponse. La jeune femme aux cheveux roses leur informa que les hérissons avaient été déplacés dans une chambre isolée afin d’avoir de la tranquillité. Elle indiqua également que la pièce dans laquelle ils se trouvaient était l’avant dernière, au bout du couloir où les Pokémons se reposaient dans les chambres. La coordinatrice la remercia alors que Paul lui emboita le pas.

Les lèvres d’Aurore s’étirent discrètement en sentant la silhouette du jeune homme se poster à côté d’elle. Il ne le montrait pas, mais il était pressé de voir son Pokémon ainsi que le nouveau-né. Après tout, il s’était fait un sang d’encre pour eux la veille, alors c’était normal qu’il veuille savoir si leurs états étaient corrects. La coordinatrice s’arrêta brusquement, obligeant Paul à se retourner.

Aurore appela son hérisson de feu en ouvrant automatiquement sa Pokéball et lui sourit gentiment. Elle fouilla ensuite dans son sac et en sortit son fameux pain au chocolat qu’elle tendit à l’animal. Elle lâcha un « Tiens, c’est pour toi. » tandis que le Type Feu saisit le croissant pour en mordre la moitié en une seule bouchée.

«  Typhlosion, j’ai une surprise à te montrer. » Annonça-t-elle doucement en lui caressant le pelage

Le hérisson se stoppa net, les crocs dans le pain, et releva ses deux orbes interrogateurs sur sa dresseuse. Cette dernière lâcha un petit rire et lui répondit qu’il verrait lorsqu’ils arriveraient au bout du couloir. Le Type Feu enfila la deuxième partie du croissant dans sa gueule et déglutit goulument en se léchant les babines.

«  Au moins un qui ne mourra pas de faim… » Fit remarquer Paul avant de pivoter sur lui-même et de continuer son chemin

Aurore fronça les sourcils à son commentaire tout en le suivant, le hérisson sur les talons. Qu’est-ce qu’elle devait comprendre ? Qu’il avait encore faim malgré qu’il ait assuré avoir assez mangé avec le petit déjeuné qu’il venait de prendre ? Ou était-ce par rapport à la remarque qu’elle avait faite sur le fait que s’il ne le mangeait pas, cela serait de la nourriture gâche en sachant qu’il y avait beaucoup de monde qui n’avait pas de quoi se rassasier ? Elle penchait plutôt pour la première option, même si un doute persistait. S’il avait encore faim, pourquoi n’avait-il pas accepté le croissant qu’elle lui avait proposée tout à l’heure ? A moins qu’il ne soit jaloux que quelqu’un d’autre reçoive le pain qu’elle voulait, en premier lieu, le donner à lui ? Non, c’était complétement ridicule de penser à cette hypothèse. C’était simplement par pur fierté qu’il avait refusé. Et puis, c’était lui qui avait proposé que la coordinatrice le refile à un de ses Pokémons, pas elle… ! Décidément, elle avait dû mal à comprendre son comportement…, constata-t-elle en soupirant.

La jeune fille s’arrêta devant la porte où Paul attendait, immobile, les yeux rivés sur la peinture fraichement refaite. Aurore posa sa main sur la clanche et en ouvrit l’accès, le sourire aux lèvres. Le Type Feu s’avança dans l’encadrement de la chambre et se figea instantanément, paralysé par la scène qui se déroulait sous ses yeux. La coordinatrice aperçut la femelle allongée sur des draps blancs, faisant la toilette au petit Pokémon qui gesticulait sous les coups de langue de cette dernière. Elle expliqua brièvement à son hérisson de feu qu’il était le père de ce petit et que sa chérie avait accouchée la veille au soir.

Le Typhlosion d’Aurore se reposa sur ses quatre pattes et parcouru la distance jusqu’au lit où se trouvait l’autre Pokémon, permettant à la coordinatrice et au jeune homme d’entrer enfin dans la pièce et de la refermer discrètement.

«  Oh, il est trop mignon !! » S’extasia Aurore  en rejoignant le couple de Pokémon

Le sourire jusqu’aux oreilles, la jeune fille posa sa main sur la tête du nouveau-né et en caressa le pelage naissant en lâchant un joyeux « Félicitations ! ». Un coup d’œil derrière son épaule lui suffit à comprendre que, malgré qu’il ait ôté ses poings des poches de sa veste, Paul restait encore une fois en retrait, silencieux, comme s’il n’osait pas s’approcher de son monstre de poche. Mais ce n’est pas en s’effaçant qu’il arrivera  à aller de l’avant. Et puis, cet animal lui appartenait, il ne pouvait pas faire comme s’il n’y était pas attaché.

«  Tu devrais la féliciter, toi aussi. C’est ton Pokémon, après tout. » Conseilla Aurore en se tournant vers lui

Les deux Types Feu imitèrent la coordinatrice et braquèrent leurs orbes rouges sur le jeune homme le scrutant dans un silence pesant, attendant visiblement une réaction de la part de ce dernier.  Aurore observait les yeux de Paul, qui venait de passer d’elle aux deux monstres de poche, mais c’est comme s’ils étaient transparents, que le dresseur ne les voyait pas. Il semblait indifférent, ne pipant aucun mot, statufié. Elle ouvrit la bouche pour le faire réagir, mais elle discerna un froncement de sourcils et une rapide contraction au niveau de sa mâchoire. Sa pomme d’Adam se souleva doucement, signifiant qu’il venait de déglutir sa salive, alors qu’il ouvrit la bouche, faisant retentir gravement sa voix déjà rauque.

«  C’est pitoyable… ! » Lâcha-t-il avant de sortir de la chambre sous les regards contrariés des deux Pokémons

La coordinatrice resta immobile, les sourcils froncés, tandis que son cerveau fonctionnait à plein régime. C’était sûr. Il fallait bien qu’il craque à un moment donné. Il ne supportait pas cette vision, et il venait de clairement le faire comprendre. Mais Aurore ne comprenait pas vraiment pourquoi il avait cette attitude. La veille, il s’était inquiété pour son Pokémon et le nouveau-né, et maintenant, il n’était pas content de les voir sains et saufs ? Elle cligna des yeux, comprenant la réaction de ce dernier.

En fait, il n’assumait pas du tout le fait qu’il ait été aussi sensible pour un simple monstre de poche ainsi que pour le nouveau-né qui avait été dans le ventre du Type Feu. Il s’était certainement sentit faible, et sa mauvaise personnalité venait de reprendre le dessus. Pourtant, hier soir, il avait admis qu’il comprenait tout ce qu’elle avait dit par le passé, à propos de l’amitié et de l’amour. Alors qu’est-ce qu’il se passait dans sa tête ? Pourquoi ce refus catégorique ?

Aurore se redressa et se tourna vers les deux hérissons qui venaient de reporter leur attention sur elle. Elle se dirigea vers la sortie en lâchant un « Je reviens tout de suite », un sourire peu convaincant scotché aux lèvres. Elle ouvrit la porte, la referma soigneusement, les yeux rivés sur la clanche, et tourna automatiquement la tête à droite. Paul était juste à côté d’elle, le dos paresseusement collé contre le mur, les mains dans les poches de son jean, la tête basse.

Il semblait en pleine réflexion et elle sentait que si elle intervenait maintenant, les réprimandes de ce dernier n’allaient pas attendre longtemps avant de se faire entendre. Mais si elle ne faisait rien, Paul continuerait de se torturer l’esprit avec elle-ne-savait quelles pensées, et il serait certainement plus énervé qu’à l’heure actuelle. Qu’est-ce qu’elle devait faire ? Qu’est-ce qui était le mieux pour lui ?
Prenant discrètement une inspiration, elle expira son oxygène dans un rapide soupir.

«  Qu’est-ce qui ne va pas… ? » Finit-elle par demander

Le jeune homme ne répondit pas, préférant fermer ses paupières dans un air résigné. Il ouvrit la bouche, et l’espace d’un instant, Aurore espéra entendre la voix du dresseur mais ce ne fut qu’un soupir gras qui en sortit. Qu’est-ce qu’elle était censé comprend avec cette réponse ? Qu’il en avait déjà marre de voir son monstre de poche avec son petit et qu’il voulait partir au plus vite d’ici ?

Paul re-ouvrit ses paupières et tourna sa tête à l’opposé de la coordinatrice, les yeux rivés sur le fond du couloir, à quelques mètres de là. Il semblait réfléchir intensément, même si la question d’Aurore restait lourdement en suspens. Au bout de quelques minutes, la voix du dresseur retentit calmement dans le couloir vide.

«  J’ai été ridicule de m’inquiéter comme ça. »

La coordinatrice l’observa en silence. Visiblement, il ne voulait pas croiser son regard, se détournant intentionnellement de ses deux orbes bleus.  Ah oui, c’était vrai… Elle s’en souvenait maintenant ; A la base, il ne voulait pas de bébé Pokémon, alors il n’allait pas féliciter son Pokémon pour avoir mis au monde une nouvelle source d’ennui. Lorsque son mauvais caractère prenait le dessus, cela devenait vraiment obsessif. Pourquoi avait-il si honte ? Ce n’était pas un alien. Tout au long de leurs retrouvailles, il avait prouvé qu’il pouvait ressentir les émotions, alors pourquoi les rejetait-elles comme si elles n’existaient pas ? Etait-ce parce qu’il n’arrivait tout simplement pas à extérioriser ses ressentis ? Ou alors parce qu’il ne supportait pas de se voir changer et devenir « comme tout le monde » ? Pourquoi cherchait-il à ce point la différence ?

Aurore ferma à son tour les yeux en réprimant un soupir et reporta son attention sur le bout du visage du jeune homme qu’elle apercevait derrière ses cheveux et le bout de sa veste.

«  Même si tu n’aurais pas voulu, tu te serais quand même fais du souci. C’est normal que tu t’inquiètes pour ceux qui comptent à tes yeux-…»
«  Ils ne comptent pas à mes yeux. » Trancha immédiatement le dresseur

Décidément, il mentait très mal, aujourd’hui… Il ne voulait pas accepter la vérité, c’était la seule conclusion qu’elle pouvait tirer de cette rapide réflexion. Etait-ce parce qu’il se sentait vulnérable en agissant comme un être humain normalement constitué ? Il ne comprenait pas que c’était ordinaire de réagir comme cela ? Elle savait qu’au plus profond de lui, il avait dû mal désirer ce genre de choses. Et c’est pour cette raison que son alter-égo l’empêchait de détruire ce cœur de pierre qui le faisait vivre. La voix d’Aurore résonna dans une dernière phrase.

«  Tu n’es pas un alien et tu ne le seras jamais, Paul. Tu es humain. » Déclara-t-elle avant de soupirer ouvertement, « Ton alter-égo pourrait p’tetre prendre des vacances, tu ne crois pas ? »

Après avoir prononcé cette interrogation, la coordinatrice lui jeta un dernier regard, attendant une possible réaction de sa part, mais le dresseur resta immobile. Dans un mouvement du poignet, elle ouvrit la porte pour pénétrer à l’intérieur de la chambre et la refermer derrière elle. Elle rassura les deux Pokémons Feu dans un petit sourire et se mit assis sur une chaise mise à disposition, espérant que le jeune homme ait entendu ses paroles, même si elles semblaient ridicules… Mais elle en était convaincue : Paul n’était pas quelqu’un de bizarre. C’était un garçon normal avec un sale caractère, c’est tout. Il fallait simplement prendre le temps de le connaitre et comprendre les mots qu’il avait dû mal à prononcer ouvertement. Enfin, c’était peut-être dû à son attirance pour lui qu’elle arrivait à le comprendre et à lire entre les lignes. Ses joues s’enflammèrent légèrement en repensant soudainement à sa main sur la joue du dresseur… Franchement qu’est-ce qui lui avait pris de le toucher comme ça ?  Ses envies lui avaient obligé à faire n’importe quoi…, soupira-t-elle en s’essuyant le front, embarrassé.

Aurore constata alors que ses paroles avaient atteint son interlocuteur puisqu’une minute plus tard, Paul refit son apparition dans la pièce, le regard sombre. Il était donc revenu sur sa décision, pensa-t-elle dans un sourire discret. Elle croisa un instant ses deux orbes noirs avant de voir qu’il détournait le regard pour le reporter sur le sol. Il s’approcha alors timidement de son hérisson, sans pour autant le regarder dans les yeux, comme s’il avait peur d’affronter ses deux orbes rouges.

La coordinatrice vit les mains de Paul se fermer en poing, les laissant le long de son corps tout en tournant enfin la tête vers son monstre de poche. Il contracta un peu plus ses poings puis finit par ouvrir sa bouche. Seulement, aucun son n’en sortit et elle distingua que les lèvres de ce dernier se pincèrent brièvement. Elle le vit ensuite détendre ses mains pour approcher son bras vers son Pokémon mais s’arrêta en court de route, clairement hésitant.

Dans un silence pensant, la paume du jeune homme se posa fébrilement sur le crâne du hérisson qui le dévisagea dans une pointe d’interrogation, ne comprenant probablement pas le geste de son dresseur. Aurore cligna des yeux en apercevant  le Pokémon se tendre anxieusement. Elle avait cru mal voir mais en réalité, sa vision ne lui jouait pas des tours : Certes il le faisait paresseusement, mais Paul était bien en train de caresser le pelage sombre du Type Feu. Un raclement de gorge de la part du dresseur se fit entendre et sa voix retentit faiblement dans la pièce.

«  C’est bien… »

Aurore était certaine qu’il avait détourné pudiquement le regard en ayant lâché ces deux petits mots. Un sourire étira doucement ses lèvres, comprenant que ce qu’il venait de dire étaient des félicitations. C’était ses mots à lui pour la complimenter. La coordinatrice conclut alors que c’était le maximum que Paul pouvait faire pour lui montrer qu’il était content qu’elle aille bien. Le jeune homme retira immédiatement sa main après avoir prononcé ces paroles, comme s’il ne supportait pas le contact qu’il avait avec son Pokémon…

Après avoir jeté un œil à son téléphone qui indiquait onze heures trente, Aurore décolla enfin ses fesses de la chaise tandis que Paul tourna le dos à son monstre de poche, les paupières closes. Lorsqu’il croisa ses deux iris bleus, il serra les dents et détourna son regard, embarrassé. Elle déclara qu’elle allait chercher l’infirmière Joëlle afin de lui demander de vérifier l’état de la femelle et de son petit, provoquant un froncement de sourcils de la part du jeune homme.

«  Tu ne veux pas rester coincé au centre Pokémon pour toute la journée, n’est-ce pas ? »

Laissant sa question en suspens, Aurore quitta la chambre en prenant soin de refermer la porte derrière elle. Si l’auxiliaire de soin permettait la sortie du Pokémon feu et du nouveau-né, ils iraient peut-être se promener, qui sait ?, pensa-t-elle dans un petit sourire.

OoOoOoOoO

Dans un long râle, Paul se laissa tomber sur la chaise que la coordinatrice venait d’abandonner. Le désarroi, qui s’était emparé de lui il y a quelques minutes, disparu assez rapidement. Un autre soupir franchit ses lèvres tandis qu’il passa une main collante dans ses cheveux. Il faisait vraiment chaud, dans cette pièce, constata-t-il en fermant les yeux, le dos collé contre le dossier de la chaise.

Un coup d’œil aux Pokémons Feu lui suffit à détourner immédiatement le regard pour le posé sur sa main droite. Qu’est-ce qui lui avait pris de faire ça ? C’était la première fois qu’il caressait un de ses monstres de poche pour ensuite le féliciter. En fait, les paroles d’Aurore n’avaient cessé de raisonner dans sa tête lorsqu’elle était rentrée dans la chambre. Et il devait avouer qu’elle avait raison sur le fait qu’il n’était pas un alien et que c’était normal de s’inquiéter pour ceux qui lui était chers. Mais par contre, cela, il n’avait pas voulu l’accepter. C’était certainement pour cela qu’elle avait recommandé à son égo de prendre des vacances. Parce qu’elle savait qu’il mentait, ne pouvant pas assumer le fait de devenir de plus en plus humain. Il avait longuement soupiré dans ce couloir vide et au final, il s’était résigné à admettre la vérité et à retourner dans la chambre. Il s’était ensuite rappeler de la phrase d’Aurore, qui argumentait sur le fait qu’après tout, c’était son Pokémon et qu’il pouvait aussi la féliciter. Alors il s’était avancé auprès du Type Feu, et, après un moment qui lui semblait interminable avait finalement posé sa main sur le pelage du hérisson. Il n’avait pas prévu de le complimenter à voix haute, mais sa bouche avait agi toute seule et quelques mots en étaient sortis.

Paul leva sa tête et fixa un instant la porte. Il se fit la réflexion qu’Aurore avait pris la bonne initiative en allant consulter l’infirmière Joëlle. Il ne voulait pas moisir ici pendant toute l’après-midi et il priait mentalement que son Pokémon puisse sortir de là au plus vite. La porte s’ouvrit dans un petit grincement, faisant apparaitre la jeune femme aux cheveux roses ainsi que la coordinatrice.

Aurore appela son compagnon de poche pour qu’il la rejoigne afin que l’infirmière puisse procéder à l’examen de la femelle et de son petit. Elle vérifia la vision de cette dernière, testa ses réflexes et écouta les battements de son cœur avant de répéter les mêmes actions sur le nouveau-né. L’auxiliaire de soin se retourna vers les deux jeunes qui patientaient silencieusement dans un coin de la pièce, ôtant au passage son stéthoscope de ses oreilles, et prit un air sérieux en s’adressant à eux.

«  Leurs états sont tous les deux stables. Ils peuvent sortir aujourd’hui mais il faudra bien faire attention et veiller sur eux. » Ordonna professionnellement la jeune femme

Paul venait de réprimer un soupir de soulagement, remerciant pour la première fois le ciel d’avoir obéit à sa prière mentale, et scruta Aurore du coin de l’œil. Elle venait d’hocher la tête en guise de réponse à l’infirmière Joëlle avant de baisser les yeux sur son Pokémon Feu, la mine réjouie en lâchant, un « C’est génial, ils vont pouvoir prendre l’air. ». Il remarqua ensuite que l’auxiliaire de soin fit un pas vers eux, un petit sourire aux lèvres. Il ne savait pas pourquoi, mais Paul avait un mauvais pressentiment

«  Pourquoi n’iriez-vous pas au lac qui se trouve à quelques minutes de marches d’ici ? Vous pouvez vous y baignez et comme ça, vos Pokémon pourront profiter de l’air frais. »

Et voilà, son mauvais pressentiment c’était révélé être vrai. C’était quoi cette idée à la con, d’abord… ? Comme s’il allait se baigner dans un lac où, il en était sûr, les vacanciers s’étaient vidés de leurs urines ? Et si les Pokémons qui vivaient dans ce lac avaient fait pareil ? Alors là, hors de question de plonger dans l’eau. Si c’est pour être malade le soir-même, ce n’était pas la peine de s’y rendre. Mais Aurore ne fut pas de cet avis puisqu’elle sauta immédiatement sur l’occasion en lâchant un « Vraiment ? » sur un ton enthousiaste.

«  Bien sûr. Il va faire très chaud cette après-midi, alors n’hésitez pas à vous y rendre. Ah, et prenez de la crème solaire, ça serait dommage d’avoir d’attraper des coups de soleil. »

La jeune femme aux cheveux roses se dirigea vers le seul placard qui se trouvait dans un coin de la pièce, l’ouvrit et fouilla à l’intérieur pour en sortir deux petits bouteilles qu’elle tendit aux dresseurs.
Aurore les prit avec plaisir pour les fourrer dans son sac à dos, tandis que Paul grimaça intérieurement.  Cela sentant vraiment le coup foireux. Et il ne put s’empêcher de penser à son frère ainé. Si Reggie avait pu être à la place de l’infirmière Joëlle, il aurait déjà sorti une remarque bien piquante, ne manquant pas de gêner les deux dresseurs… Elle comptait sérieusement y aller… ? Faites qu’elle l’ignore et ne lui propose pas de l’accompagner… Faites qu’elle l’ignore et ne lui propose pas de-…

«  Paul, allons-y ! » Ordonna fermement Aurore

Et merde… Mais pourquoi elle voulait à tout prix y aller ? Bon d’accord, il reconnaissait que cela ne pouvait pas lui faire du mal, puisqu’effectivement, l’après-midi allait être très ensoleillé et n’hésiterait pas à frapper la ville de sa chaleur écrasante. Et puis pourquoi avec lui ? Il lui répondit dans un soupir non dissimulé, lui faisant clairement comprendre qu’il n’approuvait pas l’idée de la jeune femme aux cheveux roses. D’ailleurs, en pensant à l’auxiliaire de soin, elle s’était éclipsée puisqu’il n’y avait plus de trace d’elle dans la pièce. Il ne s’en été même pas rendu compte, trop occupé par la présence de l’idiote de service.

«  Allez… ! » Insista la coordinatrice, « Et puis, Joëlle vient de le dire : Ça fera du bien à nos Pokémons ! »

Il détourna le regard, les sourcils froncés. Franchement, si elle n’avait pas cette excuse, il aurait catégoriquement refusé. Il osa tout de même une œillade vers Aurore et vit qu’elle avait un air extrêmement sérieux, ne semblant pas vouloir lâcher cette idée. L’image de la coordinatrice en maillot de bain apparut dans son esprit, le faisant sursauter intérieurement alors qu’il cligna des yeux et tourna la tête, les joues rouges, les lèvres pincées. C’était quoi cette représentation ? Il n’était pas un de ses vieux pervers qui allait dans un lac pour voir ce genre de choses ! Paul tenta de se calmer intérieurement en se convaincant que la coordinatrice n’avait rien pour elle et qu’il n’y avait pratiquement rien à voir pour se rincer l’œil… Ouais, et puis, s’il allait dans ce lac, il fallait aussi qu’il se mette torse nu, et ce n’était pas envisageable du tout ! Plutôt mourir que de se mettre à moitié nu devant elle !

«  Alors, c’est d’accord ? » Demanda Aurore en le faisant sortir de ses pensées

Il se distança et ferma un instant les yeux. Alors, soit il allait avec elle dans ce maudit lac pour se rafraichir de l’imposante chaleur que lui réservait le temps, soit il restait cloîtrer ici, à crever de chaud comme un porc… Il n’appréciait pas ce dilemme et savait que le choix était vite fait vu l’angle sous lequel il le voyait. Paul sentait qu’il allait clairement le regretter, plus que les autres fois où il s’était embarqué dans une des magouilles de la coordinatrice, mais décida, dans un soupir résigné, d’accepter la proposition d’Aurore…

«  Fais comme tu veux. » Lâcha-t-il, les paupières fermées

Elle s’enthousiasma en se tournant vers le couple de Pokémon et leva le poing en assurant que l’après-midi qui allait arrivée serait géniale, ce à quoi Paul s’exaspéra dans un soupir silencieux. Dans quelle galère s’était-il fourré, encore…? Elle se tourna à nouveau vers le jeune homme et proposa d’acheter un sandwich ainsi que des chips pour le repas de midi qu’ils dégusteront sur place une fois arrivés au lac. Le dresseur hocha la tête, n’ayant de toute façon pas envie d’aller dans un restaurant pour manger un vrai repas. En plus, avec la chaleur qu’il allait faire, cela deviendrait difficile de supporter cette température dans un restaurant non climatisé…

Dans un soupir non dissimulé, Paul enfonça ses poings dans ses poches et en sortit une Pokéball qu’il pointa sur le hérisson allongé sur le lit en lui ordonnant de rentrer à l’intérieur. Cependant, Aurore ne fut visiblement pas de cet avis et l’en empêcha en baissant sa trajectoire, la main sur son poignet.

«  Si on faisait revenir nos Pokémons, on fera quoi du bébé ? Il n’a pas encore de Pokéball. »
«  Tu n’auras qu’à le prendre dans tes bras. » Rétorqua calmement le jeune homme et relevant légèrement son bras

Son poignet se baissa à nouveau tandis qu’il émit un son en fronçant les sourcils, lui montrant son irritation face à l’air buté dont elle faisait preuve. Qu’est-ce qui n’allait pas dans la proposition qu’il venait de faire ? Elle était pourtant très bien et puis comme cela, cela éviterai d’attirer l’attention sur eux.

«  Cela ne fait qu’une matinée qu’ils sont ensemble. Le petit doit encore s’habituer à elle. S’il crie tout au long du chemin, tu serais encore capable de te plaindre. »
«  Je me plaindrais encore plus si c’est toute la famille qui me colle aux basques. A toi de voir… »

Silencieux, ils se défièrent du regard, comme s’ils cherchaient une réponse au problème qui s’était posé devant eux, avant de cligner des paupières et de détourner pudiquement leurs attention ailleurs, embarrassés. Ce n’était pas la première fois qu’ils se sondaient du regard, et pourtant, Paul n’avait pu s’empêcher de sentir un frisson le parcourir au bout de plusieurs secondes. C’était comme si les orbes de la jeune fille l’hypnotisait et qu’il ne pouvait pas résister à cette attraction… Franchement, réagir comme cela dans ce genre de situation était vraiment pitoyable…, soupira-t-il intérieurement. Il sentit la main de la coordinatrice relâcher sa prise tandis qu’elle prit une rapide inspiration pour en soupirer le trop-plein d’air.

«  J’ai compris, je vais faire revenir mon Pokémon… » Lâcha Aurore dans un autre soupir, « J’espère juste que le petit voudra que je le porte… »

Le jeune homme jeta une œillade au Pokémon Feu ainsi qu’au nouveau-né, ferma les yeux et rétrécit sa sphère rouge et blanche pour la ranger à sa ceinture. Il enfonça ensuite ses poings dans les poches et quitta la pièce sous le flot d’interrogations de la coordinatrice.

«  Le parc n’est pas très loin, je pourrais bien vous supportez… » Répondit Paul en s’enfonçant dans le couloir

Il réprima un soupir gras en se maudissant de céder facilement aux caprices de la coordinatrice. Paul avait pesé le pour et le contre, et finalement, il s’était dit que le nouveau-né ne crierait pas s’il était avec sa mère et que, même si les hérissons étaient imposants, ils pourraient toujours les ignorer en marchant un peu plus rapidement qu’eux. Ouais, parce que si le petit Héricendre n’appréciait pas qu’Aurore le prenne dans ses bras, il serait capable de lui cracher du feu au visage ou encore, de s’enfuir. Bref, ce n’était pas très avantageux, quoi.

Des pas de courses se firent entendre et il constata que la coordinatrice l’avait rejoint un peu trop rapidement à son gout. Une œillade au-dessus de son épaule lui permit de voir que les deux hérissons étaient derrière eux et que le bébé semblait s’amuser sur le dos de sa mère. Il cligna des yeux et reporta son attention sur le hall qui se remplissait petit à petit de différents voyageurs. Les portes automatiques se refermèrent derrière eux alors qu’un cri d’excitation sortit de la bouche d’Aurore. S’enthousiasmer alors qu’ils allaient juste au bord d’un lac… Franchement, il n’avait jamais vu une fille aussi candide qu’elle..., pensa Paul en souriant discrètement.

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Lolo57
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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Dim 20 Avr - 22:46

Après dix minutes où plusieurs enfants les aient pointés du doigt en s’écriant à la vue de la famille de Pokémons Feu, où Paul prenait sur lui pour ne pas ordonner à tous ses badauds de déguerpir de son espace vitale, où il fut obligé d’accélérer le pas pour ne pas être interpellés par les curieux qui posaient des questions tout aussi ridicules les unes que les autres, et où la coordinatrice s’était mise à lui chuchoter joyeusement que le petit Héricendre s’était endormit sur son moyen de transport, les deux jeunes arrivèrent enfin au lac.

Le jeune homme soupira ouvertement en voyant qu’autour du lac, plusieurs personnes avaient élues domiciles, profitant tranquillement de l’endroit sous l’ombre d’un arbre tandis que des enfants s’amusaient déjà dans l’eau. Paul frissonna instinctivement en se disant que l’eau était peut-être gelée avant de baisser les yeux sur le sachet dans lequel résidaient les sandwichs ainsi que d’autres amuses gueules qu’Aurore tenait absolument à acheter. Ce n’était pas sain pour le corps, mais la coordinatrice avait assurée « qu’une fois de temps en temps, cela ne peut pas faire de mal ». Alors forcément, le dresseur ne s‘était pas opposé à cet argument de choc, de peur de provoquer une nouvelle dispute.

Un coup d’œil à son téléphone lui indiqua que midi était déjà passé et qu’il était temps de manger. Ils suivirent le sentier et dépassèrent quelques vieillards qui lançaient leurs boules de pétanques, visiblement concentrée dans leurs tirs avant de voir que ces derniers s’arrêter pour suivre la jeune fille des yeux. Paul n’échappa pas à ces regards qui, il en était sûr, allaient plus bas que son dos, et fronça les sourcils en toisant durement le petit groupe qui semblaient bien profiter de la vue. Les sexagénaires comprirent le message et se détournèrent pour reprendre leurs parties. Sérieusement, pourquoi tous les mecs n’arrêtaient pas de la reluquer comme ça ? Ce n’était pas parce qu’elle avait une jupe qui descendait juste en dessous des fesses que-… En fait si..., constata-t-il dans une piteuse moue. Le faisait-elle exprès ? N’avait-elle que cette robe dans son armoire ? Le jeune homme réprima un soupir gras et rencontra ses deux orbes bleus tandis qu’elle ralentissait doucement le pas en pénétrant dans l’herbe.

« On se met là ? » Questionna-t-elle

Avec les vieux pervers à quatre mètres de là ? Elle n’était pas bien, ou quoi ? Elle voulait vraiment que des mains baladeuses viennent la toucher ? Franchement qu’est-ce qu’elle pouvait être inconsciente, parfois ! Il la regarda un instant, baissa les yeux sur les hérissons près d’elle et tourna la tête pour fixer l’herbe qui se trouvait un peu plus loin.

« Là-bas, c’est mieux. » Répondit-il en joignant ses mots à ses gestes

C’était plus prudent, voulait-il dire… Mais s’il lui aurait répondu cela, avec la sympathie maladive qu’elle avait pour tout le monde, ils finiraient par se disputer, et ce n’était pas du tout son but. D’autant que les regards curieux étaient braqués sur eux et qu’il voulait au plus vite se fondre dans le paysage. Ils s’arrêtèrent donc à quelques mètres de là et posèrent leurs sacs à dos sur la verdure, non s’en lâcher un bref soupir à cause du soleil qui commençait déjà à les frapper de sa chaleur. Ils n’étaient ni trop proche du sentier, ni trop proche de l’eau. Ils avaient trouvés une bonne place, sourit le jeune homme en voyant les hérissons s’allonger tranquillement à un mètre de la coordinatrice.

Paul jeta une œillade à sa gauche pour voir qu’Aurore sortait déjà sa serviette de plage pour l’étaler sur l’herbe fraichement coupée. Sous les regards des monstres de poche, il décida de faire de même en mettant le sien à côté d’elle, embarrassé, avant de s’assoir à son tour sur le tapis. Il la vit ensuite se tourner vers lui pour saisir le sachet, en sortir un sandwich qu’elle posa juste à côté et fit de même avec le paquet de chips. Elle lui tendit son casse-croute dans un « Tiens. » et fourra le plastique vide dans son sac à dos pour ne pas qu’il s’envole.

Une fois leur emballage ouvert, ils mordirent à pleine dents dans leurs repas en sentant qu’ils reprenaient immédiatement leurs forces. Le jeune homme finit sa bouchée et regarda pensivement les enfants qui s’éclaboussaient, le sourire aux lèvres. Il cligna des yeux et se racla la gorge pour attirer l’attention de la coordinatrice. Il pinça ses lèvres et déglutit discrètement en détournant intentionnellement le regard.

« Est-ce que… Est-ce que tu as déjà ton maillot sur toi ou… ? »

Il ne termina sa phrase, ne voulant pas s’imaginer la scène où elle devrait se changer complétement, même si cela aurait été dans les toilettes publiques ou derrière un arbre… Cela ne l’aurait pas fait du tout… Il croqua un autre bout de son sandwich et le mâcha anxieusement. Tout ce qu’il espérait, c’était qu’elle le porte déjà…

« Ne t’inquiète pas, je l’ai mis sur moi après que tu sois partit de la chambre. » Répondit-elle en mordant dans son casse-croute

Paul avala son morceau de pain et lâcha un long soupir, clairement rassuré. Une autre pensée s’infiltra dans son esprit, l’obligeant à détourner le regard une seconde fois, les joues roses. Il entendit le paquet de chips s’ouvrit et vit du coin de l’œil que la coordinatrice piochait généreusement dedans. Le dresseur pinça à nouveau ses lèvres, tandis que la question se fit plus insistante. Il n’oserait jamais lui poser directement, sachant qu’il serait un homme mort s’il lui demandait, alors il préféra garder son interrogation pour lui. A vrai dire, cela intriguait. Sous ses vêtements, est-ce qu’Aurore portait un maillot de bain une pièce, ou un deux pièces… ? Mais d’abord, qu’est-ce que c’était que cette question ? Il avait vraiment l’air d’un pervers, là… Et puis, depuis quand il s’intéressait au type de maillot qu’elle pouvait avoir ? C’était ridicule… ! Pensa-t-il en serrant discrètement les dents.

« Ça va, Paul ? Tu es tout rouge… »
« Oui, ça va. C’est juste qu’il fait trop chaud… » Répliqua-t-il dans un long râle

Réponse minable, mais il n’avait rien trouvé de mieux. Et puis, ce n’était pas totalement faux puisque la température continuait d’augmenter. Une œillade vers les hérissons le fit soupirer intérieurement. L’avantage d’être un Pokémon Feu, c’est qu’il ne craignait pas d’avoir une insolation et qu’au moins, les Pokémons de ce type étaient à l’aise sous cette chaleur de plomb… Paul reporta son attention sur la coordinatrice pour voir qu’elle glissait son dernier morceau de pain dans sa bouche. Il cligna des yeux, étonné. Elle avait déjà finie ? Alors qu’elle l’avait entamée il y a seulement cinq minutes ? Elle avait vraiment faim à ce point ? Il baissa les yeux sur son sandwich pour constater dans une moue significative que ce dernier avait baissé de moitié avant de tourner la tête vers Aurore.

« Tu as fait vite. » Fit-il remarquer sur un ton qu’il voulait neutre
« J’avais faim. » Admit-elle dans un petit rire avant de poursuivre, « Et puis… Je voulais être dans l’eau le plus vite possible. »

Le jeune homme ne sut que lâcher un « Ah… » en comprenant que c’était normal et que la température n’arrangeais pas son envie de fraicheur. Il rangea son casse-croute dans son sac et ramena ses jambes près de lui pour y poser des coudes, les bras croisés. Son prénom se fit nerveusement entendre, l’obligeant à tourner la tête vers Aurore. Elle venait de baisser ses yeux, les joues légèrement roses, les lèvres pincées, et jouait anxieusement avec les mèches de ses cheveux.

« Euh… Est-ce que tu peux… enfin je veux dire… » Commença-t-elle, hésitante

Paul fronça les sourcils. Qu’est-ce qu’elle avait ? Pourquoi elle semblait toute timide d’un coup… ? Il comprit quelques secondes plus tard qu’elle voulait ôter ses vêtements afin d’aller dans l’eau, comme elle venait de le dire il y a une minute. Le sang s’agglutina furieusement au niveau de ses joues tandis qu’il marmonnait des mots incompréhensible pour finir par plonger le bas de son visage dans ses bras, la tête tournée de l’autre côté.

« Ne-Ne t’en fais pas. Je ne vais pas regarder… » Articula-t-il en sentant les battements de son cœur s’accélérer

Le jeune homme sentit que la coordinatrice attendait silencieusement, comme pour voir s’il allait céder à la tentative et tourner la tête à gauche pour la reluquer. Mais il n’était pas comme cela. Ou du moins, il faisait tout pour ne pas le devenir. Il priait mentalement pour que cette dernière se dépêche et soupira discrètement en fixant d’autres personnes qui arrivaient près du lac. Quelques minutes plus tard, Aurore l’avertit que c’était bon mais qu’elle le défendait de se rincer l’œil, ce à quoi Paul ferma les yeux tout en rétorquant que de toute façon, il n’y avait vraiment rien à voir.

Il entendit ensuite un « Hé ! » de la part de la coordinatrice avant de sentir son cœur rater un battement en la voyant. C’était un deux pièces. Ses joues s’enflammèrent tandis qu’il tentait en vain de ne pas poser les yeux sur les formes de la coordinatrice. Le jeune homme s’essuya le front, les joues roses, avant de remarquer qu’elle fouillait dans son sac à dos pour en sortir une Pokéball. Evidemment, il fallait que son pingouin fétiche profite lui aussi du lac… Elle n’allait tout de même pas sortir tous ses monstres de poche, quand même ? Il la regarda d’un air incompréhensif et lui demanda ce qu’elle faisait.

« Je vais m’amuser, tiens ! » Répondit-elle avant de baisser les yeux sur le Pokémon Eau, « Tu viens, Tiplouf ? »
« Tu es vraiment une gamine… » S’exaspéra Paul

Aurore lâcha un bref rire et pivota sur elle-même pour se hâter vers le lac, le pingouin sur les talons. Il soupira doucement en se demandant comment elle faisait pour avoir autant d’énergie. Peut-être parce qu’elle avait dormi sur un lit improvisé alors que lui avait somnolé par terre comme un clochard… Ouais c’était sans doute cela…
Et puis, au bout d’un moment, trop épuisé de lutter pour une raison qui lui était encore inconnue, il avait fini par s’endormir. C’est vrai, ils avaient été dans un centre Pokémon, ce n’est pas comme s’il avait pu lui arriver quelque chose ou quoi que ce soit… En plus, il n’avait pas voulue le montrer mais il avait mal au dos depuis que l’infirmière Joëlle l’avait réveillé. Ouais, il regrettait vraiment de ne pas avoir commandé une chambre. Et puis, maintenant qu’il y pensait, pendant la nuit, il avait senti une petite chaleur qui, malgré lui, l’avait fait sourire. Peut-être était-ce l’auxiliaire de soin qui avait enclenché le chauffage, qui sait… ? Mais ce qui était le plus étrange, c’était que le matin même, Aurore lui avait semblé bizarre et n’avait pas osé le regarder dans les yeux tout au long du repas. Ouais, c’était suspect, mais il n’y avait pas beaucoup prêté attention. Après tout, la coordinatrice était lunatique, alors il n’avait pas cherché plus loin.

Paul aperçu Aurore frissonner en entendant un faible « Elle est froide… ! » et ne put s’empêcher de se moquer dans un sourire. Elle qui disait que l’eau serait super bonne avec le soleil qui taperait dessus, elle s’en mordait les doigts, maintenant. En silence et après avoir essuyé la sueur qui perlait son cou, il retira rapidement ses chaussures ainsi que ses chaussettes, et fit glisser son jean au bout de pieds pour ensuite le rouler en boule à côté de son sac. Il fit de même avec son tee-shirt et soupira aisément après l’avoir enlever. Si la coordinatrice l’avait attendu, il ne se serait pas changé et serait resté habillé, quitte à crever de chaud. Il avait toujours été pudique mais comme Aurore avait déjà la tête dans l’eau, il s’était dit que c’était le moment et en avait donc profité pour se déshabiller.

Le dresseur croisa les bras sur ses genoux et remarqua alors que les Pokémons Feu le regardaient intensément, comme s’il avait fait quelque chose de mal. Embarrassé, il fronça alors les sourcils et lâcha un « Quoi ? » hostile envers eux avant de soupirer longuement. Qu’est-ce qui leur prenait, à ces fichus hérissons ? S’ils croyaient qu’il allait toucher cette écervelée ou se rapprocher d’elle, ils se trompaient lourdement… ! Il soupira lentement et reporta son attention sur la coordinatrice qui éclaboussait gentiment son Pokémon Eau.

« Je ne vais pas lui sauter dessus, si c’est ce que vous voulez savoir… »

Il était vraiment sincère et espérait que les monstres de poche le croiraient. C’était vrai, il n’allait pas faire comme tous ses vieux pervers qui n’étaient même pas discret, en plus ! Et puis, il était sûr que s’il agissait comme ça, Aurore ne voudrait plus jamais le revoir, et il recommencerait à sombrer dans la solitude…

Son prénom atteignit faiblement ses oreilles, l’obligeant à concentrer son attention sur la main de la coordinatrice qui s’agitait au-dessus de sa tête. Il ne répondit pas pour autant à son appel et se tendit lorsqu’il vit qu’elle sortait de l’eau pour parcourir hâtivement l’espace qui les séparait. Elle s’arrêta finalement à bonne distance de ce dernier et releva la tête. Il rencontra alors ses deux orbes pétillants alors qu’un large sourire se forma sur ses lèvres, le faisant rougir faiblement.

« Viens te baigner ! » Proposa-t-elle

Paul grimaça brièvement et pinça les lèvres en retenant un soupir Il ne savait pas pourquoi, mais il était sûr qu’elle venait le voir pour cela. Ce n’était pas parce qu’il s’était mis en caleçon de bain qu’il devait forcément se baigner. Il pouvait très bien profiter de l’air frais... ! Ne pouvant plus supporter le regard de la coordinatrice, il baissa les yeux et tourna légèrement la tête.

« Merci mais… Non merci. Je préfère rester là. » Répondit-il sur un ton neutre

Il sursauta en sentant les doigts de cette dernière agripper son bras et releva la tête vers elle en fronçant les sourcils.

« Allez, il fait super chaud ! Tu dois te rafraichir ! »
« J’ai une bouteille d’eau pour me rafraichir. Ça suffit amplement pour moi… » Rétorqua-t-il calmement
« Trempe au moins les pieds ! » Insista Aurore

Paul tourna la tête vers les Pokémons, comme pour avoir leur autorisation, et vit que la femelle venait de reporter son attention sur son bébé. Le mâle, lui, regarda sa dresseuse du coin de l’œil et jeta un autre regard au jeune homme, acceptant la décision d’Aurore, et finit par imiter sa compagne en fixant le nouveau-né. Il reporta son attention sur la coordinatrice qui lui sourit une nouvelle fois, avant de baisser le menton dans un râle significatif. C’est bon, elle avait gagnée…

Le dresseur se redressa difficilement et constata, dans un autre soupir, qu’Aurore s’approchait déjà de l’eau dans lequel son Pokémon fétiche flottait paisiblement. Ne pouvait-il pas être tranquillement un moment… ? Paul enfonça ses mains dans les poches de son caleçon de bain et s’approcha doucement du lac, ne se pressant pas le moins du monde, alors qu’un air accablé s’accrochait sur le visage. Il avait l’impression d’être un soumis, lorsqu’il était avec elle… Il s’arrêta net en rendant compte qu’en réalité : C’était vraiment un soumis et il faisait tout ce qu’elle disait. Merde, depuis quand était-il devenu comme cela…? Bon sang, il ne voulait pas être un petit toutou ! Hors de question d’être la propriété de cette fille !, s’énerva-t-il en serrant les dents.

« Qu’est-ce que tu fais ? » Questionna Aurore en le faisant redescendre sur terre avant de sourire malicieusement, « Tu as peur ? »
« Bien sûr que non ! » Rétorqua Paul en fronçant les sourcils, irrité

Le jeune homme s’approcha finalement de l’eau en réprimant un soupir. En fait, pour tout dire, il n’avait pas envie d’aller dans l’eau. Même s’il y avait les rayons du soleil qui tapaient, elle semblait vraiment froide et ne lui inspirait pas confiance, pensa-t-il en jugeant les vagues qui s’agitaient au gré du vent. Après avoir fermés les yeux, il plongea ses pieds dedans et grimaça explicitement en sentant un frisson le parcourir. Il avait vu juste : L’eau était vraiment froide. Glaciale, même.

« Alors ? Elle est bonne, non ? »

Paul la regarda, incompréhensif. Comment pouvait-elle nager dans cette température ? Pour un Pokémon Eau, c’était sûr qu’il était aux anges, mais pour un humain, c’était carrément insoutenable… ! Il fronça les sourcils et baissa la tête pour scruter l’eau qui lui montait jusqu’au mollets. Son dos se courba afin de lui permettre de récolter un peu d’eau au creux de sa main. Il se redressa et se massa la nuque en frissonnant, laissant couler les gouttes fraiches le long de son dos. Et cette impression de chaleur qui ne cessait de grimper… Il transpirait à vue d’œil, constata-t-il en sentant les différentes parties de son corps suinter.

Se sentant observé, le dresseur releva la tête et croisa les deux orbes de la coordinatrice qui venait de se stationner et qui brassait tranquillement les vagues autour d’elle. Son visage brûla légèrement tandis qu’il tentait de cacher ses rougissements, clairement embarrassé. Il ouvrit la bouche pour lui demander ce qu’elle avait à le fixer, mais Aurore fut plus rapide que lui.

« Je peux me permettre un commentaire ? »
« Lequel ? » Répondit-il, suspicieusement alors que sa gêne disparaissait petit à petit

En silence, il la vit baisser ses yeux sur son torse ainsi que ses bras avant de cligner des yeux pour poser son regard au loin. Pendant un instant, il crut voir les joues de la coordinatrice se colorés de rouges, mais les reflets du soleil l’aveuglèrent immédiatement, comme s’il ne devait pas savoir si sa supposition était vraie…

« Tu es un peu plus robuste que Sacha. » Déclara Aurore

Etonné de ce compliment qu’elle venait de faire, Paul sentit son cœur s’accélérer brusquement tandis qu’il serra la mâchoire. Merde, il était sûr que son visage était aussi rouge qu’une tomate. Voire même plus… En fait, il ne s’y attendait pas du tout, s’apprêtant à entendre une remarque débile ou candide, mais tout sauf cela. Pour le coup, il était très surpris. Certainement parce que c’était la première fois qu’on le complimentait. Bon, il y avait son frère, mais lorsqu’il le faisait, c’était toujours accompagné d’un petit rire moqueur. Alors qu’elle, elle avait dit cela sérieusement. Sans aucun sourire narquois ou autre geste pouvant trahir sa plaisanterie. Bon, elle ne l’avait pas regardée dans les yeux, mais ce qui comptait, c’était qu’elle avait dit ce qu’elle pensait… Et intérieurement, Paul souriait doucement, content que la coordinatrice fasse attention à lui.

Néanmoins, le jeune homme était toujours embarrassé par le silence qui s’était lourdement poser les épaules des deux jeunes et cacha sa gêne derrière un petit sourire moqueur. Il ferma les yeux, signe qu’une remarque cinglante n’allait pas tarder à arriver et recroisa à nouveau les deux orbes bleus d’Aurore.

« Normal : Même habillé, ce gars a l’air d’une mauviette. »
« Hé ! Ce n’est pas gentil, ça ! »
« Ose me dire que j’ai tords. » Continua-t-il en étirant fièrement son sourire taquin

Pour toute réponse, la coordinatrice souffla un semblant de rire et bredouilla quelques mots de protestation que Paul prit comme une approbation. Et il savait que pour une fois, il avait entièrement raison. Sacha semblait plus faiblard que lui, et il se félicita pour avoir passé des plusieurs heures à la salle de sport pour sculpter les muscles naissants qui épousaient ses bras ainsi que son torse sur lequel se dessinait quelques abdominaux. Un bruissement de vagues atteignit ses oreilles pour voir qu’Aurore s’était approchée de lui et lui tendait la main qui signifiait clairement qu’elle l’invitait à aller dans l’eau. Paul recula légèrement son dos et fit un pas en arrière.

« Allez… ! Ça va vraiment t’faire du bien… ! »
« Je n’ai pas du tout envie, Aurore… » Mentit Paul en baissant les yeux, ne supportant plus les deux orbes de cette dernière

Un long râle sortit de la gorge d’Aurore, ce qui revenait clairement à dire : « Tu es vraiment chiant… ! ». En réalité, même s’il voulait y aller pour se rafraichir, il ne pouvait tout simplement pas franchir le pas. Il saurait qu’Aurore essaierait de l’éclabousser pour capter son attention et le faire réagir, espérant ainsi créer une bataille d’eau où les rires et la joie s’en mêlaient. Et il n’arrivait pas à ce voir dans ce contexte-là. C’était trop mielleux à son gout, en fait… Il avait l’impression de ne pas mériter le bon temps qu’il pouvait passer. C’était comme si son subconscient l’en empêchait et le coulait sur place en lui susurrant qu’il n’avait pas le droit de s’amuser, qu’au plus profond de lui, il détestait ce genre de choses. Son regard caché derrière ses mèches de cheveux, Paul ouvrit la bouche pour s’excuser mais aucun mot n’en sortit lorsqu’il sentit le corps de la coordinatrice passer froidement à côté de lui, son pingouin fétiche sur les talons. Et voilà, maintenant qu’elle avait quitté l’eau, il regrettait sincèrement d’avoir refusé sa proposition…, constata-t-il en serrant les dents.

Paul se tourna de côté et fixa cette dernière se diriger vers sa serviette, d’un pas visiblement décidé. Il ne l’avait jamais remarqué mais maintenant qu’il l’observait plus longtemps, Aurore avait une peau assez blanche et des jambes étonnamment longues. Elle possédait une fine silhouette qui ne poussait pas dans l’excès comme toutes ces filles qui se faisaient vomir après avoir croquées dans une feuille de salade sous prétexte qu’elle allait grossir. Lorsqu’Aurore pivota sur elle-même, ses yeux glissèrent au niveau de ses formes, qu’il qualifiait de « juste bien » pour une fille comme elle, pensa-t-il en la voyant s’étaler de la crème solaire sur les bras. Bon, ce n’était pas un canon non plus, mais à cet instant, le jeune homme trouva que la coordinatrice était mignonne et qu’elle pouvait avoir du charme.

Il cligna des yeux en comprenant qu’il venait vraiment de la mater et détourna le regard, les joues rouges. Même si c’était discrètement, il l’avait quand même fait. Heureusement qu’elle avait les yeux rivés sur ses jambes pour s’appliquer de la crème, sinon, il n’oserait même pas imaginer comment elle réagirait si elle l’avait surpris en train de la reluquer… Constatant qu’il avait l’air idiot à rester debout au bord de l’eau, il lâcha un soupir résigné et rejoignit silencieusement la jeune fille. Ouais, cette après-midi promettait d’être longue…

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natsu dragneel


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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Mer 23 Avr - 22:32

super tes chapitres  Very Happy. J'adore ta façon de rapprocher aurore et paul que ce soient par le biais des disputes ou de la scène du lac.
Les deux hérissons sont très mignons. J'ai adoré aussi le moment où paul dit que reggie s'occupera du bébé, ça illustre bien sa rancune
le moment où ils disent qu'ils sont attirés l'un envers l'autre est juste splendide
bref vivement la suite  Very Happy 
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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Ven 25 Avr - 18:52

Merci beaucoup pour ton commentaire Natsu ! Very Happy
Vraiment, chapeau pour arriver à tout suivre... xD
Allez, suite de la scène du lac ! J'espère qu'elle te plaira ! ^_^

Chapitre 12 : « Qu’est-ce qu’il s’est réellement passé pour qu’on en soit arrivé là ? Pour que je me rende compte que je ne serais plus jamais le même ? » Oohfemmeluxieuse

Paul pesta intérieurement en sentant l’herbe ainsi que la terre se coller sous ses pieds. C’est pour cette raison qu’il n’aimait pas aller dans l’eau ! Tout collait à la plante de ses pieds et c’était vraiment désagréable ! Il atteignit enfin sa serviette dans une plainte silencieuse et s’accroupit pour fouiller dans son sac à dos. Il en sortit une bouteille d’eau, posa ses fesses sur son tapis de plage, en tailleur, et ouvrit le bouchon pour en boire quelques gorgées. Heureusement, l’eau était restée très fraiche, ce qui lui permettait de satisfaire pleinement sa soif. Cependant, il ne pouvait pas s’arrêter de boire, comme si un trou avait remplacé son estomac. Une fois repus, le jeune homme soupira grassement d’aise en ôtant ses lèvres, les paupières closes, avant de sentir qu’on l’observait. Il re-ouvrit les yeux, referma sa bouteille, et reporta son attention sur les deux orbes bleus braqués sur lui. Ce dernier tiqua en sentant son cœur rater un battement et fronça légèrement les sourcils.

«  Qu-Quoi… ? » Réussit-il à demander, embarrassé
«  Mets-moi de la crème dans le dos. » Rétorqua-t-elle, l’air sérieux

Le jeune homme cligna des yeux dans un petit « Hein ? » tandis qu’il assimilait lentement ce qu’elle venait de dire. Qu’il étale de la crème solaire dans son dos… ? Il tiqua en pinçant les lèvres, le cœur battant, et plissa le front.

«  Hors de question ! Débrouille-toi toute seule ! » Refusa-t-il en rougissant furieusement

Et puis quoi encore ? Qu’est-ce que c’était que cette idée ? En plus, elle venait de carrément lui donner un ordre, là ! Mais qu’est-ce qu’elle croyait ? Qu’il allait accepter bien gentiment avec un petit sourire ? Elle était folle… ! Pas question de céder à sa requête ! S’il le faisait, il allait vraiment péter un câble, et il ne s’en remettrait sans doute pas. Qui sait ce qu’il pourrait dire sous le coup de l’impulsion…? Non, non, c’était impensable. Elle voulait vraiment sa mort, en fait…, pensa-t-il en essayant de se calmer intérieurement.

«  Mais je ne veux pas avoir de coup de soleil, moi… ! »
«  T-Tu n’as qu’à pas te faire bronzer le dos, et puis voilà… ! » Rétorqua le dresseur, clairement embarrassé
«  En plus… C’est la seule partie de mon corps que je ne peux pas atteindre… » Insista-t-elle d’un air qui se voulait neutre

Paul se tendit, les lèvres toujours pincées, tandis qu’une goutte de sueur traçait son chemin le long de sa tempe. Pourquoi ne lâchait-elle pas l’affaire ? Il pouvait lui demander ce qu’elle voulait, mais là, c’était beaucoup trop. Son cœur ne le supporterait pas. Le jeune homme retenu sa respiration en voyant le regard presque suppliant de la coordinatrice. Après l’avoir scruté un instant, il baissa la tête dans un soupir gras, résigné. Elle avait vraiment l’art et la manière de forcer les gens…

«  C’est la première et dernière fois que je fais ça. Compris ? » Imposa-t-il durement en fronçant les sourcils

Aurore hocha la tête dans un sourire amusée, signe qu’elle approuvait la condition du dresseur, et lui tendit le tube de crème qu’il regarda avec méfiance avant de le prendre d’un geste peu assuré. Ensuite, sous le regard médusé du jeune homme, la coordinatrice se redressa pour venir s’assoir en tailleur sur sa serviette, dos à lui.

Paul baissa les yeux sur le tube qui résidait tranquillement dans sa main. Il avait du mal à croire ce qu’il s’apprêtait à faire… Tout ce qu’il espérait, c’était qu’aucune des connaissances de Reggie ne se trouvait dans les parages. Il était sûr que si cette personne le voyait en train d’étaler de la crème solaire dans le dos de la coordinatrice, cette dernière préviendrait tout de suite son grand frère, et cela serait la fin pour lui…, soupira-t-il en priant intérieurement.

«  Tu es sûre ? » Demanda le dresseur en relevant le menton
«  Tu ne veux quand même pas que je demande aux pervers de toute à l’heure, si ? » Répliqua Aurore

Elle marquait un point… Effectivement et même si cela ne l’enchantait guère, il préférait nettement que cela soit lui plutôt que ses vicieux dégoutants… Paul cligna subitement des yeux en comprenant l’information qu’elle venait de sous-entendre. Elle aussi avait remarqué le groupe de personnes âgées qui l’avait reluquée ? Il croyait qu’elle n’avait rien vue, trop concentrée à chercher un endroit pour se poser… Après tout, ce genre d’individus se repérait facilement. Le jeune homme ferma un instant ses paupières pour ensuite tourner sa tête vers les hérissons. Les deux adultes l’observaient attentivement, comme s’ils s’intéressaient aux gestes qu’il allait faire. Il fronça les sourcils et les dévisagea ouvertement, comme pour leur dire « Ne me regardez pas comme ça, c’est elle qui veux ! Je n’ai rien demandé moi ! ».

«  S’il te plait, Paul… Je commence déjà à brûler… » Implora calmement la coordinatrice en le sortant de son échange silencieux avec les animaux

Une autre œillade en direction des deux Types Feu signifiant un « Vous voyez ? » suffirent aux Pokémons pour comprendre le message et reporter leurs attentions sur le nouveau-né qui se réveillait, la bouche grandement ouverte. Paul soupira ouvertement, ouvrit le bouchon du tube pour en verser le contenu sur ses doigts, et releva la tête pour fixer le dos pâle de la jeune fille. Il déglutit en silence et approcha doucement sa main, comme s’il avait peur de la toucher.

La coordinatrice lui dit d’attendre, se pencha à quatre pattes afin d’attraper son sac et en sortit une pince pour s’attacher rapidement les cheveux. Seules quelques mèches tombaient sur sa nuque mais cela n’était pas du tout dérangeant pour y appliquer le produit. Elle se replaça correctement devant lui pour finalement le prévenir que c’était bon et que comme cela, il serait tranquille pour lui mettre de la crème.

Le jeune homme acquiesça dans un hochement de tête et réduisit l’espace entre sa main et son dos. Il la sentit frissonner à son contact, ce à quoi elle justifia d’une voix neutre que c’était à cause du produit froid, avant d’allonger délicatement la crème le long de sa colonne, les lèvres pincées. Elle aussi était tendue, et même si elle faisait tout pour ne pas le montrer, il sentait que par moment, elle tiquait dans un faible spasme. Paul remplit sa paume une seconde fois et étala la crème sur ses reins avant de remonter doucement au niveau des lombaires, le cœur battant. Bon sang, pourquoi elle lui avait demandé une chose pareil ? Il n’y avait qu’elle pour demander ce genre de services !

«  Ça va, tu y arrives ? » Demanda Aurore en regardant au-dessus de son épaule
«  Tu m’as pris pour un idiot, ou quoi ? Je sais quand même mettre de la crème solaire… ! » Rétorqua Paul, irrité

Le dresseur fronça les sourcils. Si elle le prenait pour un incapable, pourquoi elle lui avait demandée ? Et puis, il fallait qu’elle arrête de lui donner des ordres ! Il n’était pas un chien, quand même ! Il avait hâte de terminer pour ne plus sentir la douceur de sa peau. Parce que oui, la coordinatrice avait la peau étonnamment douce et il se surprenait même à apprécier ce contact, pensa-t-il en étirant légèrement ses lèvres tandis que ses pommettes prenaient un teint écarlate.

Il prit à nouveau du produit et l’appliqua sur ses omoplates ainsi que ses épaules en prenant soin que la crème rentre bien dans sa peau. Et puis, il faisait attention de ne pas faire de gestes brusques. Il avait toujours peur de lui faire mal, ou quoi que ce soit. Elle lui piquerait une crise sinon… C’était même certain…  Les mèches d’Aurore lui chatouillèrent le dos des mains alors qu’il remarquait que cette dernière venait de pencher la tête en arrière, profitant visiblement que les doigts du dresseur soit sur ses épaules.  

«  On dirait un massage… » Déclara-t-elle dans un petit sourire amusé

Paul sursauta et retira immédiatement ses mains, les joues rouges, tandis que son rythme cardiaque s’accélérait. Elle était folle de dire  cela ! C’était ce qu’elle cherchait depuis le début ? Non, impossible. Ce n’était pas son genre. Enfin, quoi que… Échafauder des stratagèmes pour être avec lui, elle savait le faire, alors elle pouvait très bien lui avoir demandé de lui passer de la crème dans le dos uniquement pour profiter d’un massage…

Le dresseur vit le corps de la coordinatrice se tourner de moitié pour le regarder d’un air interrogateur, lui demandant silencieusement pourquoi il s’était arrêté. Ce dernier pinça les lèvres et, après s’être reprit mentalement, fronça les sourcils.

«  T-Tu dis ça comme ça ! » Lâcha-t-il embarrassé, « Et puis, ne vas pas t’imaginer que je suis en train de t’en faire un… ! »
«  Je plaisantais… ! » Répondit Aurore en laissant un petit rire s’enfuir de sa bouche, « Je savais bien que tu ne me faisais pas de massage. »

Le jeune homme serra les dents et détourna le regard, le visage rose. Et en plus, elle se moquait de lui… ! Cette idée ne lui avait pas traversé l’esprit, en fait. A aucun moment, Paul ne s’était dit qu’il allait lui faire un massage. Pour lui, il lui mettait simplement de la crème dans le dos, et basta. Si elle avait pensé à cela, qu’est-ce qu’elle avait pu penser avant…? D’ailleurs, était-il sûr de lui avoir bien mis de la crème ou pas ? Est-ce qu’il avait répondu ses attentes, ou au contraire, l’avait-il déçue ?

Fermant les yeux dans un soupir intérieur, le dresseur décida de ne plus se poser de questions, qui de toute façon, étaient toutes plus ridicules que les autres, et croisa une énième fois le regard d’Aurore.

«  Je n’ai plus de crème dans le dos ? C’est bon ? » Questionna-t-elle en lui tournant le dos
«  Non, c’est bon. »
«  Merci. » Sourit-elle en reprenant le tube de crème solaire, « A ton tour, maintenant. »

Hein ? Qu’est-ce qu’elle venait de dire, là ? Il avait mal compris… Son tour ?, répéta-t-il intérieurement en fronçant les sourcils. Qu’Aurore lui mette de la crème dans le dos ? C’était cela qu’elle voulait dire ? Non, alors là, c’était carrément et définitivement foutu. Il allait faire une crise cardiaque si elle faisait cela. Qu’est-ce qu’elle avait aujourd’hui ? Ce matin, elle était aussi timide qu’une petite gamine, et là, c’était tout le contraire ! A croire qu’elle faisait tout pour se rapprocher de lui… ! Et puis, c’était son problème s’il attrapait des coups de soleils ! Même s’il le regretterait amèrement en allant se coucher ce soir, au moins, il n’aurait pas refusé pour rien ! Il avait été gentil et avait accepté de le faire pour elle, ce qui était déjà beaucoup étant donné qu’il avait clairement prit sur lui pour ne pas remballer ses affaires et partir le plus loin possible de la coordinatrice. Mais que cela soit son tour, alors là, c’était du suicide.

Les sourcils froncés, les traits tendus, Paul défia Aurore du regard avant de voir qu’une petite moue venait de se former le visage de cette dernière.

«  Tu ne veux pas ? »
«  Bien sûr que non ! » Rétorqua-t-il directement en haussant la voix

Est-ce qu’elle était consciente de ce qu’elle demandait, au moins ? De la façon dont elle l’implorait, on dirait que ce n’était qu’une vulgaire et simple chose… ! Alors que c’était clairement tout le contraire… ! Malgré que ses pommettes soient rouges, le jeune homme plissa les yeux et croisa les bras, comme pour lui montrer qu’il campait sur sa décision et qu’il ne céderait pas à sa requête.

«  Mais tu vas attraper de sérieux coups de soleil. Tu pourrais même attraper le cancer de la peau, tu sais… »

Une goutte de sueur traça son chemin le long de sa mâchoire tandis que d’autres perlaient son front ainsi que son torse. Le dresseur scruta un point dans le vide et tiqua brièvement mais resta tout de même impassible devant les dires de la coordinatrice. Tant pis. Même s’il devait attraper cette maladie, il préférait voir sa durée de vie écourtée, plutôt que de subir la torture que lui infligerait Aurore. Ce n’était peut-être que quelques minutes de patience, mais c’était beaucoup plus difficile à supporter psychologiquement que physiquement. Il en était persuadé. La voix de la coordinatrice retentit dans un autre argument.

«  Et crois-moi, ce n’est pas très beau à voir… » Continua Aurore sur sa lancée

Paul déglutit silencieusement et tourna la tête vers les hérissons. Quand il pense qu’eux pouvaient rester des heures entières sous ce soleil brulant et qu’ils n’auront rien du tout après, cela le dégoutait vraiment… C’était décidé ; quand il serait mort, il se réincarnerait en Pokémon Feu, irait dans les montagnes, et se mettrait en hibernation au fond d’une grotte lugubre pour qu’aucun dresseur ne l’attrape. Oui, cela semblait un bon plan…

Mais à l’heure actuelle, il commençait sincèrement à hésiter. Choper ce genre de maladie valait-il vraiment le coup, juste parce qu’il refusait qu’elle lui mette de la crème solaire ? Après tout, ce n’était peut-être qu’un mauvais moment à passer… ? , éluda-t-il en fermant les yeux. Le jeune homme plissa le front en entendant à nouveau la voix d’Aurore qui le pressait dans sa réflexion.

«  Alors ? Tu optes pour un corps rongé par le crabe ? Ou tu préfères avoir un corps tout ce qu’il y a de plus normal ? »

Cela ne lui viendrait pas à l’idée de voir qu’il avait besoin de temps pour réfléchir ? Après l’avoir fait douter, voilà qu’elle l’obligeait à donner une réponse au plus vite…! Paul remarqua que la coordinatrice posa le tube de crème pour attraper sa bouteille d’eau et en boire une longue gorgée. Elle referma la bouteille, essuya son front où suintait quelques gouttes de sueur, et leva la tête vers le jeune homme, qui détourna immédiatement le regard, gêné. Paul sentait parfaitement son regard interrogateur qui était plus insistant qu’une question à voix haute. Alors, après avoir pincé les lèves et fermé durement les paupières, sa réponse définitive sortie du fond de sa gorge dans une voix peu assurée.

«  Un corps… Un corps tout ce qu’il y a de plus normal… »

Le jeune homme réprima un soupir en voyant un léger sourire trancher le visage d’Aurore avant qu’elle ne lui donne quelques directives. La coordinatrice se redressa donc difficilement et permis à Paul de prendre sa place tandis qu’elle s’assied derrière lui, le tube de crème à la main. Embarrassé, il essuya son menton et maudit le soleil de leurs imposer cette chaleur accablante. Qu’est-ce qu’il avait fait pour mériter tout cela, franchement… ?

Aurore l’informa que le produit était froid et qu’il allait probablement frissonner, mais son avertissement ne servit à rien puisque Paul se tendit immédiatement alors que ledit frémissement lui parcourra la colonne vertébrale. Il détourna le regard, les joues écarlates. Mais ce qu’il sentait surtout, c’était les doigts de la coordinatrice. Certes, ces derniers glissaient aisément, mais il perçut tout de même la gêne qui se transmettait jusque dans ses mouvements. Paul compatissait : Il avait été dans la même situation il y a cinq minutes.

Une fois qu’il fût habitué au contact de la jeune fille, le jeune homme baissa la tête et serra la mâchoire. Elle venait de lui remettre de la crème et l’étalait doucement au niveau de ses omoplates, faisant une fois de plus frémir ce dernier. Il réprima un soupir et ferma les yeux. Malgré certains mouvements peu assuré, ces gestes étaient empreints d’une seule intention qu’il redécouvrait ; La douceur. Au fond, Paul l’avait toujours un peu su. Elle savait vraiment être douce quand elle en avait l’occasion. La voix d’Aurore le sortit subitement de ses pensées dans une question qui ne cessera jamais de le troubler.

«  Ç-Ça va ? » Demanda-t-elle dans une pointe d’embarras

Le dresseur hocha la tête et marmonna un semblant de réponse positive alors qu’elle remontait au niveau de ses épaules. En réalité, il n’allait pas bien du tout. Il avait l’impression que son cœur allait imploser d’une seconde à l’autre. Son visage chauffait dangereusement, et pour clore le tout, il commençait à avoir la tête qui tourne. Non, cela n’allait vraiment pas. C’était extrêmement gênant. D’autant plus que les doigts de la coordinatrice le chatouillaient à chaque fois qu’il n’y avait plus de crème, lui procurant des sensations qui, il était obligé de le dire, l’excitait. Après tout, c’était un mec ; être avec la fille qu’il appréciait beaucoup, en maillot de bain et qui, de surcroît, lui étalait de la crème solaire dans le dos, ne l’avantageait pas du tout. Il ne pouvait pas être autant gêné que dans cette situation…

Si Reggie le voyait, cela serait la cerise sur le gâteau ; fini les moments paisibles. Paul aurait H24 son grand frère sur le dos. Rah, il en était sûr : Le coup de la crème solaire était vraiment un plan foireux… ! Foutue infirmière ! Limite, il se demandait si cette auxiliaire de soin n’était pas de mèche avec Reggie… ! A cause de son ainé, le jeune homme se méfiait de tout, maintenant... Pourtant, il n'avait jamais été aussi prévenant, avant...

«  Maudite température… » Râla Paul en essuyant la sueur qui perlait son front à l’aide de son bras.

Aurore le rassura en argumentant sur le fait qu’ils seraient bientôt dans l’eau pour soulager leurs bouffées de chaleurs, ce à quoi le jeune homme acquiesça en silence. Même s’il ne le montrait pas ouvertement, il avait hâte qu’elle termine pour qu’il s’éloigne au plus vite et par la même occasion, que cette foutue gêne puisse partir en même temps que son futur plongeon. La coordinatrice décolla ses mains de sa peau pour remettre de la crème et l’appliqua sur ses lombaires.

Elle effleura sa peau avec son ongle et s’en fût trop pour Paul qui se redressa brusquement, le cœur battant. Il lui fit face, lâcha un « Arrête de me toucher ! », et fronça les sourcils devant l’air interrogateur de la coordinatrice.

«  Ah, je t’ai griffé ? Désolé, je n’ai pas fait exprès… »

Les traits tirés du dresseur s’adoucirent suite à la phrase de cette dernière. Le jeune homme détourna les yeux en sentant tout le sang qu’il avait dans le corps s’agglutiner au niveau de son visage. Ce n’était pas vraiment cela. Il ne supportait plus qu’elle le touche. Déjà que les contacts normaux ne le ravissait pas, alors lorsqu’ils étaient en maillots de bain, c’était devenu une catastrophe. En fait, il fallait qu’il craque à un moment ou à un autre. C’était obligé, même. Et puis sincèrement, qui ne serait pas gêné par cette situation ? Il se concentra au maximum pour ne pas rencontrer les deux orbes de la coordinatrice et serra la mâchoire.

«  C-Ce n’est pas ça. » Bredouilla Paul, « C’est juste que… C’est gênant, c’est tout ! » Admit-il en rougissant furieusement
«  Tu ne crois pas que c’est aussi gênant pour moi ? » Rétorqua fermement Aurore qui venait de froncer les sourcils, les joues roses

Il fallait dire que non, puisqu’elle semblait à l’aise…! Elle n’était pas si gênée que cela, et maintenant, elle disait exactement le contraire ? A quoi elle jouait, à la fin… ? Pourquoi n’était-elle pas cohérente ? Son langage corporel trahissait ses paroles et il ne put s’empêcher de sentit la colère reprendre petit à petit le dessus. Paul serra les dents tandis qu’une excuse germait dans sa tête. Il ferma alors ses mains en deux poings qu’il serra durement, comme pour contenir son irritation.

«  Bien sûr que non ! C’est toi qui t’es proposée ! Et puis tu as sans doute déjà fait ça avec l’autre débile et  le grand guignol ! Alors ne viens pas me dire que cela te gêne de le faire sur quelqu’un d’autre ! »
«  Je n’allais pas te laisser cramer au soleil sans t’aider ! Et puis Sacha et Pierre, ce n’est pas pareil ! »
«  Peu importe ! J’en ai ma claque : Je rentre ! » Déclara-t-il en ramassant ses vêtements et sa serviette de plage afin de les caler sous son bras, « Allez se baigner, c’était vraiment une idée de merde… ! » Finit-il en jetant son sac sur l’épaule
«  Quand est-ce que tu arrêteras de me fuir ? » Demanda fermement Aurore

Paul s’arrêta net, les pieds encore dans l’herbe, le regard planté sur l’ombre d’un arbre, et pinça ses lèvres. Il avait l’impression d’entendre Reggie avec ses remontrances… Sa question montrait qu’elle était moins bête qu’elle le prétendait. Elle savait parfaitement voir les choses  même si elle faisait semblant de ne pas les remarquer. Mais s’il fuyait, c’était parce que… ! Parce qu’il avait peur. Oui, c’était cela. Le futur l’effrayait et il ne savait pas où il tomberait s’il continuait de passer des moments avec la coordinatrice. Ses sentiments étaient de plus en plus forts, et il avait clairement dû mal à les dissimuler. Alors oui, il préférait nettement être un lâche et la fuir, plutôt que d’admettre qu’il se sentait bien avec elle.

«  Et puis, tu as encore de la crème dans le dos… » Plaça la coordinatrice sur un ton neutre

Le dresseur tiqua dans un clignement d’yeux, ôta machinalement son sac de voyage et tenta de regarder où se trouvait les traces blanches en espérant qu’il pourrait les atteindre facilement sans se contorsionner dans tous les sens. Comme par hasard, elles étaient hors de portée… Il était vraiment maudit, soupira-t-il. Du coin de l’œil, il vit Aurore se redresser et s’approcher doucement de lui alors qu’une goutte de sueur roula le long de sa tempe.

«  Qu’est-ce que tu-… ! »

Paul se tendit immédiatement en sentant la fine main de cette dernière se poser sur sa peau alors qu’elle lui effaçait ce qu’il avait dans le dos. Pour calmer les battements un peu trop rapide de son cœur, il resserra sa prise sur l’anse de son sac et scruta le visage concentrée de la jeune fille. Si elle continuait, il ne pourrait plus se retenir très longtemps et il risquerait de faire une erreur qu’il regretterait ensuite. Mais heureusement, et à son plus grand soulagement, une voix les interpella, obligeant la coordinatrice à retirer sa main, comme prit sur le fait.

«  Aurore ! »

Les deux jeunes tournèrent la tête vers la voix féminine qui venait de se faire entendre. Paul tiqua en reconnaissant l’amie de la coordinatrice. Celle qu’il avait vue avant de se mettre à poursuivre Aurore dans toute la ville… Elle portait un débardeur orange ainsi qu’un short en jean simple qui laissait découvrir ses jambes. Alors qu’elle se rapprochait d’eux, la rousse ôta ses éternelles lunettes de soleil pour les poser sur le haut de sa tête.

«  Zoé… » Lâcha discrètement Aurore
«  J’ai failli te passer devant sans te dire bonjour ! Comment tu vas ? »

Ah oui, c’est vrai qu’elle s’appelait Zoé… Alors que la coordinatrice lui répondait vaguement, Paul croisa les deux orbes rouges de l’arrivante et tiqua intérieurement. Qu’est-ce qu’elle avait à le dévisager comme cela ? Le visage de la rousse s’était complétement assombrit lorsqu’elle l’avait remarquée, comme s’il était un intrus qu’il fallait expulser au plus vite. Les yeux de cette dernière se posèrent d’un air las sur Aurore, tandis que son poignet se plaça sur sa hanche. A sa posture, le dresseur avait bien comprit que sa prochaine remarque n’allait pas plaire. Et il avait raison.

«  Je t’avais pourtant déconseillé de rester auprès de lui. »

Et sa phrase fit mouche puisque les deux jeunes sursautèrent brièvement. Il ne pensait pas que sa remarque serait aussi négative. Et puis, elle venait voir Aurore uniquement pour lui dire cela…? Qu’est-ce que c’était que cette soi-disant amie…? se demanda Paul en resserrant discrètement son bras autour de ses vêtements. Il jeta une œillade discrète sur sa droite pour voir que la coordinatrice avait baissé la tête, les lèvres pincées.

«  J’ai beau le regarder autant que je veux, je ne vois vraiment pas ce que tu lui trouves… » Continua Zoé avant de tourner la tête vers Aurore, « En plus, tu te montres en maillot de bain devant lui. Tu n’as pas peur ? »

Paul vit qu’elle comprit immédiatement le sous-entendu et remarqua que les joues de la concernée devenaient écarlates. Elle s’était certainement imaginer ce qu’il se serait passé si le jeune homme était vraiment comme son amie le prétendait. Mais pourquoi la rousse était-elle aussi offensive envers lui ? Qu’est-ce qu’elle essayait de faire avouer à Aurore ? Qu’est-ce qu’elle cherchait à faire en la poussant de cette façon ?

«  C-Ce n’est pas ce genre de type ! » Tenta-t-elle de se défendre
«  Tu crois ? »

Le dresseur ne put s’empêcher d’être irrité face au comportement de Zoé. Elle voulait vraiment qu’Aurore avoue qu’il n’était pas quelqu'un de bien ? Etait-ce parce que la rousse se sentait mise de côté et que son amie privilégie le jeune homme à elle ? Pourtant, il ne sentait pas de jalousie dans les paroles de cette dernière. C’était bizarre… Un autre coup d’œil à Aurore lui suffit pour voir qu’elle clignait des yeux, semblant reprendre le dessus sur son embarras, avant de voir ses sourcils se froncer brièvement.

«  Je le sais, c’est tout ! » Affirma-t-elle

Paul tiqua alors en se souvenant d’une lointaine conversation où la coordinatrice soutenait dur comme fer qu’il était quelqu’un de bien, devant un distributeur de boisson… Zoé baissa la tête et décolla sa main de sa hanche pour la laisser tomber dans le vide, non sans un bref soupir, comme si elle était résignée. Mais elle n’avait pas lâchée l’affaire pour autant et releva le menton en regardant la jeune fille droit dans les yeux. Aurore, quant à elle, la fixait d’un air neutre, comme si ses dires rentraient dans une oreille et sortaient par l’autre.

«  Pourquoi tu ne veux pas reconnaitre la vérité en face… ? »
«  De nous deux, ça j’me le demande… » Sourit la coordinatrice sur un ton calme

Étonnamment, Aurore restait posée. D’habitude, elle se serait énervée et aurait montée en flèche, mais c’était tout le contraire. Comme si elle ne voulait pas attirer tous les regards sur eux. Cela se comprenait et dans un sens, il la remerciait mentalement. Cependant, ce qui était le plus étrange, c’était qu’il avait bien senti la tension monter d’un cran entre les deux coordinatrices. Mais d’un autre point de vue, c’était vraiment gênant : On dirait qu’elles se disputaient pour lui… Comme ce genre de dispute ridicule où les deux filles se battaient pour savoir qui gagnerait l’amour du garçon. C’était désespérant, soupira Paul.

Le rose aux joues, le dresseur ne put s’empêcher de penser que, si c’était vraiment une dispute de ce genre-là, il aimerait qu’Aurore remporte la victoire… Mais cela n’arrivera sans doute jamais et vu l’animosité dont la rousse faisait preuve envers lui, cela l’étonnerait fortement que cette fille ait des sentiments pour lui. Elle ne lui avait parlé qu’une seule fois, et encore, c’était pour le réprimander d’avoir mal parler à Sacha. Alors si cette fille était vraiment jalouse de son amie parce qu’Aurore consacrait plus de temps au jeune homme qu’à elle, il trouverait cela franchement pitoyable.

«  Tu sais… » Commença Aurore en baissant légèrement la tête, un fin sourire sur les lèvres, « Avec le temps,  j’ai appris que ce n’était pas un mauvais gars. Et même, qu’il comptait pour moi. »
«  Qu’il comptait ? » Répéta Zoé en arquant un sourcil, « Comme un ami, tu veux dire… ? »

Le cœur de Paul se gonfla d’une soudaine chaleur alors qu’il écarquilla légèrement les yeux, surpris des aveux que la coordinatrice venait de faire. Enfin, ce n’était pas vraiment le fait qu’elle l’avoue puisqu’elle lui avait déjà dit, mais le fait qu’elle le dise si franchement devant la rousse. Même si il avait clairement vu ses joues prendre un teint rosée, il n’y avait pas eu une once d’hésitation dans ses paroles. S’il avait été à sa place, il n’aurait jamais avoué quelque chose d’aussi embarrassant. Certainement parce qu’il savait très bien qu’il ressentait des sentiments pour elle, éluda-t-il.  Mais maintenant, ce qu’il attendait, tout comme Zoé, c’était la réponse que cette dernière allait fournir.

«  En quelque sorte… » Répondit évasivement Aurore en regardant ailleurs

Le jeune homme la regarda un instant. C’est vrai qu’elle devait encore réfléchir à ce qu’il était pour elle, mais il suppose que la coordinatrice venait de répondre cela pour ne pas entrer dans les détails. Après tout, elle n’avait pas à tout savoir… Et puis, personnellement, il pensait qu’Aurore faisait ce qu’elle voulait. Mais cet avis, il ne le dira jamais. Il préférait éviter les dires de la rousse et ne pas faire d’histoires. C’était ce qu’il faisait avec tout le monde, de toute façon. Il les ignorait pour ne qu’ils ne soient pas dans ses pattes… Ses pensées fut de courtes durées puisque Zoé soupira pour relancer la conversation.

«  Tu sembles l’avoir oubliée, mais je te l’avais déjà dit la dernière fois, Aurore : C’est le rival de Sacha. Et puis, tu m’avais même dit qu’il avait déprimé à cause d’un match contre ce type, lorsque vous étiez encore à Frimapic. »

Paul tiqua et les observa, songeur. Sacha avait déprimé après leur match au Lac Savoir ? De toute manière, le dresseur du Bourg-Palette avait toujours été sensible. Alors qu’il ait le moral à zéro après une autre défaite contre lui, cela ne l’étonnait guère plus, pensa-t-il en fermant les yeux. Quand il l’imaginait isolé avec sa casquette de baisser sur les yeux, il ne pouvait s’empêcher de sourire fièrement en voyant qu’il appréciait toujours autant que les autres lui soient inférieurs.  En entendant la voix de la coordinatrice, il re-ouvrit les paupières et retira son fin sourire.

«  Tu as raison. » Confirma Aurore, « Mais les matchs non rien à voir. Là, on parle en tant que personne, pas dresseur Pokémon. »
«  Dresseur Pokémon, personne, c’est du pareil au même. Les deux se rejoignent sur un même point : C’est tout sauf quelqu’un de bien. »

Le moins qu’il pouvait dire, c’était que la rousse ne lâchait pas l’affaire. Pourquoi était-elle autant obstinée ? Il commençait vraiment à penser que cette histoire de jalousie possessive soit vraie…

«  Tu pourras dire n’importe quels arguments, je continuerais quand même de le fréquenter. Parce que tu ne le connais pas comme moi je le connais. Et puis, à ce que je sache, j’ai le droit de parler à qui je veux. »

Le dos droit, le dresseur serra les dents et plissa les yeux pour refreiner le flot d’émotions qui venaient de brutalement l’envahir. Son cœur continuait de gonfler et il allait exploser si elle ne s’arrêtait pas de dire toutes ces choses. S’il pouvait s’enfuir loin d’elle et de la rousse pour pouvoir serrer son torse à l’endroit où se trouvait son organe vital, il le ferait sans hésiter. Parce que son cœur le piquait comme si des aiguilles le transperçaient. Paul sursauta et cligna des yeux en rencontrant les deux orbes bleus de la coordinatrice avant de voir qu’elle fermait les paupières dans une mine visiblement réjouie malgré ses pommettes roses.

«  N’est-ce pas ? »

Le jeune homme détourna pudiquement le regard et pinça les lèvres, les joues rouges, silencieux. Comment pouvait-elle lui demander son avis alors qu’il était au bord de le l’explosion… ? Et puis, elle était folle de le regarder après avoir dit tous ces arguments…! S’il n’avait pas un minimum de conscience, il se serait évanoui ou du moins, il aurait d’abord fui. La voix de Zoé retentit et permit à Paul de ne pas répondre à la question d’Aurore pour enfin tourner la tête vers la rousse.

«  Tu veux peut-être rester avec lui, mais ce n’est pas vraiment son cas. Ça se voit qu’il s’en fiche de toi, regarde ; il allait partir. » Fit-elle remarquer
«  Désolé de te décevoir mais je reste. » Riposta le dresseur une fois qu’elle avait fini sa phrase

C’était la première depuis cinq minutes qu’il ouvrait la bouche et les deux coordinatrices furent surprises. Paul afficha un air impassible malgré qu’il fut, lui aussi, choqué de ses propres paroles. C’était sorti tout seul, à vrai dire… Mais s’il restait, c’était uniquement pour emmerder la rousse. Depuis quand devait-on prendre les décisions pour lui ? Hors de question de se faire commander par la soi-disant amie d’Aurore. Alors quitte à paraitre pour le chiant de service, sa décision était prise. Et puis, dans un autre sens, il ne voulait pas lui donner raison, même si auparavant, il avait vraiment eu l’intention de se casser, admit-il dans une piteuse moue intérieure.

«  J’étais pourtant certaine que tu allais t’en aller, vu la façon dont tu te tenais… »
«  Qui sait ? » Rétorqua-t-il en étira un petit sourire moqueur

Après avoir fermé les yeux, Zoé se distança d’eux et s’apprêta à partir avant de s’arrêter, les tongues encore dans l’herbe. Elle commença une phrase en lâchant un « Crois-moi… », tourna son buste de moitié et sonda paresseusement les deux jeunes d’un regard neutre. Après quelques secondes de silence, la suite de sa phrase atteignit les oreilles du dresseur ainsi que ceux de la coordinatrice.

«  Tu ne prends pas le bon chemin en restant en lui… »

Sa phrase resta en suspens alors qu’elle remit ses lunettes de soleil devant ses yeux. Ses pas crissèrent ensuite contre les graviers et la tête rousse s’éloigna petit à petit. Qu’est-ce que ses paroles sont censées vouloir dire ? Qu’Aurore finirait par mal tourner si elle continuait de le fréquenter ? Elle n’avait pas dit les choses clairement et cela l’irritait profondément. Dans un bref soupir, il décida de laisser tomber cette question en se disant que cela ne servait à rien de se torturer l’esprit pour une simple histoire de jalousie possessive.
Maintenant que Zoé était partie, Paul était vraiment gêné. D’accord, il avait dit qu’il restait ici, avec la coordinatrice, mais ce n’était pas le tout de le dire, il fallait qu’il le fasse, aussi… Et puis, quelque chose d’autre le tracassait ; pourquoi Aurore l’avait-elle défendue ? Contre son amie, en plus… ! Elle aurait très bien pu obéir à la rousse, alors pourquoi ne l’avait-elle pas fait ? Il prit un air contrarié et fronça les sourcils.

«  Je pouvais très bien me défendre seul. » Déclara-t-il calmement
«  Tu ne lui aurais jamais répondu et aurais fait comme si tu n'avais rien entendu… Je commence à te connaitre, maintenant. » Répondit-elle sur le même ton

Le dresseur marmonna quelque chose d’incompréhensible, comme s’il venait renchérir la conversation, et finit par soupirer ouvertement en passant à côté de la coordinatrice. Il posa ses affaires sur l’herbe, étendit une seconde fois sa serviette de plage à côté de celle de la coordinatrice et se baissa difficilement pour s’assoir dessus, les bras croisées sur ses genoux. Se sentant observé, Paul releva la tête à droite et vit que la coordinatrice le fixait, les mains jointes le long de son dos et lui demandait silencieusement ce qu’il faisait. Il reporta son attention sur le lac avant de sentir ses joues s’enflammer, mal à l’aise.

«  J’ai dit que je restais, non… ? » Grogna-t-il en se justifiant

Le jeune homme cligna des yeux et détourna le regard lorsque deux jambes passèrent devant sa vue. Du coin de l’œil, il remarqua qu’Aurore ne se mettait pas pour autant assise à son tour et préférait aller caresser son Pokémon Feu. Il réprima un autre soupir et se concentra sur les vagues qui partaient et revenaient sur le bord du lac. La question de tout à l’heure continuait à l’embêter et il se demandait franchement pourquoi Aurore l’avait protégé des remarques de son amie. Si elle l’avait ignorée comme lui, cela aurait tout aussi bien. Mais elle n’était pas comme lui, elle n’aimait pas fuir devant les problèmes et elle préférait confronter les autres avec la dure réalité. Pourtant, elle avait insisté sur le fait que la rousse pouvait dire ce qu’elle voulait, elle resterait quand même avec lui, cela devrait être une réponse suffisante mais cela ne le satisfaisait pas vraiment.

Des pas se firent entendre, l’obligeant cette fois à tourner la tête de l’autre côté pour voir qu’Aurore se tenait à côté de lui et le jaugeait de sa hauteur.

«  Tu n’as pas l’air bien, Paul… » Remarqua la coordinatrice sur un ton neutre
«  Je continue de me demander pourquoi tu m’as défendue face à elle… »
«  Je n’allais pas la laissée t’enfoncer encore plus… » Répondit-elle en faisant face au lac
«  Mais c’est ton amie, alors que moi je-… »
«  Elle ou quelqu’un d’autre, ça n’aurait rien changé. » Trancha Aurore, « Tout le monde te casse du sucre sur le dos et toi, tu ne réagis pas. Il fallait bien que je le fasse. »

Elle avait vraiment réponse à tout, ce n’était pas possible… ! Elle ne lui laissait même pas le temps de répliquer, comme si elle ne voulait pas l’entendre. Actuellement, il avait du mal à se reconnaitre. Ce n’était pas le genre de gars à se sous-estimer, alors qu’est-ce qui lui arrivait, donc…? En réalité, il était touché par ce qu’elle avait fait. Personne ne l’avait jamais défendu, même pas son frère ainé. Alors il ne pouvait s’empêcher de s’imaginer les conséquences qui découleraient de cette conversation qu’avaient eue les deux jeunes coordinatrices. Paul baissa la tête dans un soupir silencieux et serra discrètement les dents en pensant à ce qu’il allait dire.

«  Si tu continues de me défendre, tu perdras tout tes amis. Moi, je n’ai personne à perdre, alors si tu préfères suivre leurs conseils, ça m’est égal. »

C’était vraiment le plus gros mensonge qu’il venait de lâcher… Bien sûr qu’il avait quelqu’un à perdre : Elle. Mais contrairement à lui, Aurore avait beaucoup d’amis et il ne supporterait pas être la cause de tous ces rejets. Même si cela lui brisait le cœur, il valait mieux qu’elle perde une personne plutôt qu’une dizaine d’amis… Oui, c’était sans doute mieux comme cela…
Mais un lourd soupir vint fendre toutes ses pensées négatives tandis qu’il jetait une rapide œillade à la coordinatrice pour voir qu’elle venait de poser une main sur sa hanche et qu’elle observait toujours l’eau.

«  Je te l’ai déjà dit, et je le répèterai encore s’il le faut : Tu n’es pas un alien. Tu n’as rien de repoussant. Je n’ai aucune raison de ne pas t’adresser la parole. »

Son cœur rata un battement alors qu’il tentait de se calmer l’organe qui grossissait dans sa cage thoracique. Aurore s’approcha pour lui cacher la vue, se courba légèrement et lui tendit la main dans un petit sourire, les joues roses, ce à quoi il l’observa en silence, attendant ses prochaines paroles.

«  Et puis, toi aussi tu l’as entendu, non ? Ils peuvent continuer de dire ce qu’ils veulent, je resterais quand même avec toi. »

Paul écarquilla les yeux en entendant à nouveau les mots de la coordinatrice. Puis, ne supportant pas la sincérité qui se reflétaient dans ses pupilles, il baissa machinalement la tête et en profita d’avoir le visage caché par ses mèches pour serrer tristement les dents. Encore une fois, son cœur lui faisait mal et il ne pouvait s’empêcher de plisser les yeux. Le dresseur ressentait la gentillesse d’Aurore jusque dans ses membres qui se contractaient simultanément de leurs propres chefs tandis qu’une goutte de sueur traçait son chemin le long de sa mâchoire. Alors elle préférait perdre tout son entourage pour lui ? Cette fille était vraiment folle à lier…, soupira discrètement Paul.

Ce n’était vraiment pas le moment pour penser à cela, mais vu comment la réflexion qu’il venait de se faire était tournée, on dirait qu’elle quittait tout pour venir vivre avec lui. Comme une fille dont la famille n’acceptait pas le jeune homme et qu’elle choisissait finalement d’être avec lui plutôt que de rester dans son foyer. Comme un couple, en fait…, pensa-t-il en pinçant les lèvres, les joues ayant pris un teint définitivement rose.

Mais dans un autre sens, et à cet instant, Paul était heureux de la connaitre… Parce qu’elle n’était pas comme l’idée qu’il s’était fait d’elle au départ. Elle le considérait sincèrement comme une vraie personne et non comme une vulgaire étiquette. Si son alter-égo n’avait pas autant d’orgueil et si ce n’était pas un mec, il aurait pleuré, s’avoua-t-il pitoyablement en posa une main moite sur son visage.  

«  Ça va, Paul ? Tu as la tête qui tourne à cause de la chaleur ? »

Le concerné déglutit difficilement le nœud qui s’était formé à l’intérieur de sa gorge en prenant soin de ne pas faire de bruit et marmonna que non, et qu’il allait bien. Prenant une longue inspiration, le dresseur releva enfin la tête pour saisir fébrilement la fine main qui était toujours en suspens entre eux. Elle l’aida à se relever et lui lâcha la main pour se diriger d’un pas pressé vers le lac, Paul trottinant légèrement derrière elle, un sourire discret sur les lèvres.

Le jeune homme frissonna dans un râle non dissimulé et regarda la coordinatrice qui avait déjà les jambes d’enfoncer sous l’eau. Si cela se trouvait, c’était elle l’alien. Ce n’était pas possible de supporter une eau à une telle température…

«  Vas-y d’un coup, sinon tu n’y arriveras jamais. » Conseilla Aurore avant de prendre une impulsion et de plonger tout droite dans l’eau

Elle disait cela, mais elle n’avait pas plongé entièrement puisque sa tête était la seule partie de son corps qu’elle n’avait rentrée dans l’eau. Cette dernière frissonna sous le sourire moqueur de Paul avant qu’elle ne lui ordonne de ne pas rire puisqu’il n’avait trempé que ses pieds et le traita ensuite de poule mouillé. Vexé, Paul fronça les sourcils et, pour lui prouver le contraire, avança d’un pas décider vers elle et finit par la rejoindre en laissant, lui aussi, sa tête en dehors de l’eau. Il ne put s’empêcher de frissonner en lâchant un «  Elle est vraiment froide… ! », et fit des mouvements avec ses bras pour s’habituer à la température.

«  T’exagères, elle est plus chaude que tout à l’heure ! » Rétorqua Aurore en battant lentement des jambes

Pour lui, il ne voyait aucune différence. Elle était gelée, un point c’est tout. Il soupira en baissant légèrement le menton. Il devait quand même la remercier pour ce qu’il s’était passé avec Zoé et ne devait pas ignorer ce qu’elle avait fait. Cela ne serait pas logique. Il osa alors quelques œillades vers la coordinatrice pour voir qu’elle avait reporté son attention sur les Pokémons Feu et, après avoir senti ses joues se réchauffer, le jeune homme se décida à parler en émettant un bref grognement.
Une fois qu’il fut sûr d’avoir attisé sa curiosité, il se racla la gorge et scruta un point invisible qui flottait près de lui.

«  Je… Merci. Tu n’étais pas obligée de me défendre, tout à l’heure… » Lâcha-t-il avant de voir un bref air étonné passer sur le visage de son interlocutrice
«  Bah qu’est-ce qu’il t’arrive ? Où est passée ta graaande fierté ? » Se moqua-t-elle

Paul contracta silencieusement sa mâchoire et marmonna un « Tais-toi… » avant d’entendre à nouveau son rire résonner.  Aurore lui proposa ensuite de faire la course, ce à quoi il rétorqua dans un semblant de rire qu’elle allait perdre facilement. Mais pendant qu’elle expliquait les différentes règles à ne pas enfreindre, il s’enferma un court instant dans ses pensées. Elle lui avait pratiquement avouée tout ce qu’elle pensait de lui. Alors qu’en ce qui le concernait, il ne lui avait rien dit du tout, elle ne savait même pas ce qu’il pensait d’elle, et ne voulait visiblement pas le savoir puisqu’elle n’avait pris la peine de demander. Cependant et en ce moment précis, Paul était plus ou moins capable de lui dire ce qu’il pensait.

Aurore lui avait longtemps répété alors il estimait que les vérités devaient aller dans les deux sens. En voyant qu’elle s’apprêtait à s’élancer pour commencer la course, il étendit rapidement la main et la retenue par le bras. Un « Quoi ? » sortit immédiatement de la bouche de la coordinatrice alors qu’il déglutit en confrontant son regard au sien, le cœur battant. Après avoir pincé ses lèvres et baisser la tête parce qu’il ne supportait décidément pas les deux orbes de cette dernière, il se mit à parler, mal à l’aise.

«  Je… J’ai longtemps pensé que tu étais une personne naïve, que tout ce que tu faisais était inutile et idiot… mais en fait, tu n’es pas quelqu’un de pathétique… »

Aurore parut une seconde fois surprise par l’aveu du jeune homme et resta quelques secondes silencieuse, embarrassée, pour finir par l’éclabousser en riant, l’obligeant à tourner instinctivement la tête, les paupières fermés.

«  Tu as vraiment l’air ridicule quand tu dis ce genre de choses… ! » Répliqua-t-elle

Elle en profita pour s’éloigner dans un autre rire et commença à nager en plantant le dresseur sur place. Elle avait raison. C’est vrai que cela ne lui ressemblait pas de dire les choses aussi sérieusement et il se surprendrait toujours. Surtout que c’était le genre de choses qu’il s’était promis de ne jamais dire ou même prononcer, même s’il était sous hallucinogènes ou quoi que ce soit. Si on lui avait dit qu’il parlerait de la coordinatrice de cette façon, il ne l’aurait pas cru une seule seconde.
Un air de défi passa dans le regard sombre de Paul en voyant qu’elle nageait plutôt vite et, après avoir clos ses paupières un instant, il s’élança à sa poursuite, déterminé à gagner cette course…

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natsu dragneel


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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Jeu 8 Mai - 0:36

Magnifique ce chapitre lolo. Very Happy 
La façon dont tu as rapproché Paul et Aurore est juste splendide, je visualise très bien la scène de la crème solaire
Je ne m'attendais pas à voir Zoey en personne, tu m'as bien surprise
Vivement la suite  Very Happy 
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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Mer 14 Mai - 21:43

Merci pour ton commentaire Natsu ! Very Happy
Je suis vraiment contente que ça te plaise ! Depuis le début, tu te bouffes tout les pavés et franchement, respect pour arriver à tout lire quoi ! xD
Vu que cette suite est assez longue, j'ai préférée la couper en deux chapitres (d'ailleurs ça se voit lol) sinon ça ne serait pas rentrée dans le fo et je crois que tu aurais quand même lâcher l'affaire au bout d'un moment XD
Honnêtement, je ne suis pas très satisfaite de ce chapitre (sans doute parce qu'il y a trop de pavés et peu d'action...) Mais disons que c'est un chapitre de transition et qu'il est malheureusement nécessaire pour la suite. J'espère que cela te plaira quand même ! ^^

Chapitre 13 : « Juge-moi si tu as envie. Critique-moi si cela te ronges. Aime-moi, mais telle que je suis. » Oohfemmeluxieuse

Les bottes de la coordinatrice franchirent mollement les portes automatiques du centre Pokémon alors qu’une autre plainte sortait du fond de sa gorge. Elle sentait la présence de Paul puisqu’il lui répondit par un soupir non dissimulé et lui fit clairement comprendre qu’il en avait marre qu’elle se plaigne. Les sourcils froncés, elle tourna la tête droite et toisa ses deux orbes sombres.

«  Si je ne serais pas fatiguée, je ne me plaindrais pas ! Et puis c’est à cause toi, alors je n’ai pas besoin de tes remarques… ! »
«  Ce n’est pas moi qui voulais une revanche juste parce que tu as perdu le défi que tu m’as lancé. » Rétorqua calmement le jeune homme

Aurore serra les dents et fût bien obligé d’admettre qu’il marquait un point. C’est vrai qu’au début, elle avait pris de l’avance sur lui, mais contre toute attente, le dresseur l’avait rattrapé facilement. Elle avait bien essayé d’y mettre toutes ses forces, cependant et à quelques secondes près, il avait atteint la bouée avant elle, ne manquant pas de la gratifier d’un sourire moqueur. La coordinatrice s’était donc emportée et avait exigé une revanche. Trois fois. Elle avait ressayé trois fois mais le résultat était toujours le même ; elle touchait toujours le flotteur après Paul, même si, à la dernière tentative, elle avait réussie à poser sa main en même temps que le jeune homme. Il fallait reconnaitre qu’il était plutôt bon nageur et qu’il avait de l’endurance…, soupira-t-elle en faisant quelques pas avant de s’arrêter pour se tourner vers le dresseur.

«  Peu importe. » Trancha définitivement Aurore, «  Il est dix-sept heures ; je dois prendre une douche et me reposer. C’est sans doute le cas pour toi aussi… Ce que je te propose, c’est de se retrouver ici dans une heure, pour appeler Reggie. »

Le jeune homme jeta une œillade à l’horloge qui se trouvait sur le mur derrière l’infirmière Joëlle et hocha la tête en guise d’approbation. Il détourna les talons et sortit du bâtiment. Bizarre, il n’avait pas pris de chambre au centre Pokémon ? Peut-être préférait-il les hôtels ? C’était certainement dans ce genre de choses que passait son argent…, spécula-t-elle. Après avoir haussé les épaules, elle se dirigea vers l’accueil et commanda une chambre avant de monter à l’étage.

Ils avaient bien fait de faire rentrer leurs animaux dans leurs Pokéball, malgré qu’ils aient eu un peu plus de mal avec le petit Héricendre. Aurore ne regrettait aucunement l’après-midi qu’il venait de se passer et elle était persuadée que tout le monde s’était amusé. Ce qu’elle espérait, c’était avoir bronzée, ne serait-ce qu’un petit peu…

La coordinatrice ouvrit la porte de la chambre qui lui avait été désignée et posa son sac sur le seul lit qui trônait en travers de la pièce dans un long soupir. Elle referma la porte en prenant soin de ferme le verrou, s’approcha de son bagage, sortit des sous-vêtements, un jean serré et large tee-shirt rouge avec d’énormes rayures blanches. Après l’avoir jugé dans un fin sourire, elle entra dans la salle de bain, ses vêtements entre les bras.

Un quart d’heure plus tard, la porte de la salle de bain s’ouvrit pour laisser sortit un léger paquet de fumée ainsi que deux pieds nu. Aurore lâcha un soupir d’aise, contente d’avoir pu passer un peu de temps sous l’eau chaude, et tituba vers son lit pour finalement se laisser tomber dessus.
Allongée sur le côté avec un bras qui reposait contre son flan, elle clos lourdement ses paupières. Elle n’avait même plus de forces pour mettre ses ballerines… C’était comme si le soleil et l’eau lui avait drainés toute son énergie…

Aurore souffla lentement et ferma une deuxième fois ses yeux. Tout ce qu’elle espérait, c’était qu’elle ne s’endorme pas. Elle n’avait qu’une heure, alors elle devait au moins tenir pendant ce laps de temps, estima la coordinatrice en laissant son esprit divaguer vers l’après-midi qu’elle avait passé.

Il y a eu le moment où elle devait retirer ses vêtements afin d’être dans une tenue plus adéquate avec l’eau. Elle n’avait pas su s’exprimer clairement mais Paul avait compris ce qu’elle voulait et, bien qu’elle fût réticente à se dévêtir à côté de lui, elle l’avait quand même fait. Parce qu’après tout, il avait promis de ne pas regarder et qu’elle avait décidé de lui faire confiance. Et à sa grande surprise, Paul n’avait pas fait de commentaire ou quoi que ce soit. Enfin si, lorsqu’elle l’avait défendue de la reluquer, mais c’était purement pour la taquiner qu’il avait répondu.

Lorsqu’elle revoyait que Paul était clairement embarrassé de ne pas vouloir aller dans l’eau, un petit sourire étirait ses lèvres. Aurore pensait qu’il n’aimait pas l’eau mais elle avait fini par conclure qu’il ne voulait pas être proche d’elle. Après tout, le jeune homme n’était pas friand de s’amuser ni d’être proche des autres, surtout dans ces cas-là. Mais après quelques arguments, il avait fini par céder et elle s’en réjouissait. Elle avait vraiment un don pour le mener à la baguette, pensa-t-elle dans un rire cynique.

Alors que ses jambes se changeaient doucement en béton, un autre sourire fendit son visage lorsqu’elle repensa à la stature du jeune homme. S’il n’avait pas retiré ses vêtements, elle n’aurait jamais cru qu’il puisse être musclé. D’accord, ce n’était pas les gros muscles qui faisaient rêver toutes les filles, mais ils étaient suffisants pour faire de l’effet sur elle. La coordinatrice ne savait pas comment amener la chose et avait fini par admettre à voix haute qu’il était plus musclé que le dresseur du Bourg-Palette. Et c’était vrai. Pour avoir vu Sacha torse nu, comparé à Paul, il en avait moins que lui. Non, Aurore ne regrettait pas de l’avoir obligé à se montrer comme cela… Alors si elle devait répondre à la question qui s’imposait dans son esprit ; Oui, cela avait été un vrai régal pour les yeux, conclut-elle en sentant sa cage thoracique se gonfler.

Après ça, l’un des moments les plus intenses de cette après-midi lui revint en tête. Le moment où elle avait demandé à Paul de lui mettre de la crème solaire. Au début, elle avait longuement fixé son tube de crème, mal-à-l’aise. Elle s’était dit que c’était peut-être trop de lui proposer cela, mais avait fini par se dire qu’après tout, elle avait réellement confiance en lui et savait qu’il n’essayerait pas de la tripoter. Malgré ses rougeurs sur les joues, elle lui avait ordonné et ce, d’une seule traite. C’était mieux que de bégayer et finir par se ridiculiser, avait-elle pensée.

Se mettant sur le ventre pour cacher la gêne qui remontait jusqu’à son visage, Aurore se fit la réflexion qu’elle n’avait pas eu à se plaindre ; c’était l’un des meilleurs instants qu’elle avait passé. Bon d’accord, au début, elle était clairement embarrassée, mais après s’être habitué, c’était, elle devait l’avouer, un réel plaisir. Certes, les doigts du jeune homme parcourraient son dos en tremblant légèrement, mais il avait fait cela avec une telle délicatesse que la coordinatrice, une fois de plus, était convaincue que Paul pouvait être extrêmement doux. Elle avait également sentit qu’il avait voulu en finir au plus vite et elle n’avait pas pu le blâmer. Et puis, il avait accepté, ça avait été un gros effort qu’il fournissait… Mais au bout d’un moment, elle n’avait pas pu se retenir et avait fait remarquer, lorsqu’il arrivait aux épaules, que c’était comme un massage. Ce qui n’était pas totalement faux puisqu’elle avait reçu le même traitement qu’en centre de soin, sauf que Paul avait appuyé moins fort que les employés.

Bien entendu, le dresseur avait tout de suite retiré ses mains, ce qui l’avait fait rire intérieurement ; le voir autant rougir, mal-à-l’aise, n’était pas quelque chose que l’on pouvait voir tous les jours. Non, ce n’était pas commun et elle avouait en se mordant la lèvre inférieure qu’elle y avait pris une certaine satisfaction.

La coordinatrice se repositionna sur le dos et soupira longuement en observant le plafond blanc, les bras de part et d’autre du corps. Mais le moment qu’elle retenait le plus, ce n’était pas lorsqu’elle avait étalé à son tour de la crème solaire, bien qu’elle ait souri plusieurs fois en scrutant le dos durci du jeune homme ; c’était lors de l’échange avec Zoé. La coordinatrice s’était rendu compte qu’elle aimait vraiment Paul et qu’elle ne pouvait plus nier ses sentiments à son égard. Non, elle ne pouvait décemment plus rejeter sa profonde affection pour le dresseur.  

Aurore réussit à lever son bras pour le poser mollement sur ses paupières closes tandis que le rouge lui monta progressivement aux joues. Elle soupira légèrement alors que son cœur battait frénétiquement à cette pensée. Elle n’aurait jamais cru pouvoir tomber amoureuse de lui. Pas une seule seconde et pourtant… C’était bien le cas. Même si elle avait tout fait pour ne pas y penser, de peur d’agir différent qu’à son habitude… Paul l’aurait directement vu et cette fois, elle n’aurait pas trouvé de mensonges à lui répondre. Alors elle avait fait comme si de rien n’était malgré que son cœur ne cessait de battre de plus en plus fort.

Aurore retira son bras du visage pour le laisser tomber contre le matelas, parfaitement tendu tandis que sa paume regardait silencieusement le plafond et que ses doigts s’étaient légèrement rétractés.

Et puis, elle n’avait jamais défendue le jeune homme, auparavant… La coordinatrice s’était déjà fait la réflexion sur cela et avouait qu’elle regrettait de ne pas avoir dit ce qu'elle pensait. Alors les mots étaient sortis normalement. Sans hésitation, montrant ainsi qu’elle avait confiance en ce qu’elle éprouvait. Oui, malgré les remarques de son entourage et de sa précieuse amie, elle souhaitait rester auprès de Paul. Elle avait partagé trop de choses avec lui pour l’ignorer du jour au lendemain. Et puis, elle faisait ce qu’elle voulait. Mais le comportement de la rousse l’avait également profondément irrité. Elle avait dit tout cela devant Paul et l’avait forcé à dire des choses qu’elle ne voulait pas entendre sortir de sa bouche. A ce moment-là, elle avait vraiment pensée que Zoé était égoïste ; elle n’essayait même pas de le connaitre et le jugeait sur un simple coup de tête… D’autant plus que le concerné n’avait pas réagi une seule fois et se laissait rabaisser par la rousse. D’accord, il ne l’avait vue qu’une fois, mais il aurait très bien pu se défendre ? Pourquoi ne l’avait-il pas fait ? Enfin si, il l’avait fait ; à la fin, lorsque la rousse avait fait remarqué qu’il se fichait d’Aurore et que, vu la façon dont il se tenait, il était sur le point de partir. Paul avait alors répondu du tac au tac en exprimant fermement son désir de rester au lac, ne la lâchant pas du regard, comme si aucune œillade n’aurait pu le faire baisser les yeux. Non, il était déterminé et avait même esquissé un sourire moqueur à l’adresse de Zoé.

Le dresseur avait du répondant et elle le remercia une fois de plus pour avoir intervenu. S’il n’avait pas pris la parole, elle ne savait pas ce qu’elle aurait rétorqué. Même si c’était purement la vérité, le jeune homme avait préféré mettre sa gêne et sa fierté de côté. Aurore le savait ; Paul détestait perdre. Alors il n’aurait pas lâché l’affaire aussi facilement. Finalement, et à son plus grand soulagement, ce fut Zoé qui baissa le regard, vaincue et qui, avant de s’en aller, l’avait mis en garde…

«  Crois-moi… Tu ne prends pas le bon chemin en restant avec lui… » Répéta la rousse dans l’esprit de la coordinatrice

Qu’est-ce que cela avait été que cette remarque ? C’était presque comme une menace… Aurore avait émis une petite hypothèse tout au long de sa conversation plutôt tendue avec elle, mais elle ne pensait pas vraiment que cela soit vrai. Et elle pensait que Paul s’était dit la même chose qu’elle. Cependant, elle n’en n’était pas très sûre. De la façon dont Zoé s’était comportée, elle lui avait semblé être jalouse. Parce qu’elle passait plus de temps avec Paul qu’avec elle ? Franchement, c’était ridicule et elle ne pensait vraiment pas que la rousse puisse être comme cela. Cela ne lui ressemblait pas et la coordinatrice écarta tout de suite l’hypothèse de possibles sentiments amoureux. Et puis, c’était aussi sa rivale. C’était peut-être normal qu’elles ne s’entendaient pas sur certains points…, songea-t-elle en fermant à nouveau les yeux.

En tout cas, après que Zoé soit partie, que Paul ait remis ses affaires à côtés des siennes et qu’il ne bougeait plus d’un pouce, la coordinatrice avait fini par s’enquir sur son état de santé. Mais Paul n’avait toujours pas compris pourquoi elle l’avait défendue alors que pour elle, c’était pourtant clair. Bien sûr, elle ne pouvait pas lui dire que c’était parce qu’elle l’aimait, mais elle lui avait fait très bien comprendre qu’elle ne supportait pas qu’on lui casse du sucre sur le dos. D’autant plus qu’il ne se défendait pas du tout, alors cela l’avait encore plus révoltée ! Sa main à couper que si une bagarre éclaterait, ce serait elle qui devrait jouer des poings et des pieds ! Enfin, peut-être pas mais, concernant Paul, ça ne l’étonnerait même pas qu’il la laisse faire tout le travail, les bras croisés sur son torse, à observer la scène sans dire un mot…

Et puis, après lui avoir tendue la main et en répétant ce qu’elle avait dit à la rousse, Aurore avait vu le jeune homme écarquiller les yeux et baisser la tête. En voyant la mâchoire de ce dernier se serrer tristement, elle avait presque regretté ses paroles, mais elle n’avait pas pu le dire autrement. C’était ce qu’elle ressentait ; oui, les autres pouvaient dire ce qu’ils voulaient, elle resterait quand même avec lui. Parce que sa présence était rassurante. Parce qu’il était important. Parce qu’elle l’aimait. Bon, elle était convaincue que c’était un amour à sens unique, mais tant qu’elle resterait près de lui, elle se sentirait bien.

Aurore bailla à s’en décrocher la mâchoire, essuya les larmes qui perlaient ses yeux et souffla un faible soupir. A trop penser, c’était maintenant sa tête qui s’enfonçait dans le coussin… Elle avait l’impression que son cerveau allait exploser d’une seconde à l’autre…
La coordinatrice fit un effort pour se redresser mollement, se pencha sur le côté pour saisir son sac de voyage et fouilla à l’intérieur pour en sortir son téléphone portable…  Dix-sept heures trente… Elle ferait mieux de se reposer pendant les trente à quarante minutes qu’il restait… Oui, cela lui ferait le plus grand bien…, conclut-elle en s’allongeant à nouveau et en fermant lourdement ses paupières.

OoOoOoOoO

Ses paupières s’entre-ouvrèrent et se refermèrent aussitôt. La coordinatrice roula sur le côté, face à la sortie de la chambre et replia ses jambes près d’elle. Ses yeux s’ouvrirent à nouveau et, croyant voir le bois de la porte, ce fût un tissu mauve qu’elle distingua alors que son cerveau se remettait paresseusement en marche. Puis, après avoir compris que la forme violette n’était autre que Paul qui se trouvait à un mètre de son lit, les mains dans les poches de son éternelle veste, silencieux, Aurore rougit furieusement en se redressant à l’aide de ses paumes, gênée.

«  Q-Qu’est-ce que tu fais dans ma chambre ? » Parvint-elle à demander
«  J’étais venu te dire que mon frère était rentré à la maison mais tu dormais. » Expliqua-t-il sobrement

Son cœur battait frénétiquement mais quelque chose d’autre la contrariait. Elle était pourtant sûre d’avoir verrouillée la porte avant de se diriger dans la salle de bain, alors comment avait-il fait pour être à l’intérieur de sa chambre ? C’était bizarre et elle se jura intérieurement de lui poser la question après être sortie de son état comateux. Elle se gratta la paupière droite en lâchant un « Ah… » et en lui disant qu’elle aurait pu la réveiller, ce à quoi Paul rétorqua qu’il avait préféré la laisser dormir en prétextant avoir affaire à une furie s’il avait le malheur de la tirer de son sommeil. Aurore se demanda alors quelle heure il était et constata dans une moue significative que les chiffres de son portable indiquaient  dix-huit heures trente. Ce qui voulait donc dire qu’elle avait dormi un quart de plus que l’horaire attendu…

Aurore soupira ouvertement, tiqua prestement en se grattant la tête, sortit de son lit et se dirigea rapidement dans la salle de bain en ignorant le jeune homme. Elle devait voir l’état de son visage parce qu’elle était sûre d’avoir une tête affreuse… Et c’était malheureusement le cas. Ses cheveux étaient devenus un vrai champ de bataille et des cernes maquillaient légèrement ses yeux. Un autre soupir quitta sa gorge alors qu’elle fouilla dans sa trousse de toilette à la recherche de sa brosse.

«  Au fait, comment tu as fait pour entrer dans ma chambre ? Je l’avais verrouillé. » Questionna-t-elle en sortant l’objet pour se coiffer
«  Pourtant elle ne l’était pas. » Rétorqua-t-il simplement

Elle fronça les sourcils devant son reflet. Aurore était presque certaine d’avoir fermée la porte à clé. Alors comment avait-il fait ? Maintenant qu’il y réfléchissait, l’infirmière avait toujours un trousseau de clé qui lui servait de passe-partout. Sous le coup de l’irritation, il aurait très bien pu lui demander d’ouvrir sa chambre pour venir la chercher parce qu’elle avait raté l’heure, qui sait… ? Elle ne chercha pas plus loin et lâcha un râle silencieux en sentant la fatigue lui tomber à nouveau sur les épaules.

«  Au fait, tu es là depuis combien de temps ? »
«  Cinq minutes. »

La coordinatrice continua de passer la brosse dans ses cheveux afin de démêler les nœuds qui s’étaient formés, réfléchi un instant, et baissa finalement son bras pour planter son regard dans le sien. C’était impossible ; elle savait que Paul était très strict au niveau des horaires et si cela se trouvait, il était même arrivé au Centre Pokémon avant l’heure. Et vu qu’elle avait un quart de retard, il était sûrement resté dans sa chambre plus longtemps que cinq minutes. Elle vit qu’il détournait immédiatement les yeux avant de tirer, dans un geste mal assuré, la mèche qui reposait devant son front, comme pour cacher ses deux orbes sombres.

«  P-Peut-être un peu plus… » Avoua-t-il d’une voix embarrassée

Les pommettes de cette dernière se colorèrent légèrement tandis qu’elle resserra sa prise sur le manche de sa brosse afin de se concentrer sur son reflet qui avait déjà une meilleur tête que tout à l’heure. Ses doutes étaient fondés : Il était bien resté plus longtemps… Mal à l’aise, Aurore devinait qu’il n’avait pas regardé les oiseaux par la fenêtre pendant qu’il était dans la chambre… Concluant ensuite que c’était bon, elle rangea l’objet dans sa trousse, ouvrit le robinet et se pencha pour s’étaler de l’eau fraîche sur son visage. Il serait certainement plus tonifiant et ses yeux seraient moins rétrécit… Les paupières durement fermées, Aurore tâta sur le bord de l’évier à la recherche d’une serviette. Sa main rencontra alors les doigts de Paul, comprenant qu’il venait de lui apporter ce qu’elle cherchait, et agrippa le tissu rugueux dans un rapide remerciement pour enfin le frotter sur son visage légèrement rose. C’était le premier contact depuis que la coordinatrice avait pris conscience de son attirance pour le jeune homme et voilà qu’elle rougissait idiotement. Comme une amourette de gamine. Heureusement que la serviette la cachait, le temps pour elle de reprendre ses esprits. Elle retira le tissu dans un soupir intérieur et remarqua que Paul avait tourné la tête et scrutait son clone d’un regard neutre.

Aurore l’imita et arrangea ses cheveux, ne voulant pas ressembler à une sorcière lorsqu’elle verrait Reggie. Elle avisa une seconde fois sa trousse de bain et se demanda si elle devait mettre du maquillage. S’il y avait bien une chose qu’elle détestait, c’était avoir une tête qui ne ressemblait à rien et croiser les regards qui la critiquaient silencieusement. Et même si c’était par visiophone, pour elle, c’était du pareil au même. Du coin de l’œil, elle vit que Paul enfonçait ses mains dans sa veste. C’était vraiment une manie de faire ce geste, chez lui… ! Ses réflexions n’allèrent pas plus loin puisque la voix de ce dernier s’éleva froidement dans l’air.

«  Tu n’as pas besoin de te pomponner pour Reggie. Ce n’est que mon frère. »

Elle tiqua à la phrase qu’il venait de dire et leva ses deux orbes bleus sur lui, prête à lui rétorquer quelque chose, mais le jeune homme venait déjà de fermer ses paupières et de lui tourner le dos pour quitter la salle de bain. La coordinatrice fronça les sourcils en notant que la remarque de Paul avait été prononcée avec irritation. Comme s’il était jaloux qu’elle se maquille pour l’ainé. Et elle devait avouer qu’il n’avait pas tort ; ce n’était que son grand frère. En s’observant une énième fois dans le miroir, elle put constater qu’elle était assez bien comme cela pour se présenter devant Reggie. Et puis, ce n’était pas comme si elle avait des sentiments pour l’éleveur… Après avoir fermé les yeux, elle ferma sa trousse de toilette, sortit de la pièce en éteignant la lumière et finit par enfiler ses ballerines noires.

Aurore ignora la présence du jeune homme près de la porte et saisit son téléphone portable pour le rangea dans son jeans. Elle se retourna, lâcha un petit « C’est bon. » et quitta sa chambre en suivant le dos de Paul. Elle vit alors qu’il n’avait pas son sac à dos et éluda donc qu’il l’avait certainement laissé dans sa chambre…

Ils gagnèrent silencieusement le hall et s’arrêtèrent devant l’un des visiophones mise à disposition pour les voyageurs. Paul venait de décrocher le combiné et allait composer le numéro mais la coordinatrice le stoppa dans son élan. Elle lui demanda s’il avait au moins pris les deux Pokémons avec, ce à quoi il le jeune homme claqua sa langue au palais et rétorqua qu’il n’était pas débile. Dans un semblant de rire, Aurore pensa qu’il ne supportait pas qu’on le prenne pour un attardé et qu’il s’énervait aussitôt le sous-entendus lâché. Et elle devait avouer qu’elle s’amusait beaucoup de cette situation.

Elle l’observa râler dans ses dents, composer le numéro et attendre que la barre de chargement n’atteigne le bout, les sourcils légèrement froncés. Elle lui suggéra de mettre le haut-parleur pour qu’elle puisse entendre ce que Reggie dit et qu’elle puisse aussi dialoguer avec lui. Dans un autre râle non dissimulé, Paul appuya sur un bouton en-dessous de l’écran et posa le combiné sur le rebord de la table.

L’écran bleu clair se ternit pour afficher le visage de l’éleveur ainsi qu’une partie de la maison derrière lui. Ce dernier n’avait pas du tout changé ; il revêtait son éternel tablier vert pâle, cependant il ne portait pas une chemise rose saumon mais blanche. Reggie avait toujours une queue de cheval attachée à la base de sa nuque ainsi qu’un regard enjoué. Aurore se demanda alors la tête qu’il pourrait avoir si ses cheveux étaient détachés… Elle n’eut pas le temps de s’imaginer le visage que la voix de son propriétaire la sortie de ses réflexions.

«  Ah, Paul ! Tu aurais au moins pu me contacter ! Cela fait plus d’un mois que je n’ai pas de nouvelles… ! »
«  Désolé mais j’avais d’autres choses à faire… »

Cette réponse fit rire Aurore, amusée par le comportement du jeune homme. Il n’avait jamais entretenu une relation fusionnelle avec son grand frère et c’était pour cette raison que Paul restait toujours évasif lorsqu’il lui parlait. Elle voyait que Reggie n’hésitait pas à réprimander son frère sur la fréquence de ses appels mais que visiblement, ce dernier avait vraiment l’air de s’en ficher pas mal. Elle se demandait encore comment ils faisaient pour être autant différents bien qu’ils étaient quand même liés par le sang… La voix de l’ainé se fit de nouveau entendre.

«  Ah, mais je vois qu’Aurore est avec toi ! »
«  Bonjour, Reggie. » Sourit-elle, la mine réjouie avant de tiquer et de jeter une discrète œillade à sa gauche

Elle lui avait semblé entendre un bruit qui trahissait l’agacement mais elle abandonna en voyant l’air inexpressif du désagréable jeune homme. Pourtant, elle aurait juré avoir entendu quelque chose venant de lui… Elle reporta son attention sur l’éleveur et remarqua qu’il avait l’index ainsi le pouce de poser sur son menton ainsi qu’un regard étrangement étincelant. Elle connaissait l’ainé aussi bien que le cadet pour voir que même avec cette expression, cela n’annonçait rien de bon.

«  Je comprends mieux pourquoi tu ne m’appelais pas depuis tout ce temps, héhé… »

La coordinatrice, tout comme Paul, comprirent le sous-entendus et rougirent furieusement en détournant pudiquement le regard, mal à l’aise. Alors c’était à cela qu’il s’amusait ? Embarrasser son frère ? Elle comprenait pourquoi le jeune homme ne l’avait pas contacté depuis tout ce temps… Et puis, pourquoi le taquinait-il à propos d’elle ? Etait-ce à cause de la mission que Reggie lui avait confiée et dont Aurore était certaine qu’il attendait quelque chose d’elle ? Non, non cela ne devait pas avoir de rapport. Quoi que, peut-être que si… La voix du grand frère résonna dans le visiophone, l’obligeant à sortir de son tourbillon de pensées.

«  Au fait, je viens juste de le remarquer mais tu es très mignonne comme ça. J’aime beaucoup ton haut. » Complimenta-il

On pouvait dire qu’il se rattrapait bien… Aurore croisa timidement les deux orbes de Reggie, sourit doucement et ne put s’empêcher de s’emporter à sa remarque, contente qu’il ait changé de sujet.

«  Vraiment ? A vrai dire, j’ai eu un coup de cœur et je n’ai pas pu résister… ! »
«  J’aurai fait la même chose à ta place ! » Répliqua Reggie avant de se tourner vers le cadet, « Et toi, qu’est-ce que tu en penses, Paul ? »

Aurore fut surprise par la soudaine question de l’ainé et elle ne put s’empêcher de plisser légèrement le front. Elle aurait dû se douter que ce changement de sujet cachait quelque chose… ! Ce n’était pas pour arrêter ses taquineries mais pour avoir l’occasion d’en relancer d’autres ! Mais elle se tourna tout de même vers le jeune homme, impatiente de savoir la réponse qu’il allait lui fournir. Ce dernier venait de claque une énième fois sa langue au palais pour ensuite se tendre, les joues légèrement roses. Il jeta une œillade à la coordinatrice avant de fermer les yeux dans une brève plainte. Elle constata avec regret que le dresseur esquiva parfaitement la question et ce, sur un ton plutôt froid, ne manquant pas de le toiser.

«  On est pas là pour parler de mode. »

Dommage, elle aurait vraiment voulue savoir ce qu’il pensait, soupira Aurore en dissimulant une petite moue. Reggie s’interrogea donc sur la vraie raison de leur appel en soulignant qu’évidemment, Paul ne l’appellerais jamais de son plein gré en insistant bien sur le regard qu’il lui lançait, ce à quoi le cadet ferma les paupières et fronça intentionnellement les sourcils, irrité. Aurore se tourna vers le visiophone, lança un sourire gêné et affirma qu’effectivement, ils auraient besoin des services de l’éleveur.

«  Ah ? Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

Aurore lui expliqua la situation, qu’ils avaient deux Pokémons à lui prêter, que c’était un bébé et sa mère et que bien évidemment, ils ne doivent pas être séparés, ce que Reggie approuva sérieusement. Mais au moment où ce dernier demanda la race dont il devait s’occuper, et où la coordinatrice se tourna vers Paul pour lui donner la parole, le jeune homme resta silencieux, comme paralysé.

Aurore fronça les sourcils, imités de près par l’ainé. Qu’est-ce qu’il avait ? Pourquoi ne disait-il rien ? Il ne voulait clairement pas divulguer le nom des hérissons mais qu’est-ce qui le freinait tant ? Embarrassé par sa non-réaction, elle se tourna vers Reggie et répondit à sa place en tentant d’ignorer le claquement de langue que le dresseur venait de faire à son attention. Et la réaction de l’interlocuteur ne se fit par attendre ; Reggie s’exclama qu’il n’était pas au courant qu’ils avaient eu un enfant puisqu’il savait uniquement que les deux Types Feu étaient amoureux, et accusa ensuite le cadet de lui avoir intentionnellement caché.

«  Alors ils ont eu un enfant ensemble, hein… ? » Continua Reggie, comme s’il se parlait à lui-même

Elle comprenait maintenant pourquoi Paul ne voulait pas dire le nom de leurs Pokémons… Mais qu’est-ce que les frères s’étaient donc dit ? Et puis qu’est-ce que c’était que ce sous-entendu que Reggie venait de communiquer simplement du regard ?, se questionna Aurore en plissant le front. Surtout que le dresseur n’avait pas l’air très à l’aise et venait de le menacer s’il parlait de quoi que ce soit. L’éleveur ria ouvertement en lâchant un « D’accord, d’accord, j’ai compris. » avant d’étirer un sourire narquois sur son visage.

«  A moins que tu ne veuilles vraiment que je lui raconte tout… Je suis sûr qu’elle serait contente de savoir que-… »
«  Ferme-là… ! Ferme-là, Reggie ! » Répéta Paul en élevant la voix, les yeux écarquillés, les sourcils froncés

Aurore calma les pulsations de son cœur à cause de la force avec laquelle le cri du jeune homme l’avait fait sursauter. Elle devinait aisément que le rythme cardiaque de Paul s’était accélérer tout au long de la provocation, qu’au bout d’un moment, le dresseur avait dû réagir et ce, assez rapidement vu la gravité de ce que Reggie allait dire. Aurore fronça les sourcils. Qu’est-ce qu’elle devait apprendre et que Paul ne voulait absolument pas qu’elle sache ? Soupirant en sachant pertinemment qu’elle n’aurait pas de réponse à ses questions, la coordinatrice jeta un regard aux alentours, tout comme le dresseur, pour voir qu’il avait malheureusement attirer l’attention de plusieurs voyageurs qui les fixaient curieusement.
Après un regard noir bien placé de la part de Paul, les badauds retournèrent à leurs occupations, et Aurore remercia le ciel que l’aura menaçante du jeune homme serve au moins à quelque chose.

«  Bon, puisque tu ne veux pas du tout que je le dise, je n’insiste pas. » Grésilla la voix de Reggie dans le visiophone
«  Savoir quoi ? Qu’est-ce que vous me cachez, à la fin… ! » S’irrita Aurore
«  Rien du tout. » Rétorqua froidement le dresseur
«  Je laisse à Paul le soin de te le dire. Je suis sûr qu’il sera ravi. » Répliqua l’éleveur, la mine réjouie

Visiblement, c’était quelque chose de plus important et de plus grave qu’une simple annonce, mais Reggie avait préféré remettre la responsabilité sur son cadet, ce qui n’était pas vraiment sympa… Mais si cette chose le concernait principalement, c’était effectivement à Paul de lui dire. Aurore se tourna donc vers le concerné et l’interrogea du regard mais il changea de sujet et ordonna à son frère de préparer le transfert pour qu’il puisse lui donner les deux Pokémons. L’éleveur lâcha un « Ah oui, c’est vrai. » et se pencha sur le côté pour allumer le programme.

Le visage du grand frère réapparut devant l’écran et sourit aux deux jeunes dans un « Voilà, c’est prêt. » avant de tiquer et de se tourner vers Paul pour l’informer d’une autre chose, le regard sérieux.

«  Tu as dû recevoir un colis, petit frère. Je l’ai envoyé au centre Pokémon de la ville. »

Le jeune homme s’irrita dans un « Arrête de m’appeler comme ça. », fouilla l’arrière de sa ceinture pour en sortir deux Pokéballs et les fourra dans les bras de la coordinatrice, sous-entendue qu’elle devait s’occuper du transfert, avant de le voir s’éclipser vers l’accueil.

Aurore reporta son attention sur l’ainé et l’informa qu’elle lui envoyait d’abord le bébé hérisson. Elle le posa sur le socle, appuya sur un bouton et, pendant que des éclairs lumineux entouraient la sphère rouge et blanche, s’autorisa un second regard vers le désagréable jeune homme.

«  Qu’est-ce que tu lui a envoyé, Reggie ? »
«  Héhé, une petite surprise. Je ne peux rien te dire, c’est top secret. »

Les paupières mi-closes, la coordinatrice le regarda, mi- ennuyé mi- exaspéré. Un truc top secret ? Qu’est-ce qu’il préparait encore ? Elle ne savait pas pourquoi, mais une chose était sûre ; cela ne sentait pas bon pour Paul et l’espace d’un instant, elle pria pour que ce colis ne lui pose pas de problèmes. Alors que la Pokéball du nouveau-né disparaissait et que Reggie lui confirmait qui l’avait bien reçu, Aurore agrandit la deuxième balle par un tour de passe-passe et le posa à l’endroit où la première avait disparue.

«  Ça va, mon frère ne te cause pas trop de soucis ? » Demanda Reggie, l’air compatissant
«  Non, ça va. Même si parfois son mauvais côté ressort, il sait être agréable. »
«  Je suppose que si vous m’appelez ensemble, c’est que vous passez la journée tous les deux ? »
«  Oui. Comme il faisait très chaud, on a été se baigner au lac. » Répondit-elle en appuyant sur le bouton pour activer le transfert de l’objet

Reggie parut étonné et, dans un rire franc, lui demanda si Paul avait accepté, ce à quoi la coordinatrice répondit positivement malgré qu’elle ait dû mal à le trainer jusque dans l’eau. Aurore vit que son interlocuteur se calma avant d’apercevoir un fin sourire étirer doucement ses lèvres.

«  Alors, il est beau gosse mon petit frère ? »Taquina l’éleveur
«  T-Tu es son grand frère, tu devrais mieux le savoir que moi… ! » Tenta-t-elle de répondre alors que ses pommettes prient un teint écarlate
«  Ce n’est pas comme si Paul se baladait tout le temps torse nu. » Continua Reggie en lâchant un petit rire

Elle devait avouer qu’il n’avait pas tort et, après un bref silence, elle baissa les yeux, incapable de soutenir le regard de ce dernier pour ensuite pincer les lèvres, ses deux orbes bleues rivés sur ses mains. Une œillade à la sphère blanche qui disparaissait lui indiqua que le transfert venait d’être effectué et la voix de Reggie lui affirmant qu’il avait bien reçut la Pokéball l’obligea à relever timidement les yeux sur l’écran. Ce dernier affichait un air décontracté, un autre sourire aux creux des lèvres, et lui assurant qu’elle pouvait le dire et qu’il n’ira pas lui répéter. Mais la coordinatrice doutait sincèrement de sa promesse et puis même s’il le faisait, Paul savait déjà l’impression qu’elle avait de lui, alors autant le lui dire maintenant que de faire trainer les choses…

«  É-Étonnamment, Paul a plutôt un…un beau corps… » Admit-elle, les joues rouges
«  Paul n’en a pas l’air comme ça, mais il s’entretient ; ça prouve que mon petit frère n’est pas un cas trop désespéré. Même s’il n’a rien montré du tout, j’ai bien vu qu’il avait changé. Et c’est grâce à toi, Aurore… » Déclara-t-il avant qu’un pauvre sourire résigné ne tranche son visage « Je m’excuse de te laisser faire le sale boulot à ma place. »
«  Tu sais, ce n’est pas si mal comme travail… » Avoua-t-elle d’un ton qu’elle voulait neutre

Et c’était vrai. Même si au début, elle avait clairement failli lâcher l’affaire, contacter Reggie pour lui annoncer que la mission était un échec et qu’elle ne pouvait plus continuer, au fur et à mesure que le temps passait, qu’elle était en compagnie du jeune homme, Aurore avait appris à apprécier sa présence et au final, le fardeau que lui avait confié l’éleveur pesait moins lourd sur ses épaules. Elle y prenait même du plaisir et devait admettre qu’être tombée amoureuse d’un garçon comme Paul relevait du miracle. A la base, elle devait simplement changer le comportement du désagréable jeune homme ; tomber amoureuse n’était pas du tout prévu dans le plan. Mais maintenant qu’elle ressentait une attirance pour le cadet, elle ne pouvait renier ce sentiment. En fait, elle venait à peine de la reconnaitre. Jusque-là, elle arrivait à la dissimuler parfaitement et elle priait pour l’ainé ne soit pas meilleur observateur que Paul, sinon son sort était foutu. Mais vu le sourire que ce dernier affichait sans trop de discrétion, c’était mal parti…

«  Dois-je comprendre que mon frère commence à t’intéresser ? » Questionna Reggie

Et voilà, ce qu’elle craignait le plus était arrivé. Pourquoi savait-il aussi bien piquer au point sensible ? Elle commençait sincèrement à penser que c’était de famille… Mais à son plus grand soulagement, Aurore sentit la silhouette du concerné se placer silencieusement à côté d’elle, les mains dans les poches de son jeans. Elle le remercia infiniment pour avoir débarqué à ce moment-là. Elle n’était pas obligée de répondre à la question embarrassante de Reggie et cela l’arrangeait. La coordinatrice lui demanda si le paquet avait bien été réceptionné, ce à quoi Paul rétorqua calmement qu’il l’avait fait transférer dans sa chambre d’hôtel avant de la sonder du regard pour lui demander :

«  Tu lui a donné les Pokémons pendant que j’étais parti ? »
«  Bien sûr que je lui ai donnée ! Arrête de me prendre pour une débile ! » Se vexa automatiquement Aurore, les joues encore roses
«  Ah oui ? Rappel-moi qui m’a pris pour un débile en premier ? » Rétorqua Paul dans une légère pointe d’irritation

Aurore s’apprêta à répliquer qu’à la base, c’était lui qui avait commencé et par conséquent, que c’était de sa faute mais le rire de Reggie l’en empêcha pour l’obliger à se tourner vers le visiophone, imité de près par le jeune homme.

«  A vous voir vous disputez comme ça, on dirait vraiment un couple… ! » Lâcha l’ainé, un sourire amusé sur les lèvres
«  Arrête de faire tes insinuations ! C’est tellement ridicule… ! » S’emporta immédiatement le dresseur

L’organe qui se trouvait dans la poitrine de la coordinatrice s’accéléra brusquement alors qu’elle tentait, à son tour, de réfuter la remarque de l’éleveur dans un « T’as vraiment de ces idées… ! » et ce, qu’une voix mal assurée. Et puis, qu’est-ce que c’était que cette idée ? Maintenant qu’il y repensait, le photographe de couples avait aussi une remarque de ce genre… Elle se souvenait aussi qu’elle avait refusée de les considérer comme tels en pensant qu’il ferait un duo plus que bizarre. Mais après réflexion, cela ne lui déplairait pas tant que cela, éluda-t-elle intérieurement avant d’entendre la voix de Reggie qui poursuivait la conversation.

«  Je plaisantais, voyons ! » Mentit l’éleveur avant de changer de sujet, « Au fait, vous êtes à Ecorcia pour combien de temps ? »
«  En ce qui me concerne, je reste encore deux jours. Maintenant pour Paul… » Répondit-elle en se levant les yeux vers le concerné
«  Je pense y être encore deux jours aussi… » Déclara-t-il d’un air impassible

Reggie sourit dans un faible « Intéressant… » mais les deux jeunes l’avaient parfaitement entendus bien qu’ils firent comme si de rien n’était. La coordinatrice vit ensuite l’éleveur tiquer, tendre le dos en arrière, la tête tournée vers la gauche pour finalement faire face au visiophone. Il expliqua rapidement qu’il devait les laisser parce qu’un dresseur venait récupérer son Pokémon. Il rassura ensuite les deux jeunes concernant les deux hérissons qu’ils lui avaient confiés avant de lever une main à côté de son visage.

«  J’ai été content de te voir, Aurore. A bientôt ! » Salua Reggie alors que l’écran se coupa net
«  Il… Il ne t’a pas dit au revoir… » Constata piteusement le coordinatrice
«  Ce n’est pas comme si je m’en souciais plus que ça. » Finit par répondre Paul

Aurore se contenta de l’observer ranger le combiné qui traînait encore sur la table à sa place et d’appuyer sur un bouton pour couper définitivement la communication. Même s’il disait cela, Reggie restait quand même son frère. Elle ne pouvait pas croire  qu’il s’en fichait comme de sa première chemise… Mais elle évita de lui faire cette réflexion à haute voix, sachant parfaitement que le dresseur pouvait s’emporter au quart de tour.

«  Qu’est-ce que tu vas faire, maintenant ? » Demanda Aurore en se tournant vers le jeune homme
«  Je venais juste ici pour apporter les Pokémons. Donc je pense… Rentrer à l’hôtel. »

Elle approuva d’un signe de la tête et lui informa qu’elle allait aussi regagner sa chambre pour se reposer. Paul hocha à son tour le menton dans un bref grognement et, après lui avoir lancé une rapide œillade, il quitta le hall en silence. Alors que le dos du dresseur disparut derrière les portes automatiques, Aurore sentit son portable vibrer et se dirigea vers les escaliers, le téléphone à la main.

Après avoir refermé la porte de la pièce, elle s’assied sur le bord de son lit et découvrir que la personne qui lui avait envoyé un message était Zoé. Aurore fronça les sourcils ; la rousse lui annonçait que ce soir, il y avait un concert en plein air, à côté du square de la ville, et lui demandait si elle voulait s’y rendre en sa compagnie. La coordinatrice quitta l’écran des yeux et posa son regard sur le plancher, pensive.

La première chose à laquelle elle pensa était Paul. Elle pouvait peut-être l’inviter, sans lui dire les détails bien évidemment, puisqu’elle savait qu’il ne viendrait pas s’il était au courant qu’elle lui donnait rendez-vous à un concert. Et puis, cela lui serait profitable. Elle était certaine qu’il resterait enfermé dans sa chambre pour le reste de la soirée et elle ne voulait pas se l’imaginer tout seul pendant qu’elle, s’amusait à la fête… Non, ce n’était pas raisonnable et elle se sentirait encore plus mal vis-à-vis de lui. Et puis, Aurore se souvenait lui avoir promis d’écouter sa musique à elle, alors autant en faire d’une pierre deux coups… Après s’être mordue la lèvre inférieure, elle baissa les yeux sur son portable et finit par décliner l’invitation de la rousse en écrivant un bref message :

«  Je suis désolé, j’ai un empêchement. Une autre fois, peut-être. »
Elle se sentait un peu coupable de refuser à Zoé et d’accompagner Paul, mais après tout, elle se disait qu’avec le comportement que la rousse avait eue au lac, les retrouvailles n’allaient pas être joyeuses, ou du moins pas trop, et qu’elles auraient d’autres occasions pour se retrouver ensemble. Oui, c’était la meilleure décision à prendre…, conclut la coordinatrice en posant son appareil à côté d’elle.

Elle s’appuya ensuite sur ses paumes, tendit son dos en arrière et leva les yeux au-dessus de la porte. L’horloge qui y était accroché indiquait qu’il était proche de dix-neuf heures et une œillade dans son dos lui suffit pour voir que le soleil était déjà caché derrière l’horizon. Finalement, Aurore offrit son cou et balança ses jambes dans le vide, l’esprit ailleurs.

Maintenant qu’elle y repensait à la conversation de tout à l’heure, elle se demandait si Reggie avait une copine… Sans doute. Après tout, il avait vingt-six ans et était plutôt bel homme ; c’était même obligé qu’il ait une petite amie…, se persuada la coordinatrice. Mais si elle se renseignait auprès du cadet, elle était quasiment certaine que ce dernier ferait une autre réflexion, comme contrarié qu’elle s’intéresse à son grand frère…
Ah oui, il fallait qu’elle prévienne le jeune homme pour ce soir, s’il prévoyait tout de même quelque chose, ce qui ne l’étonnerait pas… Il devait encore être sur le chemin du retour, spécula Aurore en se redressant pour saisir son portable.

La coordinatrice écrivit ; «  Rendez-vous ce soir à vingt-deux heures. », ajouta le numéro ainsi que le nom de la rue et finit par argumenter sur le fait qu’il devait venir parce qu’elle avait quelque chose à lui montrer. Et le message du jeune homme ne se fit pas attendre ; Paul la menaçait de ne pas venir s’il ne savait pas où il allait. Aurore sourit mais ne lui répondit pas pour autant, préférant quitter l’interface de ses messages et verrouiller son appareil. Le dresseur, malgré les apparences, savait être curieux et elle était pratiquement certaine qu’il allait se rendre à l’endroit indiqué. Parce que depuis un certain temps, même s’il rechignait avant de le faire, Paul exécutait ce qu’elle lui ordonnait. C’était bien pour cette raison qu’elle faisait exprès de ne pas lui répondre.

Abandonnant son téléphone sur le bord de lit, la jeune fille se dirigea vers la salle de bain et se planta devant son reflet. Elle devrait peut-être se préparer avant d’aller grignoter quelque chose… Comme cela, elle serait prête si jamais le dîner s’éternisait. Oui, c’était une bonne idée, conclut-elle en opinant de la tête. Elle rajouterait simplement une touche de gloss après s’être lavé les dents… Aurore fouina dans sa trousse et rapidement, elle ne distinguait même plus le bois clair qui se trouvait autour du lavabo. Tout l’attirail était sorti et trônait fièrement sur le plan de travail alors qu’elle observait chaque objet en silence.

Quand elle y réfléchissait, elle ne s’était jamais montré devant Paul avec quoi que ce soit comme maquillage. Pas de fond de teint, Pas crayon noir, pas de mascara… Mais étant donné que l’occasion du concert se présentait, la coordinatrice pourrait au moins lui faire cette faveur, d’autant plus qu’elle l’avait vraiment senti irrité lorsqu’elle avait voulue se faire belle pour Reggie... Oui, si elle s’était mise sur son trente-et-un pour l’ainé mais qu’elle ne l’aurait pas fait pour le cadet, cela n’aurait pas été logique. Et puis, même si cette simple pensée faisait danser son cœur, elle voulait vraiment se faire belle pour le jeune homme. Après tout, c’était normal qu’elle veuille lui plaire, même si elle était sûre qu’il s’en ficherait royalement. Bien entendue, elle n’allait pas le draguer ouvertement, mais continuerait juste d’agir comme d’habitude, sans éveiller les soupçons, décida Aurore en tendant la main vers le mascara…

A son retour dans la chambre et après avoir un autre deuxième tour dans la salle de bain, la coordinatrice constata avec regret qu’il n’était que vingt-heures. Si elle estimait qu’en faisant le trajet, elle arriverait pour l’heure prévue, Aurore devait donc attendre encore une heure et demie, calcula-t-elle dans un soupir las. Elle devait peut-être se reposer une heure… Bien qu’elle ait dormie en fin d’après-midi, la journée que cette dernière avait passée se faisait ressentir et si elle ne récupérait pas des forces, elle ne pourrait pas s’amuser convenablement lorsqu’elle serait au concert.  Elle devait juste faire attention de ne pas s’assoupir ni de se décoiffer, pensa Aurore en programmant un réveil. Pour finir, elle s’allongea doucement sur le matelas et ferma ses paupières.

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natsu dragneel


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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Lun 19 Mai - 9:04

Le point d’Aurore dans ce chapitre est très intéressant, on comprend mieux ses sentiments et pourquoi elle s’est fâchée contre Zoey. Le fait d’introduire Reggie est une bonne chose cela permet d’avoir un chapitre plus drôle qu’à l’accoutumée.
Mettre du suspense via le texto d’aurore promet pour la suite
Hâte de lire la suite  Very Happy 
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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Sam 24 Mai - 15:24

Encore merci pour ton commentaire Natsu ! Very Happy
Voici la suite qui sera plus intéressante que le chapitre précédent ! Smile

Chapitre 14 : « C’est beau de fabriquer sur scène une émotion, de faire partager du sacré, du spirituel, du charnel. » Alain Bashung

La sonnerie que la coordinatrice avait enclenchée retentit bruyamment dans la pièce et obligea cette dernière à se redresser, les yeux ouverts, afin d’éteindre la musique. Elle s’étira ensuite longuement, les bras vers le plafond et poussa ensuite un profond soupir en laissant mollement tomber ses membres le long de son corps. Une œillade vers son portable lui indiqua qu’elle n’était pas en retard; juste le temps de passer une dernière fois à la salle de bain et c’était bon.

Aurore gagna donc la pièce d’à côté, alluma la lumière et cligna des yeux pour mieux observer celle qui se tenait derrière le large miroir. Après avoir arrangée les mèches de cheveux qui s’étaient éparpillés sur le haut de son crâne, la coordinatrice posa la brosse devant elle et scruta son reflet. Elle avait vraiment dû mal à se reconnaitre : Sa peau blanche était cachée sous une fine poudre tandis que le gloss faisait discrètement ressortir ses lèvres. Le mascara et le crayon noir, quant à eux, accentuaient légèrement la couleur de ses yeux.
Un sourire trancha doucement son visage, satisfait du résultat final. Elle n’avait pas trop mis de maquillage, de peur de ressembler à un véritable pot de peinture, mais en avait suffisamment mis pour que cela se remarque quand même ; un maquillage discret, c’était ce qu’elle préférait.

La coordinatrice éteignit la lumière et quitta la salle de bain. Elle repéra son sac de voyage et chercha à l’intérieur pour en sortir une petite veste qu’elle enfila dans bref mouvement d’épaules. Elle ferma ensuite son bagage, fourra son téléphone portable dans la poche  de son manteau, et coula une œillade sur ses ballerines. Si jamais le bord de la chaussure frottait contre son talon et que ce dernier se retrouvait en sang, cela n’allait pas être glorieux ; elle devrait peut-être mettre des pansements en prévention… Après avoir lâché un juron, elle courut jusque dans la salle de bain, fouilla dans sa trousse de toilette, empoigna ce qu’elle cherchait  et se laissa tomber sur le bord de son lit pour aplatir sauvagement les pansements sur ses talons. Aurore se redressa dans un long râle et posa les petits papiers sur le bord de sa table de nuit ; elle les jetterait quand elle rentrera…
Enfin, elle éteignit la lumière de sa chambre et quitta la pièce en prenant soin de bien fermer la porte à clé. Maintenant, tout ce qu’elle espérait, c’était que Paul vienne au rendez-vous…

OoOoOoOoO

Le regard d’Aurore observait les environs, ou plutôt examinait la moindre personne qui s’approchait de l’entrée. Si Paul lui passait devant et l’attendait à l’intérieur de la masse sombre qui s’agitait à plusieurs mètres dans son dos et qu’il ne consultait pas son téléphone, ils allaient mettre une heure à se trouver ; cela ne serait pas très pratique. Alors la coordinatrice restait plantée là, à un mètre de l’entrée, les mains dans les poches de sa veste parce que, mine de rien, une légère brise soufflait de temps en temps et qu’elle n’était pas aussi chaude que cette après-midi. Elle créa un petit nuage dans l’air devant elle et referma aussitôt la bouche en se rentrant sa tête dans ses épaules. Ouais, le temps se rafraîchissait doucement mais sûrement…, constata-t-elle en tournant paresseusement la tête à droite pour voir un couple la dépasser pour s’enfoncer dans la foule.

Impatiente, Aurore jeta un coup d’œil à l’écran de son portable ; vingt-deux heures quinze. Elle soupira discrètement. Mais qu’est-ce qu’il foutait, à la fin ? Avait-elle mal calculée son coup ? Ne viendrait-il vraiment pas au rendez-vous ? Et puis, pour une fois qu’elle l’invitait ouvertement, il n’allait quand même pas lui poser un lapin, si… ? , se questionna la coordinatrice en regardant une énième fois la rue vide.

A vrai dire et en relisant la réponse de Paul qui imposait sa condition, elle avait encore un petit doute. Elle était pourtant certaine qu’il craquerait et viendrait voir ce qu’elle lui réservait mais il fallait croire que le jeune homme n’était pas le genre de personne à dire des paroles en l’air… Elle se l’imaginait très bien être allonger sur son lit, à fixer le plafond éclairé de sa chambre dans un regard sombre, et a maudire son monde pour n’importe quelle raison…

Aurore se mordit anxieusement la lèvre inférieure alors que l’écran de son appareil étala sa lumière sur le visage de cette dernière. Qu’est-ce qu’elle faisait ; lui renvoyait-elle un message ou attendait-elle qu’il pointe le bout de nez ? Si elle lui envoyait un message, il risquerait de s’irriter encore plus et, au cas où il serait sur le chemin, ferait demi-tour à coup sûr. Ce n’était finalement pas une très bonne idée de choisir cette option… Autant patienter encore quelques minutes, conclut-elle en enfournant son téléphone à l’intérieur de sa poche.

Au moment où elle relevait la tête, elle entendit des pas et tourna la tête à gauche. Alors qu’un énième inconnu se dessinait à quelques mètres d’elle, au moment où ce dernier passa sous un lampadaire, Aurore reconnue sa veste mauve ainsi que les cheveux qui étaient assortis. A la vue de sa démarche nonchalante et de ses deux orbes noirs, la coordinatrice sentit les pulsations de son cœur s’accélérer et sa gorge se nouer petit à petit. Alors qu’un fin sourire étira discrètement ses petites lèvres, elle tendit un bras au-dessus de sa tête et le secoua timidement. Il était venu, il était venu, se répéta-t-elle, le cœur gonflé d’une joie non feinte.

Les mains dans ses éternelles poches, Paul arriva finalement auprès d’elle. Sachant qu’il ferait immédiatement demi-tour si elle lui faisait remarquer qu’il était en retard, elle resta silencieuse et l’observa. Il venait de jeter une œillade au bruit derrière elle pour finalement grimacer explicitement en voyant l’endroit où elle l’avait invitée.

«  Un concert ? Alors c’était ça que tu voulais me montrer ? » Questionna-t-il sur un ton agacé, les sourcils froncés
«  J’avais promis de te faire entendre le genre de musique que j’écoutais, non ? Je me suis dit que c’était l’occasion. » Répondit-elle en haussant les épaules, le sourire aux lèvres

Un simple « Ah… » sortit de la bouche du jeune homme tandis qu’elle lui ordonnait de la suivre puisque cela avait déjà commencé, avant de s’arrêter dans son élan en entendant à nouveau la voix de ce dernier.

«  Attends : Tu t’es… maquillée ? » Osa-t-il dans une remarque qui se voulait neutre
«  Et-Et alors ? » Répliqua Aurore sur la défensive, sentant déjà ses joues se colorer de rouge
«  Alors, rien du tout ! » Enchaina-il en la dépassant dans un râle non dissimulé

La coordinatrice ne savait pas si c’était sa vision ou l’éclairage des lumières qui arrivait jusque devant l’entrée, mais elle lui avait semblé voir les traits de Paul se tirer d’embarras. Etait-ce pour cela qui venait de râler ? Lui faisait-elle vraiment de l’effet ? Non, non, elle avait sans doute rêvée, se persuada Aurore en le rejoignant d’un pas rapide. Cependant, elle se demandait tout de même qu’est-ce que le jeune homme pensait du fait qu’elle se soit maquillée pour l’occasion… Elle se voyait mal lui poser la question et après réflexion, elle préférait ne pas connaitre la réponse.

Paul accélérait le pas et gagnait déjà l’attroupement  qui se formait ainsi que la mélodie qui se faisait entendre. Il s’enfonçait dans la foule et Aurore peinait à le suivre ; elle dû bousculer quelques passionnés ou encore s’excuser pour avoir la voie libre. Alors, lorsqu’elle le rattrapa, la coordinatrice lui agrippa le bras, obligeant ainsi son propriétaire à s’arrêter. Ils étaient encore loin de la scène et on pouvait entendre aisément les badauds parler entre eux sans qu’ils ne soient obligés de crier. Le dresseur lui fit remarquer que c’était elle qui voulait voir ce fichu concert et que, même si cela l’ennuyait profondément, il avait fait un effort pour venir au rendez-vous. Il rajouta qu’à présent, elle avait plutôt intérêt à rester ici si elle ne voulait pas le voir repartir dans la minute qui suivait. Et le ton que Paul venait d’employer était sans appel.

«  Ce n’est pas ça… » Tenta Aurore avant de croiser son regard perçant et de détourner finalement les yeux, les sourcils légèrement froncés, mal à l’aise

C’était horrible : Son cœur n’arrêtait pas de tambouriner contre sa poitrine, comme s’il voulait sortir au plus vite de sa prison. Elle pinça ses lèvres et ferma les yeux dans un soupir silencieux. Elle calma du mieux qu’elle pouvait ses battements incessants et réussie finalement à parler. Sa voix s’éleva néanmoins sur un ton de reproche.

«  Il y a beaucoup de monde et tu avances trop vite ; je n’arrive pas à te suivre. »

Autour d’eux, les fanatiques se déhanchaient tandis que d’autres restaient debout, les yeux rivés en direction de la scène où la voix du chanteur hypnotisait son public. En fixant le visage de Paul, elle lui avait semblé voir ses traits se tirer, ses lèvres se pincer ainsi qu’un air embarrassé caresser sa peau. Alors que sa marche reprit bien malgré elle, la coordinatrice ne comprit pas tout de suite ce qu’il venait de lui arriver. Mais en sentant que quelque chose lui empoignait la main gauche et que ce contact réchauffait sa main refroidit par le temps, elle comprit, le rouge aux joues, que le jeune homme venait d’attraper brusquement sa main. Il marmonnait un « Comme ça, tu avanceras à la même vitesse que moi. » d’une voix qui trahissait sa gêne, pour ensuite lui tourner le dos, concentré à se frayer un chemin à travers toute cette foule.

Elle resserra délicatement sa prise et étira ses lèvres dans un autre sourire ; un geste ferme mais remplit de bonnes intentions. Dans le fond, Aurore l’avait toujours su ; il y avait vraiment du bon en Paul et elle était plutôt contente que ce soit à elle qu’il montre cette partie de lui. Elle pensa alors que les doigts du jeune homme lui procuraient une agréable sensation de sécurité. Oui, c’était cela ; malgré son aura menaçante, elle se sentait en sécurité lorsqu’elle était près de lui. En laissant tomber son regard sur leurs paumes liés qui se balançaient maladroitement de droite à gauche, la coordinatrice ne put s’empêcher de sentir sa cage thoracique grossir simultanément. Maintenant qu’elle y faisait un peu plus attention, la main du dresseur avait l’air énorme accrochée ainsi à la sienne. C’était sans doute l’effet des lumières qui jaillissaient de la scène, éluda Aurore en tournant la tête vers le groupe de chanteurs.

Le dos de Paul ralentit et, après avoir fait quelques pas, il s’arrêta définitivement pour jeter une œillade au-dessus de son épaule. Elle tenta de lui sourire malgré les rougeurs sur ses pommettes mais le dresseur se tendit et évita discrètement de rencontrer son regard. Aurore remarqua que l’endroit où il s’était arrêté était plutôt bien choisi. Il n’y avait ni trop de monde ni trop d’espace. Juste la place pour que quelques personnes puissent danser. Les deux jeunes s’étaient rapprochés de la scène et par conséquent, ils ne pouvaient plus parler aussi facilement que tout à l’heure. Elle devait donc s’approcher de lui pour être sûre de se faire entendre… Les applaudissements et les cris d’hystérie suivirent naturellement le brusque tintement de cymbales qui signait la fin de la musique.

Un autre morceau commença dans de profondes basses et Aurore pensa qu’il n’y avait pas qu’elle qui devait s’amuser ; Paul aussi était là pour profiter de la fête. Alors, prise par le tempo, elle tira le jeune homme pour tourner le dos à la scène et saisir sa deuxième main. Elle releva le menton dans un rire silencieux et essaya de le faire danser. La coordinatrice secoua idiotement ses bras mais le dresseur n’avait pas l’air très réceptif puisqu’il ne bougeait pas d’un pouce, coulé sur place. Le chanteur prononçait déjà des paroles avec passion, suivit bien évidemment des fans qui l’accompagnait tous en chœur.  Aurore arrêta d’agiter les membres du jeune homme et fit un pas en avant pour s’approcher de lui. Paul n’était pas très grand, mais la coordinatrice nota qu’elle devait quand même s’élever légèrement pour pouvoir communiquer avec lui.

«  Danse ! » Cria-t-elle près de son oreille

Elle s’écarta de lui puis, entrainée par la musique, se balança légèrement de droite à gauche, fixant le visage de son interlocuteur. Ses traits étaient encore tendus et sa pomme d’Adam venait de brièvement se lever, signe qu’il venait de déglutir. Ses yeux parlaient sans qu’il n’ait besoin de lâcher le moindre mot. Son regard lui demandait clairement si elle l’avait bien regardée et ajouta qu’il n’allait pas danser comme tous ces fous autour d’eux.

«  Tu t’en fiches, personne ne peux te voir ! » Argumenta-t-elle

Et c’était vrai, elle pouvait poser les yeux n’importe où, Aurore ne voyait que des silhouettes se mouvoir dans le noir. Elle n’en était pas très sûre la première fois qu’elle s’était approchée de lui, mais maintenant elle en avait la certitude : Paul avait mis du parfum. Et il sentait plutôt bon, nota la coordinatrice en humant discrètement l’odeur qui se dégageait du jeune homme. Mais quelque chose la gênait ; d’habitude, Paul n’en mettait pratiquement pas. Enfin, pas qu’elle le reniflait à chaque fois qu’elle le croisait, non, mais cela prouvait que, malgré les apparences, il prenait quand même le rendez-vous au sérieux, pensa-t-elle dans un fin sourire.
La lumière venait d’éclairer le public et Aurore pu voir qu’à présent, le dresseur la scrutait comme si elle venait de lui sortir une mauvaise blague, les sourcils froncés.

Après avoir réfléchit un instant, elle tiqua et supposa que Paul ne sache peut-être pas danser. C’était sans doute pour cette raison qu’il ne réagissait pas… ? Si c’était le cas, elle se fit la réflexion qu’un jour, elle devrait lui apprendre. Cela pourrait toujours lui servir plutôt que de rester planter au milieu de la piste, à ne rien faire. Mais vu le caractère du jeune homme, Aurore était presque certaine que si Paul était invité à ce genre de fête, il passerait sa soirée à côté du buffet, le regard blasé, un verre à la main, s’imagina-t-elle avec amusement.

Une deuxième réponse s’imposa ensuite dans son esprit : A moins… qu’il n’aimait pas du tout ce genre de musique… ? Elle croisa ses deux orbes sombres pour voir qu’il se tendait et détournait discrètement le regard, embarrassé. Aurore effectua une petite pression sur ses mains pour attirer à nouveau son attention et s’éleva ensuite sur la pointe des pieds ; le meilleur moyen de le savoir était encore de lui poser la question…

«  La musique ; tu aimes ? »

Elle fronça les sourcils en voyant la bouche de son interlocuteur bouger faiblement. Il n’avait pas parlé assez fort et elle ne savait malheureusement pas lire sur les lèvres pour comprendre ce qu’il venait de dire. Elle grimaça un « Quoi ? » et s’approcha une énième fois de son visage.

«  J’ai entendu pire… ! » Répondit-il en haussant légèrement la voix

Donc ? Cela voulait dire qu’il aimait bien ? Pourquoi ne disait-il pas les choses clairement ? Aurore n’eut pas le temps de se torturer de questions qu’un détail la stoppa progressivement dans ses pensées. Même si Paul arborait un air impassible, ses lèvres ne bougeaient pas ouvertement mais elle avait très bien remarquée que ces dernières se mouvaient au même rythme que les paroles du chanteur, et qu’un petit mouvement de la tête trahissait son attirance pour la guitare qui grésillait dans les énormes hautparleurs. Alors sa réponse était positif ; ce genre de musique lui plaisait, sourit la coordinatrice.  

Voir le dresseur se faire hypnotiser par une musique ne lui ressemblait pas du tout et elle devait avouer qu’elle prenait vraiment plaisir à observer le jeune homme qui profitait discrètement de la fête. Cette vision la fit doucement rire alors que son cœur se serra et que ses poumons se bombèrent d’une sensation indescriptible. La coordinatrice riait d’un rire vraiment doux et avait l’impression d’être ivre. Ivre de joie. Ivre d’amour. Ou les deux, elle ne savait pas très bien… Mais une chose était sûre ; elle se sentait extrêmement bien, là, près du jeune homme, leurs mains liées, se balançant légèrement au rythme de la musique qui envahissait l’air.

Et accessoirement, Aurore ne put s’empêcher de penser qu’une fois de plus, elle venait de faire un autre pas vers la mission que lui avait confiée Reggie. Elle commençait un peu à comprendre pourquoi il n’y avait qu’elle qui puisse changer le cadet et que c’était bien parce que sa joie de vivre poussait naturellement les autres à la suivre dans tout ce qu’elle entreprenait. La musique se finit sur les dernières paroles du chanteur et les hurlements des plus hystériques se firent bruyamment entendre.

Une autre mélodie débutait et l’obligea bien malgré elle à lâcher les mains moites de Paul pour se tourner vers le groupe qu’elle distinguait entre deux épaules, le cœur battant, le regard pétillant. C’était son morceau préféré. Elle se mit à son tour à mimer les paroles du chanteur tandis que la passion commençait à la dévorer petit à petit, entrainée par le duo de batterie et de la guitare qui s’enchainaient alternativement.

Aurore tourna la tête vers Paul pour voir qu’il scrutait à nouveau la scène en faisant du mieux qu’il pouvait pour ne pas suivre les paroles de l’interprète. Mais la mélodie était tellement attractive que même lui ne pouvait résister. Alors, dans un élan d’excitation, elle lui agrippa rapidement le poignet pour tirer son bras vers le ciel en laissant échapper un petit cri de joie. Après lui avait lâché le poignet, elle se tourna vers lui et rit joyeusement, la mine réjouie.

La coordinatrice observa Paul remettre sa main dans la poche de sa veste et n’eut qu’une envie ; lui dire à quel point elle était contente qu’il soit venu. Sans lui, elle était convaincue que la soirée aurait été bien fade. Elle attrapa donc un bout de tissu accroché à son bras et le fit pencher sur le côté pour s’élever une énième fois près de son oreille.

«  Tu sais, je-… ! »

Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que Paul venait de sursauter et de la repousser brusquement. Elle se cogna contre un passionné qui ne nota même pas ce qu’il venait de lui arriver, trop concentré dans le dernier couplet de la mélodie, et releva la tête pour apercevoir le regard sombre ainsi que les lèvres pincées du jeune homme avant de le voir disparaitre entre deux silhouettes.

Très vite, le refrain s’enchainait sous les cris de plus en plus hystériques des fans alors qu’Aurore était dos à la scène, bras ballants, les yeux rivés sur la masse qui se berçait devant elle. Comme au lac, il avait encore fui et cette fois, elle n’avait pas eu le temps de réagir aussi vite. Paul s’efforçait clairement de repousser l’échéance, de rejeter ses émotions, de reconnaitre qu’il était pratiquement devenu un adolescent normal. Il fallait croire que c’était beaucoup plus difficile que cela en avait l’air…, songea-t-elle. Mais ce n’était pas le moment de se torturer avec ce genre de pensées. La priorité était de le rejoindre pour s’assurer qu’il aille bien. Elle était convaincue que le dresseur n’était pas rentré à son hôtel et qu’il était toujours ici, du moins, à l’entrée. Elle s’y dirigea donc en doublant difficilement la lignée d’inconnus qui remuaient, entendit son prénom à quelques mètres de là, et stoppa automatiquement sa marche, la tête tournée à droite.

Paralysée, elle fixait silencieusement Zoé s’approcher d’elle. Ce n’était pas possible, elle qui espérait ne pas la croiser, on dirait que la chance ne tournait pas en sa faveur…, grimaça discrètement Aurore. La musique, se fit plus douce bien qu’elle conservait ses rapides solos de guitare électrique. C’est à ce moment-là que la rousse se décida à parler sur un ton plutôt hostile.

«  Alors c’était ça ton empêchement ? J’le crois pas… ! » S’indigna Zoé dans un mouvement de bras, « Tu as préféré venir avec lui plutôt qu’avec moi ? »
«  É-Écoute, je vais tout t’expliquer ; depuis longtemps, j’avais promis à Paul de l’emmener à un concert et-… »
«  C’est ça ouais ! Si je ne t’avais pas mise au courant pour le concert, tu ne serais pas ici en ce moment ! »
«  On y serait allé ensemble la prochaine fois… ! » Tenta la coordinatrice en ouvrant les paumes d’un air désolé

Zoé balaya sa remarque d’un revers de la main et lui avoua qu’en fait, cela l’arrangeait qu’elle soit là puisqu’elle allait pouvoir mettre certaine choses au clair. Aurore plissa le nez ; cela ne sentait pas bon mais soit, si la rousse voulait s’expliquer, autant le faire maintenant, pendant que la musique et le chant ne montaient pas dans des tons opposés. Elle ferma un instant les paupières, se préparant mentalement, et finir par lâcher un « Vas-y, je t’écoute. » d’une voix qui se voulait sobre.
 
«  Pour commencer, Aurore... Je vais t’ouvrir les yeux : Tu ne vois pas que tes sentiments pour ce type sont à sens unique ? Et pourtant, tu t’acharnes à vouloir rester à ses côtés ? Tu espères qu’il finira par tomber amoureux de toi au fil du temps ? Mais redescends sur terre, bon sang ! »

La coordinatrice tiqua à ses questions plus que réprobatrices pendant que son cœur battait frénétiquement depuis quelques secondes. Comment avait-pu le voir ? Son affection pour le jeune homme se voyait donc tant que cela ? Non, c’était impossible. La seule réponse rationnelle, c’était parce que Zoé et elles se connaissaient plutôt bien et que la rousse avait déjà eue des doutes sur la relation qu’elle entretenait avec Paul. Mais alors pourquoi son amie n’était-elle pas contente pour elle ? Au lieu d’être aussi hostile, elle aurait dû la soutenir et l’encourager, pas détruire ce qu’elle avait mis tant de temps à forger avec le dresseur ! Elle ne comprenait vraiment pas la raison de ses agissements !

Aurore fronça les sourcils alors que le sang, au même rythme que la mélodie, tapait de façon régulière à l’intérieur de ses tempes. Et puis, qu’est-ce que c’était que ces suppositions ? Elle ne restait pas avec lui en attendant qu’il tombe amoureux d’elle ! Pas du tout ! Elle voulait simplement être à ses côtés, qu’est-ce qu’il y avait de mal à cela ? Finalement, elle ferma ses paupières, comme pour se calmer, et reporta son attention sur la rousse.

«  Je me suis déjà fait la réflexion mais… Tu n’écoutes pas quand on te parle… ! » S’irrita la coordinatrice, « Tu peux dire c’que tu veux, je reste avec lui ! Et ma relation avec Paul ne te regarde pas ! Pourquoi tu agis comme ça ? Qu’est-ce que tu cherches à faire en m‘éloignant de lui ? »

Elle entendit la rousse lâcher un « Je… ! », se taire brusquement pour baisser la tête, se mordre la lèvre inférieure et se frotter anxieusement son bras qui reposait le long de son corps, mal à l’aise. Elle distingua les deux orbes rouges de Zoé se plisser avant laisser tomber son regard à côté d’elle, un pauvre sourire sur le visage.

«  Tu n’es plus la même depuis que tu le fréquentes… » Avoua-t-elle, « Tu nous mets carrément de côté pour lui. »
«  Parce que je devrais vous privilégier à son détriment ? » S’outra la coordinatrice, « Désolé mais je ne suis pas comme ça ! Je ne peux pas l’abandonner ! »
«  Et pourquoi pas, après tout ? » S’obstina Zoé, « Il n’a rien d’intéressant ! Il a toujours été seul et il doit le rester ; tu ne comprends pas que c’est dans sa nature ? »

La coordinatrice ferma lourdement ses paupières dans un faible soupir silencieux alors que deux doigts pinçaient l’arrête de son nez : Cela suffisait, elle en avait marre de cette conversation qui ne menait à rien, qui tournait en boucle et qui lui faisait perdre du temps. Au moins, ses intentions étaient claires ; Zoé, ainsi que tous les autres, voulaient vraiment la séparer de Paul. Franchement, elle ne les pensait pas si égoïstes… ! Et cette simple pensée la répugnait. Et puis, pourquoi disait-elle cela ? Elle le connaissait à peine… ! Tout cela parce que le désagréable dresseur avait une personnalité plutôt solitaire… ! Foutu préjugés… ! Elle serra rageusement les dents et se détendit dans un autre soupir silencieux avant de faire à nouveau face à la rousse.

«  Pense ce que tu veux ! Si rester avec lui signifie me mettre tout le monde à dos, alors tant pis ! Maintenant, si tu veux bien m’excuser… » Finit Aurore en s’enfonçant dans la masse qui continuait de s’agglutiner

La coordinatrice avait bien fait de couper court à la conversation. Elle ne sait pas ce qu’elle aurait fait si elle était restée une minute de plus, et elle s’imaginait difficilement se battre avec la rousse... En plein concert, cela n’allait pas le faire…, pensa-t-elle en contournant un énième fanatique qui sautait sur place. Mais cela ne l’empêchait pas d’être toujours énervé de sa conversation avec Zoé. Tout ce qu’elle espérait, c’était que la rousse comprenne le message et que son entourage la laisse enfin tranquille. Oui, tout ce qu’elle voulait à présent, c’était être au calme, auprès de Paul et rien de plus.  
Elle sortit en trombe de la masse noire qui remuait dans tous les sens et reporta son attention devant elle.

Aurore s’arrêta net en découvrant le dresseur adossé au pot de pierre qui désignait l’entrée du concert.  Il avait apparemment sentit sa présence aux bruits de ses sandales et tourna intentionnellement la tête vers la chaussée pour ne pas la voir. Elle resta silencieuse et  attendit qu’il donne la première réplique. Après une longue minute d’intenses réflexions, la voix de Paul s’éleva rauquement dans l’air.

«  Je suis désolé de gâcher les moments que l’on partage ensemble… »

La voix de Paul calma aussitôt sa colère et la coordinatrice frissonna en sentant un léger vent faire virevolter ses cheveux. Mais pour Aurore, c’était la phrase de trop. En fixant la silhouette du jeune homme qui dégageait une aura plutôt fière malgré sa solitude écrasante, ses bras croisés sur son torse, et à cause de la pression due à sa conversation avec Zoé, la coordinatrice rentra la tête dans ses épaules, les mains dans les poches de sa veste. Elle serra durement les dents et refoula les larmes qui lui montaient aux yeux. Elle ne devait pas pleurer et se donner en spectacle comme cela. Surtout pas devant lui. La réalité pesait trop lourd sur sa conscience et elle n’avait pas pu s’empêcher de se sentir blessé au sujet du dresseur. Elle ne pensait pas que cela serait si dur de se dire que personne ne voulait de lui, qu’il était traité comme un paria et que même s’il était au courant, Paul faisait comme si de rien n’était. Pourquoi lui, d’abord ? Il ne pouvait pas s’en prendre à quelqu’un d’autre ? Juste parce qu’il était le rival de Sacha, c’était cela ? A croire que son entourage aimait faire du mal aux autres…

Aurore déglutit discrètement et releva la tête en grimaçant un sourire, les paupières fermées.

«  Tu ne gâches rien du tout ; arrête de dire ça, Paul. Si quelqu’un a tout gâché, c’est plutôt moi : Je devrais pourtant retenir que tu n’aimes pas être approché de trop près… » Finit-elle en portant une main à sa nuque, l’air désolée

Elle re-ouvrit les yeux et croisa son regard songeur qui l’observait en silence. Le dresseur tourna ensuite la tête vers la musique qui s’échappait de la foule, cligna des yeux et reporta calmement son attention sur la coordinatrice qui contracta automatiquement sa mâchoire, les joues roses, le cœur battant. Ce fût le moment qu’il choisit pour paresseusement se faire entendre.

«  Je t’ai vue en train de parler avec ton amie. La rousse de cette après-midi, là… » Déclara-t-il

Aurore écarquilla les yeux et se mordit la lèvre inférieure. Elle n’arrivait pas à décrire ce qu’elle ressentait à l’instant présent. Elle se sentait mal à l’aise d’avoir été découverte en présence de la rousse, comme si aux yeux de Paul, la coordinatrice était encore en contact avec l’ennemi, mais en même temps, elle était heureuse d’apprendre que le dresseur avait attendu son arrivée, qu’il avait guetté la foule pour voir si elle l’avait suivie.

La coordinatrice scruta les deux orbes sombres du dresseur et finit par le rassurer maladroitement en lui avouant qu’elle n’avait pas changée d’avis depuis cette après-midi, qu’elle resterait avec lui et même s’il fallait qu’elle abandonne son entourage, elle préférait être avec le jeune homme plutôt qu’avec des gens qui ne faisaient que juger comme des gamins.

Lors d’un instant, Paul parut surpris et elle comprit que ses mots venaient encore de le toucher. Mais lorsque la seconde d’après, il la sondait silencieusement du regard, comme pour trouver le moindre mensonge qu’elle aurait pu prononcer, Aurore ne bougea pas d’un millimètre, ses yeux rivés sur le jeune homme. Il finit par fermer les paupières, décroiser ses bras et se décoller du mur pour s’avancer sur la chaussée où elle le suivit sans un mot. En observant le dos du dresseur qui avait les mains dans les poches de sa veste, elle comprit qu’il n’avait pas besoin de parler pour lui transmettre son message ; Il s’apprêtait à partir définitivement. Elle décida, après avoir pincées brièvement ses lèvres, de prendre les devants, le ton légèrement déçu.

«  Tu ne veux pas rester plus longtemps ? Ça fait à peine une demi-heure que le concert à commencer… »
«  Non. Merci de m’avoir invité quand même. »

Et le silence retomba lourdement entre les deux jeunes. Si Paul la remerciait malgré le ton sobre qu’il venait de prendre, c’était qu’il s’était tout de même amusé, supposa-t-elle en distinguant ce dernier jeter une œillade au-dessus de son épaule. La coordinatrice l’observa ensuite parcourir la distance qui les séparait pour lui saisir la main, lui fourrer un objet à l’intérieur et pour refermer fébrilement ses doigts dessus. Son cœur rata un battement et ses joues prirent un teint rose en fixant la paume de Paul qui s’accrochaient fermement, comme si ce qu’il venait de lui donner était très précieux.

«  Je… S’il t’arrive quelque chose, utilise ça. » Ordonna-t-il d’une voix mal assurée, le regard ailleurs

Elle ouvrit doucement ses doigts pour découvrir l’objet en question, resta un instant dépitée et finit par relever le menton en déclarant un « Mais t’es vraiment parano, en fait. » , avant de détourner à son tour les yeux.

«  Ça aurait été plus simple si tu me raccompagnait… » Avoua-t-elle d’une voix embarrassée
Et c’était vrai ; elle se sentirait certainement mieux en sa compagnie plutôt qu’en celle d’un simple couteau suisse. Après l’avoir entendu soupirer brièvement, le jeune homme lui répondit que son hôtel et le centre Pokémon étaient à l’opposé l’un de l’autre, ce que la coordinatrice traduisit par une vulgaire paresse. Il ne voulait pas faire tout le chemin et c’était bien pour cette raison qu’il venait de lui coller une arme dans les mains… Elle comprenait maintenant pourquoi le dresseur avait toujours les mains dans les poches de sa veste… Mais n’allait-il pas un peu trop loin ? D’accord, une agression était si vite arrivée, mais de là à se promener avec un poignard sur soi…, estima Aurore dans un soupir découragé.

«  On n’est jamais trop prudent… » Argumenta Paul d’une voix qui se voulait neutre

Le dresseur retira ensuite sa paume et rangea ses mains dans leurs poches habituelles. Un sourire étira discrètement les lèvres de la coordinatrice ; le fait qu’il lui donne une arme pour qu’elle puisse se défendre prouvait néanmoins qu’il s’inquiétait de son sort. Paul ne mentait pas lorsqu’il avait déclaré qu’elle comptait pour lui… Aurore n’eut pas le temps de pousser un peu plus loin ses réflexions que son interlocuteur lui tournait déjà le dos et s’était arrêter à quelques mètres de cette dernière. Pressentant qu’il allait dire autre chose, elle ne parla pas et laissa une légère brise souffler entre eux. Après que le vent se soit estompé, la question du jeune homme s’éleva enfin dans l’air.

«  Est-ce que… Est-ce que demain, tu pourras venir au square qui se trouve à côté ? »
«  Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? » Questionna Aurore, les sourcils froncés
«  Ne pose pas de questions et viens ! » Ordonna-t-il d’une voix qui trahissait sa gêne

Elle mit ses mains devant elle, fit un petit mouvement afin de tempérer le caractère du dresseur et le rassura en lâchant un « D’accord, d’accord. » avant de promettre sur un ton peu assuré qu’elle viendrait. Paul jeta un dernier regard dans sa direction, l’informa qu’il s’en allait et, sans demander son reste, s’éloigna petit à petit.

Lorsqu’il ne fût qu’une toute petite tâche sombre, Aurore cligna des paupières et décolla enfin ses ballerines de l’endroit où elle était plantée. Imitant le jeune homme, elle enfonça ses poings dans les poches de sa veste et pria pour qu’elle n’ait pas à utiliser l’arme sur le chemin du retour. La coordinatrice tiqua soudainement dans un léger spasme et se rendit compte que Paul ne lui avait même pas donné d’heure à laquelle elle devait venir…
Elle remédia rapidement le problème en sortant son téléphone portable et en lui posant la question par message. La réponse ne se fit pas longtemps attendre et Aurore dût s’arrêter net pour relire l’horaire qu’il imposait...

«  Huit heures trente. Neuf heures maxi. »
Hé c’était super tôt, en fait…! , râla-t-elle en reprenant sa marche. Cependant, elle ne pouvait pas se permettre de chipoter sur ce détail ; Paul avait fait un effort pour venir au concert alors elle devait en faire autant… Mais pourquoi aussitôt ? Il n’y aurait personne au square à cette heure-là. Peut-être le clochard de base couché sur un banc, avec toutes ses affaires autour de lui mais rien de plus… A moins que c’était ce qu’il voulait, qu’il y ait le moins de monde possible… Cela l’intriguait beaucoup et si elle ne savait pas le dresseur aussi impulsif, elle l’aurait déjà incendié de milliers de questions… Bon, ce n’était pas grave, elle pouvait bien lui rendre ce service, estima-t-elle en rangeant son appareil.

Aurore se replongea dans ses pensées en sentant le métal froid dans son poing gauche et ne put s’empêcher de lâcher un râle d’exaspération. Sérieusement, Paul était fou de se trimballer avec une arme sur lui… ! S’il se faisait vraiment chopper, on le prendrait pour un criminel et vu qu’il n’était pas encore majeur, c’était Reggie qui allait avoir des problèmes…, soupira la coordinatrice en dérivant ensuite sur son impression du concert.

Un sourire étira largement ses lèvres tandis qu’elle y songeait encore. Elle avait tellement de choses à dire et même s’ils n’étaient pas restés bien longtemps, elle avait réellement apprécié les moments passés avec le dresseur. La coordinatrice ne regrettait pas une seule seconde de l’avoir invité, et cette pensée la conforta dans l’idée qu’elle ne reviendrait pas sur sa décision, même si Zoé ou quelqu’un d’autre venait la supplier. Oui, elle était convaincue d’avoir fait le bon choix en restant auprès de celui qu’elle aimait, conclut Aurore en opinant du menton…

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Aimrys


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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Jeu 5 Juin - 14:22

J'ai vu, j'ai lu, et j'aime été ému !

Franchement j'aime beaucoup comme la psychologie des perso est détaillé, et la façon dont elle avance Smile Maintenant je n'ai qu'une obsession, savoir la SWEEEEEEEEEUIIIIIIIITTTTE ! Very Happy

Bon boulot à vous deux jusqu'à présent Wink
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MessageSujet: Re: [Ikarishipping] Les Pokémons amoureux   Sam 7 Juin - 13:19

@Eric : Meci beaucoup pour ton commentaire ! Very Happy
J'espère que la suite vous plaira les amis ! Very Happy
Par contre, obligée de couper et de faire un double poste : j'ai trop de pages Word ahah ! x)

Chapitre 15 : « Ce que j’éprouve pour toi finira par se dévoiler au grand jour. Comme un papillon émergeant de sa chrysalide pendant un jour de pluie. » Lolo57

Les mains dans les poches de son pantalon, Paul bailla paresseusement et ne prit pas la peine de mettre sa main devant la bouche puisque de toute façon, il était seul et personne ne pouvait lui reprocher son manque de politesse. Une œillade derrière son dos lui suffit pour voir l’horloge qui était accroché au-dessus de la porte d’entrée et qui affichait sept heures trente. Il n’était décidément pas habitué à se lever tôt…, constata-t-il en refoulant un autre bâillement et en se tournant vers sa fenêtre. D’autant plus que la veille, il était rentré du concert à vingt-trois heures et qu’il n’arrivait pas réussi à dormir de la nuit. Il fallait dire que la soirée qu’il avait passé l’avait sérieusement troublé et il n’avait fait que d’y repenser.

En réalité, il savait très bien qu’en allant à l’adresse que lui indiquait Aurore, cela allait être un plan foireux. Et il ne s’était pas trompé : un concert…, avait-il soupiré. Franchement, où avait-elle été cherchée cette idée ? Elle savait très bien qu’il n’aimait pas la foule et le bruit ! Elle l’avait fait exprès, ou quoi ? Cependant en voyant la coordinatrice, il était forcé d’admettre qu’il avait bien fait de venir ; même si c’était léger et qu’ils n’étaient éclairés que des faibles lampadaires, il avait vu qu’elle s’était maquillée. Elle avait fait ressortir sa beauté intérieure et il avait trouvé qu’à cet instant, elle était plutôt mignonne. Même si après qu’elle ait répliquée sur la défensive, il n’avait pu s’empêcher de sentir son sang s’agglutiner au niveau de joues, ce qui l’avait obligé à se diriger la foule qui s’étaient entassée à quelques mètres de l’entrée. Tant pis, s’était-il dit, s’il fallait supporter cette forte musique pour ne pas qu’elle remarque son embarras, alors il le ferait.

Et tandis qu’il s’était frayé un chemin à travers tous ces fous qui s’excitait pour si peu de musique,   Aurore l’avait retenu en lui reprochant qu’il allait trop vite et qu’elle n’arrivait pas suivre. A ce moment-là, Paul avait vu rouge : Lui qui s’était donné tant mal pour être venu et pour supporter un chanteur qui criait de toutes ses forces dans le micro, Aurore n’avait rien trouvé de mieux à faire que de le réprimander. Il avait donc laissé la colère l’envahir et lui avait répondu sur un ton où elle n’avait plus son mot à dire. Mais ses gestes trahissaient ses paroles puisque la minute d’après, dans un élan brusque et mal assurée, Paul ne savait toujours pas pourquoi il lui avait pris la main en marmonnant un argument pitoyable. Tant bien que mal, le dresseur avait slalomé entre les hystériques, fermement agrippé à la paume de la coordinatrice. Mais ce qu’il se souvient le plus, c’était d’avoir aimé le contact froid que lui avaient procuré ses fins doigts à l’intérieur de sa paume, songea-t-il en souriant légèrement. Sa main lui avait semblait fragile et même si elle avait resserré sa prise, il avait eu peur de faire pareil, sous peine de la lui broyer définitivement.

Après ça, le jeune homme allait lâcher la main de la coordinatrice mais Aurore ne l’avait pas vu de cet œil puisqu’il avait sursauté intérieurement en la voyant prendre son autre main pour secouer ses bras dans tous les sens, le sourire aux lèvres. Si elle comptait le faire danser, elle pouvait toujours essayé, avait-il pensé. Mais ce qu’il n’avait pas du tout prévu, c’était qu’elle se rapproche dangereusement de son oreille pour lui ordonner de danser. Elle avait été si proche de lui que Paul n’avait pu s’empêcher de rester paralysé pendant un instant, le rouge aux joues, gêné d’avoir été si près de la jeune fille. Lui et la proximité entre les autres ne faisait vraiment pas bon ménage, soupira le dresseur en tournant la tête vers l’horloge qui avançait encore d’un centimètre. Mais ce n’était pas de sa faute si elle lui avait bousillé les tympans ; avec tout le bruit environnant, difficile de faire plus simple, comme moyen de communication…

Aurore avait ensuite tenté un argument plutôt déterminant mais ce n’était pas cette preuve qui l’avait dissuadé de danser, au contraire, il n’avait pas bougé d’un pouce, et avait noté que la coordinatrice n’avait toujours pas lâché ses mains, qu’elle les avait gardés fermement dans les siennes, comme si elle avait eue peur qu’il ne s’échappe.
Sortant ses mains de ses poches, les yeux rivés sur ces dernières, Paul les ferma en un poing avant de les ouvrir à nouveau, et ce, plusieurs fois de suite ; il sentait encore le toucher des doigts de la jeune fille et nota qu’à cette pensée que ses mains picotaient, comme s’ils avaient reçus des piqûres d’aiguilles. Alors, dans un râle significatif, il les enfonça à nouveau dans ses poches et soupira.

Le dresseur se souvint qu’elle l’avait regardé et qu’elle était visiblement en plein réflexion. Et la question qui la mettait dans cet état fut soufflée dans le creux de son oreille, forçant une fois de plus son cœur battre frénétiquement. Comme s’il ressentait encore ses pulsations de la veille, Paul contracta sa mâchoire et posa sa main au niveau de son cœur pour le serrer durement alors que la voix de la coordinatrice résonna dans son esprit.

«  La musique, tu aimes ? » Lui avait-elle demandé

Le jeune homme avait réfléchit et avait fini par lui répondre vaguement. En réalité, même s’il ne voulait pas l’admettre mais étonnamment, il s’était surprit à aimer ce genre de musique où la guitare, la batterie et la basse s’accordaient à merveille avec les paroles du chanteur. Après un moment, Aurore lui avait finalement lâché les mains pour se tourner vers la scène et Paul n’avait rien dit. Le dresseur avait juste noté la pointe de déception lorsqu’elle l’avait enfin lâché. Enfin, il avait eu la sensation qu’ils ne s’étaient pas tenu longtemps et que le plaisir qu’il commençait à éprouver lui avait immédiatement été retiré. Et puis de toute façon, qu’aurait-il pu lui dire ? « Ne me lâche pas. » ? Non, non, c’était vraiment trop embarrassant et il ne s’était pas du tout vu le lui dire. Alors il s’était contenté de la regarder chanter et bouger au rythme de la musique.

Et puis il y avait eu ce moment où elle avait voulu dire quelque chose mais pour Paul, le fait qu’elle s’approche encore de lui était plus dur à supporter qu’il ne l’avait imaginé. Au final, il l’avait brutalement repoussé en sentant son visage se colorer d’embarras. Il se rappelait encore de ses deux orbes bleus remplis d’incompréhension avant qu’il ne disparaisse lamentablement à l’entrée.

A l’intérieur de ses poches, le jeune homme serrait les poings en y repensant ; il avait encore fuit la coordinatrice et avait senti une petite pointe de frustration lui nouer la gorge. Il n’arrivait pas à assumer qu’Aurore lui fasse de l’effet et qu’il ne se contrôle plus lorsqu’elle était près de lui. Alors le meilleur moyen qu’il avait trouvé était de s’enfuir loin d’elle. Paul avait donc décidé de calmer ses pulsations en se collant contre le poteau en pierre. Curieusement, et après plusieurs minutes à avoir repris sa respiration, il avait machinalement tourné la tête vers la masse sombre pour voir si elle l’avait suivi et ce n’était malheureusement pas le cas. Ce n’était qu’après plusieurs minutes que la coordinatrice avait réapparu à l’entrée et qu’il n’avait pas voulu la regarder tout de suite, encore trop honteux de s’être enfui comme un lâche.

Mais le jeune homme avait réussi à reparler et au bout du compte, bien qu’il fût extrêmement gêné, il lui avait finalement donné rendez-vous le lendemain, au square qui se trouvait juste à côté du concert. Bon, Paul admettait qu’il l’avait plus forcé que demandé et que ce n’était pas vraiment une heure pour sortir, mais il n’avait pas pu faire mieux. Après tout, c’était à cet endroit qu’il allait lui avouer ses sentiments, songea-t-il en sentant ses joues s’enflammer.

Paul ferma les paupières dans un soupir et scruta paresseusement les gouttes d’eau qui s’abattaient dans un bruit sourd sur la vitre de sa chambre. Il n’allait pas faire sa déclaration sous la pluie, tout de même… ? Apparemment si, puisque d’après la radio qui grésillait dans ses oreilles, le soleil ne réapparaitra pas avant quelques jours. La poisse… ! , pensa le dresseur en claquant sa langue au palais. Et dire que dans la région de Sinnoh, ils avaient le beau temps…, soupira avec amertume. Tant pis, il devait se rendre coûte que coûte au square. Il n’avait qu’à mettre un sweet à capuche et le souci était réglé. Mais malheureusement pour le jeune homme, le problème ne s’arrêtait pas seulement au temps ; comment allait-il lui avouer ses sentiments ? Il ne se voyait vraiment pas lui dire un simple « Je t’aime. ». Non non, c’était impossible et tout simplement ridicule. Il n’y avait pas plus cliché que cela et il tomberait bien bas s’il avait recourt à ce genre d’aveu… Paul ne se voyait pas non plus lui dire toutes sortes d’éloges pour finir par lui dire qu’il l’aimait, c’était encore plus pitoyable…

Les sourcils froncés, le jeune homme lâcha ouvertement un râle pour montrer sa frustration et plissa les yeux en maudissant la pluie qui s’abattait de plus en plus fort sur le carreau. Il n’allait pas se tracasser l’esprit avec ce détail sur le chemin, il n’en serait que plus stressé ensuite. Non, ce qu’il ferait, c’était improviser, y aller au feeling et tout se passerait bien. En théorie…, supposa-t-il.

Paul fut tiré de ses réflexions par la sonnerie de son téléphone portable qui venait de brusquement couper la radio et leva une de ses mains pour appuyer sur le bouton de son kit main-libres. Personne ne l’appelait aussi tôt et ce fût avec étonnement qu’il entendit la voix de son grand frère. Qu’est-ce qu’il lui voulait ? Et à cette heure-ci, en plus … ?

«  Ah, Paul ?! Excuse-moi de mon étonnement, je ne pensais juste pas que tu décrocherais… Moi qui voulais te faire un petit réveil improvisé, c’est dommage. » Avoua-t-il dans une pointe de déception, «  Mais dis-moi, tu t’es levé tôt, dis donc… ! »
«  Hé bien désolé d’avoir fait foirer ton plan, grand frère. Et si tu veux vraiment savoir, je n’arrivais plus à dormir. »
«  Tu n’arrivais plus à dormir ? C’est rare que tu aies le sommeil léger. A moins que… ce soit Aurore qui te rende insomniaque ? » Supposa Reggie, visiblement fier de son hypothèse
«  Tu n’en a pas marre d’avoir son nom à la bouche à chaque fois qu’on se parle ? C’est saoulant, à force… ! A croire qu’il n’y a que ça qui t’intéresse… » Reprocha Paul d’un air agacé, les yeux fermés
«  Bien sûr qu’il n’y a que ça qui m’intéresse. Après tout, on parle de ta vie amoureuse ; ce n’est pas rien. »
«  Mais ferme-là un peu… ! Dis-moi plutôt pourquoi tu viens me faire chier à cette heure-là. Et dépêche-toi, je suis pressé… » S’irrita le dresseur en se pinçant l’arête du nez, les sourcils froncés
«  Pressé ? Qu’est-ce que tu vas faire de si beau matin ? »
«  Je vais au-… Attends mais ça t’regarde pas… ! »

Paul ne put s’empêcher de sentir les pulsations de son cœur s’accélérer brusquement. L’espace d’un instant, il avait failli se vendre tout seul et il se félicitait d’avoir su reprendre ses esprits à temps.

«  Tu vas voir Aurore, hein… ? »
«  N-Non ! Non, pas du tout ! Et puis arrête d’être tout le temps sur mon dos ! T’as vraiment que ça à faire ? » Répliqua Paul, mécontent
«  Ouais. Je te l’ai dit ; il n’y a que ça qui m’intéresse. Alors ? Elle t’a donné rendez-vous ou c’est toi qui l’as fait ? »

Le jeune homme s’apprêta à rétorquer mais s’arrêta net en soupirant intérieurement. Il avait beau s’acharner, l’éleveur n’écouterait pas ses réprimandes pour autant. Il ne l’écoutait jamais de toute façon…, alors à quoi bon insister ? Plus la conservation avançait et plus l’espoir de savoir la raison de son appel s’éloignait… Ce n’était pas grave, le dresseur pourrait toujours remettre sa question sur le tapis… Les joues roses, le regard ailleurs, Paul avoua d’une voix mal assurée que c’était lui qu’il lui avait donné rendez-vous. Et la réaction de Reggie ne se fit pas attendre puisque sa perspicacité de grand frère frappa une nouvelle fois.

«  Ah, ça y est ?! Tu vas enfin lui dire que tu l’aimes ? C’est pour ça que tu lui as donné rendez-vous ? »
«  Espèce d’enfoiré, c’est à cause de toi si je suis obligé de le faire… ! Si tu n’avais rien dit hier, je n’en serais pas là ! Tu ne pouvais pas t’la fermer, pour une fois ? »

Paul entendit ensuite l’éleveur rire à l’autre bout du fil, signe qu’il se rappelait certainement de la scène, ce qui irrita profondément le cadet. Ce dernier allait répliquer mais Reggie tempéra la situation en argumentant sur le fait qu’il avait prévu le coup, qu’il savait que son petit frère l’interpellerait,  et que de toute façon, il n’aurait pas lâché quelque chose d’aussi important.
Qu’est-ce que c’était que cette excuse improvisé ? Il voulait lui faire croire qu’il avait anticipé sa réaction ? Peut-être bien… En y réfléchissant, c’était son frère ; normal que Reggie puisse prévoir comment le dresseur allait réagir…

Le jeune homme ne trouva qu’à rétorquer un « Ouais, c’est ça… », peu convaincu par les dires de Reggie, et finit par soupirer ouvertement. La voix de l’éleveur résonna à nouveau dans l’appareil.

«  Donc : Tu lui as donné rendez-vous où, au final ? Avec ce qu’il tombe, tu devrais trouver un abri, sinon tu seras trempé jusqu’aux os en un rien de temps. »

Paul ne répondit pas tout de suite et préféra froncer les sourcils en entendant les paroles de son interlocuteur. Comme Reggie venait de le décrire, l’eau fouettait la vitre avec force, créant ainsi un énorme bruit répétitif. Comment pouvait-il savoir qu’il pouvait à sceaux alors qu’à Sinnoh, il y avait grand soleil sur toute la région ? Lui aussi avait certainement écouté ou regardé la météo mais le « Avec ce qu’il tombe » qui lui mis la puce à l’oreille : c’est à ce moment que le dresseur comprit que son grand frère n’était pas à Voilaroc.

Il était à Ecorcia, c’était sûr et certain. Mais qu’est-ce qu’il venait faire dans cette ville ? Redonner un Pokémon à un dresseur ? Venir les voir ? Mais d’abord, quand avait-il pu prendre la route ? Tout de suite après la conversation téléphonique qu’ils ont eue ? Ça semblait un peu précipité mais il n’excluait pas cette possibilité ; parce qu’il était certain que sa venue à Écorcia était lié avec sa relation avec Aurore.

«  Paul ? Tu es toujours là ? » Questionna Reggie
«  Oui, oui, je suis toujours là. Pour te répondre, je lui ai donné rendez-vous au square de la ville. »
«  Et tu dois y être à quelle heure ? »
«  Entre huit heures trente et neuf heures. »
«  Mmh… Je vois : A cette heure-là et par ce temps, aucun gamin ne pourra te gêner dans ta déclaration. Plutôt ingénieux, comme plan. »
«  Qu’est-ce que tu crois ? Je suis prévoyant, moi. » Approuva Paul en s’autorisant un petit ricanement

Le jeune homme faisait le fier mais dans sa tête, c’était tout sauf de la plaisanterie. Il était plutôt en train de cogiter sur les questions que venait de lui poser l’éleveur. Et cela ne faisait que confirmer ses doutes ; Reggie avait l’intention de venir au rendez-vous, lui aussi. Paul s’imagina difficilement que son grand frère venait seulement pour les saluer. Non, s’il venait, c’était pour foutre la merde, le dresseur en était persuadé. C’était même évident ; encore un problème qui venait s’ajouter. Comme s’il n’en avait pas assez avec la façon de se déclarer, il devait maintenant faire attention que Reggie ne débarque pas pour tout foutre en l’air… La chance ne tournait pas vraiment en sa faveur… Fais chier… ! Pesta mentalement Paul en serrant les dents.

«  Alors, qu’est-ce que tu voulais me dire ? Tu ne m’appelles jamais pour rien. »
«  Ah oui. Eh bien je euh… en fait, c’est plutôt une question que j’aimerais te poser. »
«  Grouille-toi, alors. Je n’ai pas tout mon temps, j’te rappelle. » Soupira le dresseur en coulant une œillade à l’horloge murale qui affichait huit heures moins le quart
«  Je voulais savoir si le petit cadeau que je t’ai envoyé te plaisait… »
«  Et tu ne pouvais pas m’envoyer un message pour savoir ça ? » Répondit le dresseur en feignant un air fatigué
«  Je préfère t’avoir directement, c’est mieux. C’est plus marrant. » Ajouta Reggie en lâcha un petit rire
«  Sale enfoiré… ! » Insulta-t-il alors qu’un rictus vint fendre son visage
«  Alors ? Tu aimes ? » Réitéra l’ainé
«  Tu veux vraiment savoir la réponse ? » Éluda Paul en coulant une œillade sur le colis qui reposait au pied de son lit.

Lorsque le jeune homme était rentré à son hôtel, il avait ouvert le paquet que lui avait offert son frère, non sans une certaine méfiance, et avait découvert qu’un flacon de parfum pour homme reposait tranquillement sur un lit de coton et que ce dernier était gardé d’un petit mot :

« Ne t’en fais je l’ai bien choisi ;  il sent bon. D’ailleurs, tu pourras demander à Aurore de vérifier ; je suis sûr qu’elle va l’adorer. »

La petite raillerie était accompagnée d’un bonhomme crayonné à la va-vite. Accroupi auprès du carton, le papier dans les mains, le dresseur avait conclu que ce dessin était la représentation d’un mini Reggie qui faisait le signe de la victoire, signifiant clairement que l’éleveur lui avait offert ce cadeau uniquement pour qu’il force Aurore à faire une remarque. Ses battements de cœur s’étaient accélérés alors qu’une grimace s’était formée sur le visage de Paul, qui avait fini par écraser le mot en une petite boule compact et qui l’avait jeté derrière son épaule. Le jeune homme avait plissé le nez en sentant l’odeur du cadeau et avait dû admettre que son ainé avait bien choisi puisqu’effectivement, il sentait plutôt bon.

Mais ce qui avait énervé Paul,  c’était le fait qu’il s’était involontairement vaporisé du parfum avant de se rendre au concert et par conséquent, qu’il avait obéit à Reggie, repensa-t-il en serrant rageusement les dents. En plus, Aurore n’avait même pas fait de remarque, alors son plan du « mets-toi du parfum pour qu’Aurore te fasse une remarque » était vraiment pourri. La voix de Reggie le sortit à nouveau de ses pensées et l’obligea à cligner des yeux pour reprendre ses esprits.

«  … Tout compte fait, je ne veux pas entendre ta réponse. Parce que même si tu dis le contraire, je sais très bien que tu l’as aimé. »
«  Tu crois ? » Esquiva à nouveau le dresseur
«  Bien sûr, puisque tu vas en mettre pour ton rendez-vous. J’ai pas raison ? Puis c’est un jour spécial, pour toi. C’est même obligé que tu le fasses. »
«  Si tu le dis… » Soupira Paul en ignorant les rougeurs qui gagnaient lentement ses joues, « Je vais y aller, Reggie.  Ce n’est comme si le square était à deux minutes de l’hôtel… »
«  Oui, j’me doute bien. » Lâcha l’ainé en riant, « Bon, hé bien à plus tard, alors. »
«  C’est ça, à plus tard. »

Paul allait ré appuyer sur le bouton qui pendait près de son torse pour couper la conversation mais entendit son frère l’appeler une nouvelle fois. A contrecœur, il stoppa son geste et soupira dans un « Qu’est-ce qui y’a encore… ? ». Quelques secondes après, la voix malicieuse de Reggie résonna à nouveau dans l’appareil et lui demanda sérieusement s’il aimait vraiment la coordinatrice, ce à quoi le jeune homme rougit furieusement, claqua sa langue au palais en signe de mécontentement et raccrocha en guise de réponse.

Un grave soupir quitta sa gorge alors qu’il tourna à nouveau la tête vers la fenêtre. Le dresseur venait de constater que l’éleveur n’avait rien perdu de ses questions embarrassantes qui tombaient toujours dans les moments les moins attendus. Franchement, quel emmerdeur de première, celui-là… ! , râla-t-il en fermant un instant les paupières.

Le kit main-libre toujours dans son point, Paul observa un instant les gouttes d’eaux s’éclater sur la vitre et finit par cligner des yeux pour sortir son téléphone. Il accéda à l’interface des messages, tapota sur son écran et finit par le remettre à sa place. Une énième œillade vers l’horloge lui indiqua qu’il était huit heures moins dix et qu’il était temps de partir…, conclut-il en regardant ensuite le carton dans lequel reposait le cadeau de son frère.

OoOoOoOoO

L’air épuisé, Aurore cligna lentement des paupières face à son reflet déjà habillé. Elle ne savait pas comment elle avait fait pour se vêtir quelques minutes après s’être levé, mais elle l’avait fait. Elle avait voulu mettre ses vêtements habituels, mais une œillade vers la fenêtre l’en avait rapidement dissuadée. Cette dernière avait donc décidé de porter ses habits d’hiver : Un manteau rouge boutonnés de rose qui descendait jusqu’aux cuisses, des jambières blanches qui montaient jusqu’aux genoux ainsi que des bottes couleur bonbons, plus longues que les autres qu’elle possédait. Pour finir, une épaisse et imposante écharpe blanche venait couvrir son cou. Pour être sûre de ne pas attraper froid, conclut-elle en opinant du menton.

Aurore s’empara de son téléphone qui gisait sur le plan de travail et se gratta les yeux pour voir qu’il n’était que sept heures trente. Dans un soupir non dissimulé, la coordinatrice troqua ensuite son portable contre sa brosse et entreprit de passer l’objet dans ses cheveux pour démêler les nœuds qui s’étaient formés derrière son crâne. Tout en continuant son geste, les sourcils froncés par la tâche visiblement ardue, elle gagna la salle d’à côté et tourna automatiquement la tête vers le bruit environnant.

Un autre râle quitta le fond de sa gorge et à ce moment-là, Aurore maudit sérieusement le désagréable jeune homme pour l’obliger à sortir par ce temps qu’elle qualifia de « vraiment merdique ». La pluie battait énergiquement le bitume quelques mètres plus bas, si bien qu’elle eut l’impression que la vitre qui la protégeait allait se briser et que les arbres qui se pliaient  à cause du vent allaient s’effondrer. Comment le temps avait-il fait pour changer à ce point ? Et dire que la veille, il y avait grand soleil et plutôt bon…
Quelle idée de la faire quitter son nid douillet pour aller sous cette pluie glaciale… ! Franchement… ! , râla à nouveau la coordinatrice avant d’entendre un autre bruit dans son dos.

Elle se retourna, remarqua qu’une petite enveloppe avait glissée sous la porte, et finit par poser sa brosse sur la table qui se trouvait à côté d’elle. Parcourant la distance qui la séparait de l’objet plat qu’elle ramassa rapidement, elle ouvrit ensuite la porte, jeta une œillade des deux côtés et constata que ce n’était qu’un Leveinard qui s’improvisait facteur. Aurore referma l’accès à sa chambre et baissa les yeux vers la lettre qui lui était visiblement adressé.

La coordinatrice observa un instant l’écriture qui lui était familière, cligna des paupières en comprenant que ce courrier provenait de sa mère et finit par soupirer longuement.  Pourquoi ne l’appelait-elle pas si elle voulait avoir de ses nouvelles ? C’était plus simple et plus rapide. Sans compter que cette dernière avait reçu un téléphone portable il y a peu, et qu’Aurore lui avait expliqué le fonctionnement de message et d’appel… ! Allez comprendre la logique des parents…, s’exaspéra la jeune fille en retournant l’enveloppe.

Le regard dépité, elle constata ensuite que sa mère avait eue peur que la fermeture puisse se décoller ou encore, que l’on puisse découvrir son contenu en l’ouvrant facilement : Les bords de l’ouverture étaient littéralement blindés de scotch. Bon sang, mais qu’y avait-il de si important pour qu’elle prenne ce genre de précaution ? Et comme par hasard, ses ongles n’arrivaient pas décoller entièrement le sparadrap, -seulement quelques millimètres, tout au plus...

Les sourcils froncés, un juron irrité franchit le seuil de ses lèvres alors qu’elle s’acharnait à vouloir retirer ce fichu scotch. Et elle n’avait pas même de quoi cisailler l’ouverture…, déprima Aurore en lâchant l’affaire, en passant devant sa veste qui était accrochée à un porte-manteau et en jetant l’enveloppe sur la table en bois avant de reprendre sa brosse dans l’espoir de finir sa séance de coiffure.

Tant pis, elle l’ouvrirait plus tard. De toute façon, que pouvait-il y avoir d’important si ce n’est le flot de questions et de conseils maternelles qui l’attendaient comme ; « Est-ce que tout va bien ? », « Fais-tu attention à toi ? », « Ne t’aventures pas dans des endroits dangereux. », « Tu t’occupes bien de tes Pokémons, j’espère ? », « N’oublie pas qu’ils sont là pour te venir en aide. », « N’hésite pas à faire appel à eux., hein ? », et encore bien d’autres phrases auxquelles elle pourrait avoir droit si elle lisait ce courrier.

La coordinatrice continua de se coiffer, réfléchissant tout de même au meilleur moyen d’ouvrir cette lettre sans la charcuter comme un boucher, ferma un instant les yeux dans un autre soupir et tiqua ensuite dans un léger spasme. Elle lâcha l’objet qu’elle tenait en main sur le bureau et se précipita devant la veste qu’elle avait porté la veille ; maintenant qu’elle s’en souvenait, elle possédait toujours le couteau suisse de Paul…
Aurore sortit ladite arme et remercia intérieurement sa bonne étoile de ne pas avoir eu à s’en servir sur le chemin du retour. Elle retourna ensuite auprès de l’enveloppe et découvrit la lame pour la glisser entre la commissure et le pli de la fermeture. Au moins, le prêt de son canif n’aura pas servi à rien… songea-t-elle en tranchant plusieurs coup sec.

La coordinatrice ouvrit enfin l’enveloppe et sortit la lettre qui résidait à l’intérieur. Comme elle s’en doutait, sa mère lui exposait ses différents conseils, lui posait des questions toutes embêtantes plus que les autres et lui contait les activités qu’elle pratiquait durant ces journées. Johanna lui demandait même si elle avait revu des amis à elle, comme par exemple Zoé ou Kenny, et soulignait que même s’ils étaient rivaux, elle pouvait compter sur eux pour leur parler si jamais elle avait des moments de solitude. Qu’est-ce qu’une mère pouvait s’inquiéter pour son enfant, vraiment…, pensa Aurore en souriant doucement.

La coordinatrice finit de lire les dernières formalités et reposa la lettre sur son lit. Elle saisit ensuite son portable ainsi que sa brosse et se dirigea vers la salle de bain. Debout en face de son reflet, la tête baissé, visiblement concentrée, elle chercha rapidement le contact qu’elle voulait afin de répondre par message. La jeune fille se mit à pianoter sur l’écran pour dire à sa mère que oui, elle allait bien, que oui, elle avait assez d’argent de poche, que non, elle ne manquait de rien, que oui, ses Pokémons étaient en bonne santé, que oui, elle avait revu Zoé et un autre ami, - dont elle prit soin de ne pas divulguer le prénom-,  et que non, elle ne sentait pas seule. Le tout, suivit des courtoisies habituelles ainsi que d’un petit smiley qui souriait pour clôturer le message.

Aurore ferma les paupières dans un court soupir et releva la tête pour observer sa copie.  Elle devait vraiment finir d’arranger sa coupe, d’autant plus que l’heure du rendez-vous approchait et que si elle ne se dépêchait pas, elle serait probablement en retard, constata la coordinatrice en jetant un dernier regard sur le téléphone pour voir qu’il était huit heures moins dix. Échangeant une deuxième fois son portable avec sa brosse, elle passa encore l’objet dans ses cheveux et finit par attacher ses mèches à l’aide de pinces roses. Alors que la jeune fille conclu dans un hochement de tête qu’elle avait terminée de se préparer, son appareil vibra sur le bois dans un bruit sourd, ce qui étonna cette dernière ; c’était bizarre que sa mère réponde aussi vite et à cet heure-là. D’habitude, Johanna ne se réveillait qu’à neuf heures et demi, pas avant…

Pour en avoir le cœur net, Aurore attrapa son cellulaire et cligna des yeux, surprise. Étonnamment, ce n’était pas le nom de sa mère qui s’affichait mais celui de Paul. Qu’est-ce qu’il lui voulait…? Il n’allait quand même pas annuler leurs rendez-vous maintenant, si ?, soupçonna-t-elle en plissant les yeux pour lire correctement le texte que lui écrivait le jeune homme.

«  Je sais qu’il pleut, mais viens quand même. C’est important. »

En lisant cette phrase, la coordinatrice ne put que froncer les sourcils, clairement irritée. Mais que voulait-il lui dire, à la fin… ? D’abord il lui ordonnait de ne pas poser de questions et de venir, et maintenant, il lui disait que c’était important ? C’était à n’y rien comprendre… ! Peut-être que le dresseur devait lui annoncer quelque chose de terrible ? Comme par exemple, mettre un terme à leur amitié ? A moins que cela ne soit une maladie ou quelque chose dans le genre ? Et s’il avait vraiment attrapé le cancer de la peau parce qu’elle ne lui avait pas mis assez de crème dans le dos ? Non, non impossible. A force de trop réfléchir, elle commençait à divaguer, constata Aurore en secouant brièvement la tête. Et puis, si cela se trouvait, le sujet dont Paul voulait lui parler n’était peut-être pas si grave…, supposa-t-elle en scrutant les mots qui se trouvaient sur l’écran.

Les paupières closes, un long râle sortit du fond de sa gorge alors qu’elle accéda à l’interface des réponses et qu’elle le rassura en écrivant un « Ne t’inquiète pas, je serais là. ». La coordinatrice verrouilla ensuite l’accès à son portable, le fourra à l’intérieur de la poche de son manteau, rangea les affaires qui trainaient dans sa trousse de toilette, et quitta la pièce. Une fois dans la chambre, elle se pencha au-dessus du lit et saisit un petit parapluie rose. Une moue attristée se forma sur son visage lorsqu’elle jeta une œillade au ciel qui était toujours encombré par les nuages gris et la pluie. Son sac à dos trainait lui aussi sur le lit mais après une rapide réflexion, Aurore décida de ne pas le prendre ; à quoi bon s’encombrer avec un poids inutile ? D’autant plus qu’elle pourrait toujours venir le chercher après, alors le choix était vite fait. Elle éteignit la lampe et sortit en prenant soin de fermer la porte à clé.  

La coordinatrice descendit les escaliers, passa par le réfectoire où elle attrapa un morceau de brioche dans lequel elle mordit dedans, la faim au ventre, et rejoignit finalement le hall. Debout à quelques mètres des portes automatiques, la jeune fille avala le dernier bout de pain sucré qui lui restait en main, fit un pas en avant et ouvrit mécaniquement son parapluie pour s’engager sous ce temps plus que miséreux, la tête toujours pleine d’interrogations à propos de ce sujet « important »…

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« Don't Let Anything Stand In The Way Of Your Dreams...»
Ne Laisse Pas Quoi Que Ce Soit Bloquer Tes Rêves...



Dernière édition par Lolo57 le Sam 7 Juin - 20:18, édité 1 fois
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